Monster K7

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Un label indépendant pour refaire vivre la cassette audio ? Quelle étrange idée en ce début de millénaire où les ipods se vendent par millions et les supports musicaux se numérisent et se virtualisent. Mais qui sont donc ces monstrueux activistes de la bande magnétique qui se cachent derrière ce projet.

monster Pourriez vous nous dire en quelques mots quel est le but de ce mini-label ?

Le but de ce label est de produire des artistes et de sortir des compilations thématiques exclusivement sur K7 audio.

Quelles seront vos premières sorties ?

La toute première sortie sera une compilation de toy piano . Cette K7 marquera le début d’une série de compilations. Car quand la K7 s’est démocratisée dans les années 80, la possibilité de créer des compilations a été la vraie revolution de la K7. On a voulu garder cet esprit, enregistrer des K7 qu’on s’échange. La seconde K7 devrait être dédiée au  » circuit bending  » qui désigne le fait de modifier les circuits électroniques de jouets. A côté de cela, nous préparons également des sorties artistes.

Faites-vous tout vous même ? Enregistrement, mastering, fabrication ?

Oui, on fait vraiment tout nous-mêmes. C’est très artisanal. On gère le mastering puis la fabrication. Nous avons plusieurs lecteurs K7. On enregistre une face, on retourne la K7… C’est assez long puisque tout est fait de manière artisanale. On imprime les livrets, on les découpe, on décore la K7 elle-même. On travaille avec des K7 de récup. Des anciennes K7 de belles histoires pour enfants, des K7 neuves qui traînaient dans un coin. Comme ça, elles ont déjà leur histoire. Elles ont une seconde vie.

Quel est le profil type de l’amateur de K7 à l’heure de la musique numérique et du son 5.1 ?

Il est assez divers. On trouve quelques trentenaires nostalgiques, des fans des années 80. Les groupes souvent sont très fans de la démarche, ils sont demandeurs. Les musiciens sont très attachés au support. Une K7, c’est inattendu, cela leur parle. Et puis, il y a tous les possesseurs d’autoradios K7, ils sont de moins en moins nombreux, mais ce sont les plus enthousiastes et les plus intéressés pour une question pratique! Nous venons combler un vide.

Vous situez vous dans une mouvance ou dans un courant musical particulier ?

Non, pas du tout. Nous sommes très ouverts. Mais par affinité, nous sommes plus intéressés par l’électro et ses dérivés (electro-dub, electro-rock, etc), le rock et le folk.

Pensez-vous que la cassette à l’instar du vinyl puisse avoir une seconde vie ?

Hélas non, nous en doutons. Il devient très très difficile de trouver des K7 vierges, les seules cassettes enregistrées qu’on trouve dans le commerce sont des écoulements de stocks d’artistes sur le retour vendues en supermarché et dans les stations-service. Et la demande est assez faible… Le vinyl a eu une seconde vie grâce aux DJs. Je ne vois pas trop ce qui pourrait relancer la K7. Quoique : des artistes comme Fuzzkhan scratchent sur K7 depuis plusieurs années !

Il y a t-il encore des artistes qui enregistrent leurs masters sur des K7 ou qui sortent leurs oeuvres sur ce support ?

Oui, beaucoup nous ont contacté depuis le lancement du label pour nous dire qu’ils enregistrent toujours sur K7 et sont très contents de le faire. Ils sont même plus nombreux que nous l’aurions imaginé.

Pouvez vous nous en dire un peu plus sur ceux qui sont à l’origine de ce projet ?

A l’origine du projet, on trouve des musiciens et des passionnés de musique. Nous sommes nés au tout début des années 80 avec la K7. Et ados, on enregistrait des K7, on soignait les pochettes, les enchaînements.

Les retours sont ils pour l’instant encourageants ?

Oui, bien plus qu’on l’aurait cru. Evidemment, on a eu droit à quelques moqueries. La démarche a beaucoup étonné. Mais, dans l’ensemble, les réactions sont très positives. Beaucoup d’artistes nous ont contacté pour sortir leurs oeuvres sur K7.

Quelle a été votre première K7 ?

Ooouuuhhh là, dur. Tour de table : Michael Jackson et des compiles pour les autres. Quand on était gamin, avec le peu d’argent de poche qu’on avait, acheter une K7 ça représentait un gros investissement !

Avez-vous un type ou une marque de cassette fétiche ?

Pas de marque non, mais on est fans de K7 de couleur. Des jaunes, des vertes, des rouges. Idem pour les boîtiers. Mais c’est très très dur à trouver aujourd’hui.

Comment faire pour se procurer vos oeuvres ?

Nos oeuvres seront disponibles sur internet via le Myspace du label et le site Internet. Nous sommes aussi en train de créer un réseau avec des petits disquaires indépendants en province et à l’étranger…

Qu’est ce que vous lui reprochez au vinyl en fin de compte ?

On ne reproche rien en particulier au vinyl, ni au CD d’ailleurs. Nous sommes de vrais passionnés de musique et on ne s’est jamais vraiment fait à la musique dématérialisée (ça fait un peu anciens combattants, non ?). Nous sommes surtout des fétichistes. On a tous gardés nos CDs. Et on aime les sortir pour les écouter. Nous sommes de vrais boulimiques. On achète beaucoup de CDs, quelques vinyls. L’objet est important à nos yeux: c’est une partie de l’artiste, il est indissociable de la musique.

En savoir +

Myspace: http://www.myspace.com/monsterk7

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Image de : Fondateur de Discordance.

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