Missill + The Subs + The Toxic Avenger au Cabaret Aléatoire de Marseille

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En dehors du festival Marsatac, cela faisait longtemps que Marseille attendait une soirée électro digne de ce nom. C’est du côté de la Friche de la Belle de Mai au Cabaret Aléatoire que le rendez-vous est pris. La nuit marseillaise s’annonce chaude...

Image de 9h00. La soirée électronique qu’attend Marseille au Cabaret Aléatoire ne va pas tarder à débuter. Un plateau haut en couleur et surtout plein d’espérances s’annonce : notons tout d’abord l’ouverture du DJ marseillais Fainst des Ziris, puis surtout le trio a priori gagnant de la soirée avec The Toxic Avenger (live), The Subs (live) puis Missill (DJ set). C’est un peu les nouvelles révélations françaises à l’honneur le temps d’une nuit avec The Toxic Avenger et Missill.

Le Cabaret Aléatoire s’est équipé pour l’occasion. En plus des ambiances feutrées et rougeâtres, des projections sont diffusées un peu partout : sur les pylônes et les murs, mais aussi également sur une dizaine d’écrans suspendus au plafond. Des vidéos nacrées sont projetées en rapport avec l’air, l’aéronautique, la hauteur, les comics. De quoi rendre l’atmosphère décontractante et attractive pour un tel évènement.

Le premier groupe à passer au « révélatron » est donc The Toxic Avenger aux alentours de 22 h. Une heure de live au programme pour tenter de convaincre le public olympien de la nouvelle stature de Simon Delacroix, dixit The Toxic Avenger. Considéré par beaucoup comme le nouvel espoir de la scène électronique française, c’est une foule peu nombreuse qui prend part au set proposé. Il est en tout cas accompagné d’un duo guitare/batterie issu du combo parisien Bonjour Afrique.

Si aucun album n’est encore dans les bacs (uniquement des EP’s), cela ne devrait plus tarder puisque son tout premier déboule le 16 mai prochain. L’occasion de présenter ainsi les nouveaux morceaux de Angst dans la cité de Phocée et de jauger, enfin, ce que vaut The Toxic Avenger. Si son clip, éponyme, avec le rappeur US Orelsan a été un succès international, il ne nous a pas plus convaincu. Pensant que le set serait assez orienté électro/pop/rock par la présence des deux instrus, là aussi, c’est se mettre le doigt dans l’œil. Les morceaux ont cruellement manqué de peps, à la limite de la répétition, pour surtout provoquer une impression de déjà entendue.

Image de Une copie assez dance au final. Une heure de live pour une grosse dizaine de titres proposés, le public a essayé de se prêter au jeu, en vain. À part une poignée de jeunes fans bien en jambe, les avis recueillis à la suite du concert vont majoritairement dans le même sens : décevant, insipide, longuet. The Toxic Avenger n’a pas vraiment enthousiasmé.

23h15. Vu le monde qui commence à s’amasser dans la salle, on comprend vite que les Marseillais se sont déplacés pour les Belges de The Subs. Et ça se voit. Pourtant ils n’ont guère facilité le travail des chroniqueurs : aucun set de fixé, prise de tête pour les ingénieurs lumières de la salle… le groupe souhaite enchainer à sa guise, en fonction de la réceptivité du public. The Subs est là avant tout pour balancer du son. Du gros son. Et ce fut puissant. Entrée fracassante et déjantée à coup de lasers transperçant, maquillage façon dark autour des yeux. Un authentique pilonnage sonore entre The Prodigy et les Chemical Brothers. Un mélange subtil de punk/électro, parfois proche de l’indus et de la new-wave, pour une heure de show. On aurait cru voir les Punish Yourself au meilleur de leur forme, une section agitée qui transforma la salle en véritable volcan. Un son lourd, à gros coup de boutoir qui retourna le Cabaret en un seul coup de main. Des combinaisons transparentes au cuir, le chanteur/leader du trio a assuré le show à lui tout seul : régulièrement au milieu de la fosse en train de se jeter et de beugler Papillon ne pouvait guère être plus actif. Toujours en train de bondir à la moindre pulsation, on se demande comment il n’a pas massacré ses claviers.
On a eu droit à pas mal de morceaux du nouvel album qui sort le 28 mars prochain Decontrol, bourré d’énergie comme les précédents. De la techno garage de « Don’t stop » à la new wave de « The hype », les nouvelles compos ont montré que ce prochain opus s’annonce très éclectique. À l’image du groupe d’ailleurs. Entre de longues embardées sauvages rock et saturées, le set est d’une énergie renversante.

Image de Gare à ceux qui croyaient trouver une électro de club dans le Cabaret, les agités étaient de sortie ! Entre les slams incessants et les pogos ravageurs, sale temps pour les filles venues en tenue de soirée. Il est évident que les gros hits de Subculture, excellent premier skeud, ont été joués. Impossible de passer à côté du morceau révélateur du groupe : « Music is the new religion » et des brûlots « Mitsubitchi » (très digital) et du mythique « Fuck that shit » repris par tout le public. Y’a pas à dire, The Subs a rempli son rôle d’agitateur de soirée en écrasant tout sur son passage.

