Modelo

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Il est des rencontres que l’on aime à partager. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de faire la connaissance de Modelo, un groupe alternatif très attachant, venu tout droit de Mulhouse, sa ville natale qu’il a quittée il y a deux ans pour s’installer sur Paris, bien décidé à se faire un nom et à imposer son style.

modelo2-2Composé de Jimmy (chant), Fahd (guitare), Mathieu (basse/programmations) et Ben (batterie), le quatuor est à l’heure actuelle en pleine finalisation de Fanny, son premier album qu’il a totalement auto-produit et dont la sortie est prévue pour la rentrée.

Bercé par la scène anglo-saxonne, de Pearl Jam à Muse, en passant par Chris Cornell, Modelo cultive ses influences pour nous offrir de savoureuses compositions, audacieuses et mélodiques à la fois, qui oscillent intelligemment entre pop, rock et électro. Forts de premières parties de taille ( Biffy Clyro, Grand National, Aqme, No one is Innocent, Tahiti 80, .), le groupe affiche une énergie et une détermination sans failles. Rencontre.

Comment est né le groupe ?

Mathieu : Le groupe existe depuis à peu près dix ans maintenant. On a commencé sous le nom de Stonewax . Au fil du temps, la formation a évolué. On a connu pas mal de changements de line-up. On a aussi exploré plusieurs styles musicaux : au début on faisait du rock, puis on s’est essayé au funk et au funk-rock avant de revenir vers quelque chose de plus posé. Et je pense qu’aujourd’hui, on a trouvé notre style : un mélange de plein de choses.

D’où vient le nom Modelo ?

Jimmy : On l’a choisi essentiellement parce qu’il sonnait bien. Mais, à la base, le nom vient d’un livre que j’avais lu au sujet d’une prison colombienne qui s’appelle la Modelo. Le principe du bouquin c’était un peu celui de la ville dans la ville. Il existait une espèce de hiérarchie dans la prison où les prisonniers et ceux qui avaient de l’argent détenaient le pouvoir.

La sortie de votre album est prévue pour la rentrée. Quel est votre état d’esprit à l’heure actuelle ?

J : On est pressé et assez frustré. On a auto-produit notre album du début à la fin et on ne pensait pas que ça prendrait autant de temps. On attend avec impatience la sortie du disque pour pouvoir le défendre. C’est notre « bébé » donc on peut dire qu’on a aussi une certaine pression.

M : Ca s’est fait dans la douleur dans le sens où on a commencé l’enregistrement l’an dernier pour le finir en décembre. Maintenant, on est dans la phase de mixage et de mastering, ce qui prend beaucoup de temps. Mais l’album commence vraiment à prendre forme. Il nous correspond bien, tant au niveau du son que de l’énergie.

L’album s’appelle Fanny . Est-ce que ce nom a une signification particulière ?

Fahd : C’est un hommage à une personne de notre entourage qui a disparu et qui nous a donné énormément d’affection et de considération. Je crois que c’est la première fois de notre vie qu’on a eu le sentiment que notre musique avait servi à quelque chose.

M : Elle était fan de ce qu’on faisait mais on ne l’a jamais su. Elle entretenait un rapport très intime avec notre musique. C’est le plus grand témoignage d’amour qu’on n’ait jamais reçu et tout de suite ça a donné un sens à ce qu’on faisait.

Comment définiriez-vous cet album ?

modelo-2 F : On fait une musique qui est entre plein de choses, sans pour autant avoir la prétention d’être révolutionnaire, et on a mis un point d’honneur à mélanger des influences diverses pour donner une dimension plus large à notre travail. On est très influencé par les groupes américains qui sont capables de passer d’une ballade à des chansons hyper pêchues ou à des morceaux plus expérimentaux. C’est ce qui nous intéressait.

J : C’est vrai que l’album va vraiment se détacher de ce qui se fait en ce moment chez nous. On ne sait d’ailleurs pas vraiment s’il y a un public pour le style dans lequel on a choisi d’évoluer. Après, ça passe ou ça casse.

Vous chantez en français. C’est un choix ou ça s’est imposé tout seul ?

J : C’est un choix. De toute façon, moi je ne parle pas anglais couramment donc ce n’était pas vraiment envisageable. Mais justement, le renouveau dans le rock c’est de réussir à faire sonner ta musique comme américaine tout en chantant en français. En tant qu’auteur, j’essaie de ne pas donner un sens figé aux textes et de laisser la possibilité à chacun de les interpréter selon ses propres expériences. Pour nous, la musique prime sur les textes et l’esthétique des mots passe avant leur sens

F : Le rock chanté en français, ça peut parfaitement sonné sans que ça tombe dans le ridicule. C’est une belle langue. On est très fier de chanter en français. Le jour où la France assumera ses groupes, peut-être qu’elle arrivera à exporter sa musique. Il y a des gens qui sont prêts à écouter de la musique en français. C’est comme Malajube qui cartonne aux Etats-Unis. Ils n’ont aucun complexe par rapport à la langue et ils font leur musique en se marrant. Ils prennent leur pied et nous on prend notre pied à chanter en français.

