Mono in VCF

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Une petite ballade sur les blogs musicaux Américains vous a peut-être déjà ouvert les oreilles à l’univers aérien de Mono In VCF. Entre nappes de claviers, voix envoûtantes et échos de cordes, le groupe crée un univers vintage et mélancolique dans lequel on plonge avec délectation.

Après un premier EP sorti en 2005 et bien diffusé sur la radio de Seattle KEPX, le groupe de Tacoma sort tout juste de studio pour l’enregistrement de son premier album. Interviewés par email, Jordan et Hunter nous font vivre l’ambiance de studio et nous font part de leur amour pour la musique des années 60.

Est ce que vous pouvez présenter le groupe, comment vous êtes vous rencontrés ?

monologo Jordan: Il y a Jason à la batterie, Hunter à la guitare, du clavier. Kim chante et je joue de la basse. L’histoire du groupe débute quand Hunter et moi nous nous sommes rencontrés à l’université de journalisme. Nous étions tous deux de grands fans des Beatles et sommes devenus de grands amis grâce à la musique. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi impliqué dans la musique et je n’avais jamais pensé faire partie d’un groupe. J’avais joué de quelques instruments mais c’était tout, je m’intéressais plus à l’art et il m’a appris à jouer de la basse. On a eu quelques groupes et finalement on a commencé Mono In VCF avec Charles après l’université. Après quelques années de concerts et un EP nous avons décidé de nous séparer mais Hunter et moi voulions garder le nom du
groupe.

Hunter: Jordan n’avait jamais joué de basse, mais j’aimais sa personnalité. J’ai commencé à lui apprendre et ensemble nous avons développé notre style de basse Carol Kaye/Psych McCartney . J’ai rencontré Jason en jouant de la basse avec un ami pour qui il faisait de la batterie.

Est ce que les nouveaux membres du groupe ont trouvé leur place facilement, notamment la nouvelle chanteuse Kim ?

Hunter: Je pense que chacun joue un rôle distinct dans le groupe. Tout le monde a son créneau et on travaille bien ensemble.

Jordan: Il y a eu une période d’erreur et d’essai quand nous avons commencé avec Kim . Nous avons imposé quelques chansons au début puis nous avons pris notre temps et vraiment travaillé sur les chansons.

Comment l’EP The Voltage Control a-t-il été reçu par les critiques et le public ?

Jordan: Ca fait longtemps que je ne l’ai pas écouté. La réception a l’époque a été très bonne. Il avait vraiment un style 80′s mais plus du côté des Doors et de David Bowie que de celui des gros groupes revival du moment comme The Killers . Ce premier EP est désormais épuisé et l’on dirait que les gens l’ont aimé.

Qu’est ce qui vous a décidé à faire un album ? Est-ce que c’est une compilation de chansons que vous aviez écrite depuis plusieurs années ou
vous les avez créées en studio ?

Hunter: On m’a diagnostiqué un cancer en janvier de cette année. Quand je l’ai découvert, j’ai dit Merde, faisons notre album ! . C’était avant la chimiothérapie. Je ne savais pas si j’irais mieux mais le timing a marché parfaitement. Nous avions toujours voulu faire un album et parfois ça prend toute une vie pour passer à l’action. Nous étions très inspirés pour que cet album soit le meilleur que nous puissions faire.

Après que nous nous soyons séparés de notre premier chanteur Charles qui a écrit la moitié de nos premières chansons et avait une vision définie de notre son du début, nous n’étions pas sûrs de ce que nous voulions faire. J’avais beaucoup de chansons que j’avais écrites quand Charles était dans le groupe et qui ne correspondaient pas à son style. Dès que nous avons changé de direction, j’en ai finalisé quelques-unes et écrit de nouvelles. La plus vieille chanson de l’album a été écrite quand j’avais 17 ans et la plus récente un mois avant les sessions studio.

Jordan: C’était essentiellement une collection de chansons que nous avions écrites récemment. Ça n’a pas l’air d’une collection pourtant. Durant les six derniers mois, nous avons senti que tout s’assemblait et prendre sens. Il se situe dans un espace unique de la musique moderne. C’est vraiment un disque étrange pour nous. Nous avons entendu les chansons trop de fois, ce qui peut influencer notre opinion, mais pour moi l’album ressemble à de la pop séduisante d’une autre planète. Le temps dira si les gens adoptent l’album et veulent que nous en fassions plus.

Comment était l’atmosphère au studio durant l’enregistrement de l’album ?

Hunter: L’atmosphère était géniale. Nous avions enregistré beaucoup de pistes instrumentales à la maison et nous avions une idée de ce que nous voulions. Au studio, notre producteur Martin s’est vraiment mis dans l’esprit de ce que nous essayions de faire et nous a aidé à aller plus loin. Tout le monde était vraiment inspiré et a travaillé sans relâche. Chaque jour nous commencions en écoutant notre disque favori, avant de travailler. Un jour c’était  » Histoire De Melody Nelson  » de Gainsbourg et le suivant Scott 4 de Scott Walker .

