Miss Pettigrew

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Les scénaristes respectifs de Slumdog Millionaire, Simon Beaufroy, et de Finding Neverland, David Magee, se sont mariés et ont accouché d'un joli conte de fées moderne et drôle. Miss Pettigrew, qui ne casse pas des briques, est un bon divertissement, et tirera une larme à plus d'une âme sensible.

petitgrewAdaptation du roman Miss Pettigrew Lives For a Day, de Winifred Watson, ce film raconte comment Miss Pettigrew ( Frances McDormand ), venant frapper à la porte de la pimpante Delysia Lafosse pour un emploi de gouvernante, se retrouve à devoir démêler les problèmes amoureux de la jeune femme, qui s’est engagée dans trois liaisons différentes. Miss Pettigrew se retrouve alors catapultée par mégarde dans le monde clinquant de la bonne société ! Sur fond d’Angleterre du début des années 40, la haute couture dans une main et la soupe populaire dans l’autre, se déroule une comédie de mœurs sympathique et juste.

Un monde d’apparences

Guinevere Pettigrew, femme pauvre et sincère éduquée par son père prêtre, se voit confrontée à un monde de « débauche » où tout est jeu. Jeu de l’amour, jeu de masques, jeu de dupes, où la seule règle est qu’il n’y en a pas. Dans ce vase clos arrive Guinevere, les deux pieds dans le plat, en tant que « secrétaire sociale » embauchée par erreur, et se voit embarquée dans cette microsociété autocentrée. Le décalage entre les mœurs diluées d’un groupe et le comportement dévot de Guinevere mènent à des scènes où l’on rit de bon cœur en appréciant la simplicité assumée du personnage. La façade compte plus que les sentiments, qui sont systématiquement réprimés. Le seul but est de survivre au sein de cette jungle soi-disant civilisée où la grande gagnante (ou perdante ?) est Edythe ( Shirley Henderson, sorte de Coco Chanel anglaise), qui place ses pions dans ce petit monde comme sur un échiquier.

L’insouciance d’une époque

Des coupures de journaux annonçant une possible entrée en guerre de l’Angleterre, des lumières de la DCA qui éclairent le ciel, et ces mots de Guinevere « they are too young to remember the last one ». Au fur et à mesure, la bobine se dévide et une réalité bien plus noire se dessine en opposition à la frivolité. Pourtant, aucun dramatisme, aucun misérabilisme, juste une ombre qui plane et montre le pendant d’une réalité trop pailletée pour durer. La vie dans laquelle Miss Pettigrew met les pieds pour est comme la pomme de Blanche Neige (clin d’œil d’ailleurs assumé dans la dernière scène), un mauvais moment à passer dans les méandres d’un cauchemar, mais éveillé. Finalement, on se demande lequel des deux endroits est le pire : une guerre bien réelle ou les petites batailles d’influence, fourbes et masquées.

Le triomphe de l’amour

Michael, Phil ou Nick ? Delyssia Lafosse, chipie incontrôlable et parfois irritante de superficialité, ne sait qui choisir et joue le jeu de l’amour. Miss Pettigrew, quant à elle, pense que seul l’Amour avec un grand A en vaut la peine. Et justement, comme dans un conte de fées, c’est l’Amour qui triomphe. L’Amour d’amitié, l’Amour d’Amour. Le message est simple : Miss Pettigrew nous dit que le prince charmant existe peut-être. Et elle nous le dit de façon ni mièvre, ni désabusée, mais par des mots chantés dans LE moment magique du film: « If I didn’t care more than words can say, If I didn’t care would I feel this way ? ».

Un bon moment à savourer. Un film à voir, peut-être pas incontournable, mais dont on sort quand même le sourire jusqu’aux oreilles et les yeux mouillés (oui oui, et on assume).

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Miss Pettigrew Lives For a Day dans les salles depuis le 25 février

A propos de l'auteur

Image de : Virgile n’a pas écrit Les Bucoliques, ni L’Enéide. Il n’est pas poète, encore moins latin et surtout pas mort. D’ailleurs, il n’est même pas un il. Reniant ses héritages classiques, Virgile connaît toutes les répliques d'Indiana Jones et la Dernière Croisade, loupe son arrêt si elle a le dernier Margaret Atwood entre les mains, et a déjà survécu sur des sandwiches cornichons-moutarde. Elle va avoir tendance à considérer la publicité comme une forme d’art, se transformant en audio guide dans les couloirs du métro, les salles de cinéma et même devant du mobilier urbain qui n'en demandait pas tant. Outré, Virgile le poète s’en retourne aux Enfers pendant que Virgile l'anachronisme rêve d'embarquer pour un aller simple destination Osaka. Pour plus d'info: http://www.twitter.com/_Virgile

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