00h30 approche, Missill ne tarde pas à prendre les commandes d’un Cabaret Aléatoire qui s’est enfin lâché. « La petite » est prête à ouvrir les vannes, même si l’appréhension demeure : c’est un DJ set et non un DJ live au programme pour clôturer cette soirée.

La nouvelle révélation parisienne a décidé de ne pas faire de manière avec la cité phocéenne : derrière ses allures de petite fille sortie tout droit de mangas japonais, elle est toujours très colorée de la tête aux pieds. Elle s’est créé son monde, entre le graphisme et le mode DJ. Au début de sa jeune carrière, elle mixait un son plutôt hip-hop, ce qui l’a fait se démarquer. Aujourd’hui c’est la DJ française en verve et elle a déjà participé à tous les plus gros festivals du pays. Ses deux opus, Targets (2008) puis le petit dernier Kawaii (2011), ont nettement viré vers une électro 8-bit.

L’atmosphère pixélisée et remplie de « cheap music » pouvait alors s’emparer du Cabaret. Reprenant les bits de Mario, l’intro ne pouvait mieux commencer.

Si le premier quart d’heure du set fut assez orienté électro/dance hall, la patte de la petite n’a pas mis longtemps à s’affirmer : à l’ancienne, le hit « Glitch » enflamme la salle et déclenche une nouvelle vague de pogos assez violents. Le beat s’accélère, te tambourine les tympans, te happe sans savoir d’où ça vient. Entrecoupé de samples de « Harder better faster stronger », le duo casqué ne fit qu’une brève apparition dans le set, mais l’effet fut immédiat. On frôle même le big beat par moment sur « Kema » sous des airs latino enivrants.

L’énergie déployée est colossale : on se demande comment ce petit bout de femme ne perd pas le rythme. Elle est bouillante et ne s’arrête pas de bouger, de danser, de crier… sans jamais décrocher ses platines. Un son saturé un peu limite pour l’acoustique de la salle, mais une intensité de haute volée. Des samples en tous genres sont utilisés : Missill est surtout imprévisible. Ses runs assez fréquents changent constamment le décor en place. L’art de retourner un public qui ne demandait que ça.

Image de Si le côté hip-hop a nettement été en retrait, le set a connu une évolution certaine : même si le 8-bit a eu ses moments avec les apparitions successives de Sonic ou encore de Kurby, elle a surtout su proposer un panel électronique aux variantes musicales assez importantes : rock, pop, hip-hop, dance, ragga, dubstep ou encore drum’n’bass sur la fin.

Son mix est particulièrement personnalisé. Elle a énormément utilisé les samples de ses compos : on retrouve le dubstep déployé dans « Fire » sur « Seven nation army » dans le mix des Whites Stripes ou encore quelques grosses basses sur « Smell like teen spirit » de Nirvana. Un soupçon de métal indus avec « Kabrake » et notamment « Can’t control me » suffiront à propulser la DJ debout sur ses propres platines… Une pile électrique.

Rien ne semble l’arrêter : les brûlots tels que « Get busted » ou « Chuppa » ne feront qu’embraser la fosse avec son électro/dance. Elle mixe sans se poser des questions face à un public qui a été très réactif ce soir : on ne compte pas le nombre de slams en fonction des coups de boutoirs et des effets de flange. Très digital par moment, l’énorme « Magic potion » n’a malheureusement eu droit qu’à son intro avant que la fin de « Invincible » ne martèle la compo.

Un « Terrible square » peut par exemple provoquer de graves séquelles tant la force déployée secoue le public : entre 8 bits et pogos dévastateurs, Missill fait mouche partout où elle passe. Les bouteilles volent, les gens aussi, elle arrive très bien à maitriser les différents temps forts de son set.

Il est intéressant de noter, du fait que c’est un set et non un live, que ses propres morceaux présents sur les albums sont joués en partie, mais tous intercalés de remix en tous genres.

La galaxie Missill, on continue d’ailleurs à l’explorer avec des doses de « Kawaii » et son électro/pop qui symbolisera plus de 2 h 15 de set avant que sa pote japonaise Tigarah (en featuring sur l’album) déboule sur scène pour balancer un son tout droit sorti de la techno japonaise sur « Feel that bit ». De quoi faire jumper une dernière fois le Cabaret qui aura dégusté une sacrée soirée électro…

Constat implacable : Missill est une vraie bombe sur scène qui ne laissera personne indifférent, un électron libre qui ne fait qu’entrer en fusion avec tout ce qui l’entoure. La performance de The Subs ne fait qu’entériner la chose.

Même les non-amateurs du genre n’auraient pu rester insensibles. Une vraie réussite.

Crédits photos : C.Oberlin

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Soirée électro avec Missill, The Subs, The Toxic Avenger au Cabaret Aléatoire de Marseille, vendredi 18 mars 2011, 21h-3h.

Site Officiel Missill : http://www.missill.com/
MySpace Missill : http://www.myspace.com/djmissill
MySpace The Subs : http://www.myspace.com/thesubstrax
MySpace The Toxic Avenger : http://www.myspace.com/toxavanger

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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