Jordan: L’atmosphère au studio était géniale avec beaucoup de créativité de la part de Martin et Hunter sur les mixes et les instruments additionnels. Je dirais qu’au moins 50% du travail sur les morceaux était fait à la maison et introduit au studio. Nous avions également un conseiller pour l’album en la personne de Terry Jack . Nous lui avions parlé et étions allés chez lui, en Colombie Britannique. Tout ce que nous voulions faire était de parler de sa musique et de ses expériences et tout ce qu’il voulait faire était parler de notre musique. C’était très important d’avoir des connections pour cet album. Terry est un songwriter pop de la veine des Beatles pour nous, et nous sommes très heureux de pouvoir apprendre de lui.

Pouvez-vous expliquer comment la technique du  » Mur du Son  » de Phil Spector vous a inspirés ?

mono Hunter: Pour moi le Mur du Son de Phil Spector est à la base de toute la musique que j’aime. Bien qu’il ait emprunté beaucoup d’idées des premières productions de Lee Hazlewood, il les a poussées à un niveau plus extrême. Il a tout commencé, il est aussi important que les Beatles. Il a inspiré à Brian Wilson Pet Sounds . Tout le monde ayant travaillé avec lui était fantastique, Jack Nitzche, Hal Blaine, Carol Kaye .
C’était le son parfait. C’était une feuille géante et magique de son, pas d’instrument individuel, et c’était sale. Aujourd’hui les gens sont trop propres et les choses sont si stériles. Phil avait de la réverbération sur tout, des batteurs multiples, des castagnettes, des cloches.

Jordan: Hunter m’a fait connaître Spector à l’université. Sa production est si massive que c’est impossible de l’ignorer. Nous voulons sérieusement que Phil produise l’un de nos albums dans le futur quand il sera libre. Nous croisons les doigts. Sinon nous serons heureux de le faire avec Phil depuis sa prison.

Utilisez-vous de vieux instruments ?

Hunter: Oui, nous utilisons uniquement de vieux instruments. Nous voulons sonner comme nos disques préférés rencontrant le futur. L’équipement digital n’a pas d’âme.

Jordan: Nous modelons tous nos équipements d’après les Beatles et les Doors . Est-ce que c’est assez Macca[Paul Mac Cartney] ?

Quels sont vos thèmes préférés lorsque vous composez ?

Hunter: L’expérience humaine, comment nous nous sentons, ce que nous vivons. Nous n’inventons pas d’histoires sur d’autres gens. Seulement sur ce que nous ressentons et les gens que nous avons rencontrés.

Qu’est ce qui vous attire le plus dans les productions des années 60 ?

Jordan: C’était la meilleure période pour la musique, dans tous les sens du terme. Je pense que les drogues ont aussi un peu aidé. De la pop 60′s, Californienne, à la Motown, ce sera toujours la décennie la plus importante pour nous.

Hunter: C’était la meilleure période de la production musicale. Rien n’était tabou, le studio était un instrument, aussi important que le reste. Personne n’était effrayé de faire quelque chose de fou ou de décalé. Les chansons du Top 40 avaient plein d’arrières plan, des doses obscènes de réverbération, du sitar, des choses qu’on n’entendrait jamais aujourd’hui dans la musique populaire. Même les choses mainstream pouvaient être excitantes et bizarres. Ce n’est pas comme aujourd’hui.

Vous avez dit dans une interview pour Three Imaginary Girls que vous auriez adoré jouer en première partie de Pulp; comment avez-vous vécu celle de Jarvis Cocker en avril dernier ?

bandhead-09 Jordan: Une expérience incroyable.

Hunter: Jarvis est vraiment un gars sympa, un grand compositeur et un showman fantastique. Au fil des années, il a fait connaître tant de bons artistes au travers d’interviews et de compilations. C’était surréaliste de le rencontrer. Nous avons parlé de Stylophones, de disques et d’idoles. Quand il était à Seattle, il a acheté un vinyle de l’un de mes albums préférés, Robin’s Reign de Robin Gibb . Tout le monde devrait écouter ce disque.

Est ce que votre concert du 2 septembre dernier au Bumbershoot festival de Seattle a été votre plus grosse scène ?

Hunter: Bumbershoot était énorme. Il y avait un mur de projecteurs impressionnant derrière nous, un super son et une super foule.

Qu’aimeriez-vous dire à vos nouveaux fans français ?

Jordan: C’est génial de voir la France adopter la musique qu’ils ont entendue pour l’instant. Nous espérons trouver un moyen d’y sortir l’album. Au pire, je dirais que ce sera début 2008. J’ai hâte de tous vous voir !

Hunter: On vous aimes, écoutez notre disque, invitez J ane Birkin à nos spectacles et invitez-nous à jouer en France.

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Site officiel: http://www.monoinvcf.com/

Myspace: http://www.myspace.com/monoinvcf

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