Comment vous situez-vous par rapport à la scène rock française actuelle ?

F : On prend méchamment le contre-pied de la scène baby-rock parisienne. On n’est pas du tout dans la même conception de la musique qu’eux. On a eu l’occasion de rencontrer beaucoup de groupes à travers toute la France, au fil des concerts qu’on a faits, et c’est vrai qu’on est assez consterné par le choix de certaines maisons de disques et par la qualité de ce que les gens produisent, alors qu’en France on a un vrai potentiel. On a parfois l’impression que la scène rock ne se construit pas autour du talent mais autour d’une attitude. On fait plutôt partie de ceux qui ont envie d’être dans une démarche un peu plus anglo-saxonne où il faut que ça sonne, que ça chante, que ça joue. Bref, que ça fasse rêver. Pour moi un concert de rock, c’est un show ! On milite beaucoup pour notre musique parce qu’on a le sentiment d’évoluer dans un registre peu répandu en France.

M : On a un son assez hybride. On fait du rock, mais aussi de la pop et de l’électro. C’est dur de mettre une étiquette sur notre musique même si elle reste super accessible. Dans le fond, on aime bien se mettre des contraintes. On chante en français et on ne fait pas une musique facile sur le schéma guitare, basse, batterie. Au contraire, on essaie de rajouter plein de sons différents pour que les morceaux soient plus stimulants. Quand on était à Mulhouse, on faisait beaucoup de premières parties et on a toujours eu du mal à partager une scène avec un groupe qui nous ressemblait vraiment au niveau du son. On a toujours fait le grand écart entre Watcha et Tahiti 80 . Du coup, on a l’impression, en toute modestie, de ne pas avoir de « jumeau » en France.

J : On a eu l’occasion d’ouvrir pour des groupes anglo-saxon et on n’avait pas ce problème. On se sentait beaucoup plus à l’aise car plus proche de leur musique.

Vous avez fait de nombreuses premières parties (Watcha, Aqme, No one is Innocent, Biffy Clyro.). Qu’est-ce que ça vous a apporté ?

M : Une certaine aisance.

F : Ca nous a permis de rester humbles et de garder les pieds sur terre. On a arrêté de se faire plein d’illusions sur le milieu. Mention spéciale pour Biffy Clyro . Parmi tous les groupes que j’ai vus sur scène, c’est celui qui joue le plus fort ! Sinon, on a eu la chance d’ouvrir pour Dionysos et, même si je n’aime pas du tout leur musique, sur scène c’est pour moi un des groupes les plus énergiques de France, même par rapport à des groupes de métal.

Est-ce qu’il y a un groupe avec lequel vous rêveriez de jouer ?

M : Muse, parce que pour moi c’est le groupe qui envoie le plus en ce moment. Ils sont trois mais ils font du bruit pour douze. Ils jouent une musique très énergique et puissante En même temps, ils ont ce côté pop à faire des supers ballades. C’est une belle fusion de styles très différents. Sinon, je suis un grand fan d’ Incubus mais en live, ça me fait un peu chier.

F : Je suis un fan inconditionnel de Pearl Jam . Soundgarden aussi. Je suis très années 90.

J : Je rejoins un peu Fhad . Mais je rajouterai Audioslave . Pour moi, Chris Cornell est un modèle à suivre vocalement parlant.

Quels sont les artistes que vous écoutez en ce moment ?

J : Le dernier cd que j’ai acheté c’est Carry On de Chris Cornell .

F : Moi c’est Volta de Bjork .

M : Sean Lennon .

Quels sont vos projets ?

M : On va faire tout notre possible pour défendre au mieux l’album. On va aussi faire vivre notre page Myspace en faisant participer le public, notamment par le biais de jeux-concours.

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A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

2 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 20 mars 2008
    Anonyme a écrit :

    pour les avoir vu 2 fois en concert je peu dire que ce groupe incarne tout ce que je n’aime pas!

    ils se la pètent, font de la musique ultra classique et ont des prestations live plus que pas top.

    bref un mauvais groupe.

  2. 2
    le Jeudi 10 octobre 2013
    Ben a écrit :

    Excellent groupe de scène… leur disque est génial et pourtant très axé Pop.
    Pour les avoir rencontré, je peux affirmé qu’ils sont humbles…

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