Musique // CD
Milkymee – To all the ladies the place, with style and grace
Milkymee est rêveuse et amoureuse, élégante et gracieuse, femme jusqu’au bout des cheveux et des orteils, et même au-delà. Et puis elle aime faire des blagues et donner des noms abracadabrants à ses albums. C’est une petite douleur profonde et lancinante qui surgit de la rosace de la guitare.
Elle n’est d’ailleurs jamais aussi talentueuse que… quand elle souffre, la belle ! Lorsqu’on entend sa douceur et sa fragilité mêlées à son étonnement, comme un émerveillement tout simple que l’on peut avoir devant une flamme de bougie ou une étoile plus brillante que les autres. Et attention, non pas une souffrance intolérable et larmoyante non, quelque chose de retenu, d’harmonieux, avec son brin de caractère.
Des cordes. Sobres. Transportent par leur légèreté dans leur sillage. Les répétitions, alors que la voix souffre et de temps à autre se répand aussi en étoiles lumineuses, comme souvent. On souffre souvent, dans un petit mouvement permanent, plus grave, avant de gagner le firmament en soubresauts éclatants. Des soubresauts appelés refrains dans un autre monde structuré qui ne supporte pas le vide.
On aime les petits sifflements au bord des lèvres et les petits blocages sensibles qui restent dans la gorge. Les premiers titres ( Not so bad ouvre l’album et clame des ‘ You’re fucking brigh t’, comme une admiration amoureuse qu’il faut bien admettre face à l’autre, un amour passionné qui rend heureuse et malheureuse à la fois, mais c’est ça le meilleur), et surtout ceux du milieu ( Nathalie Brown, In and Out of Grace ) révèlent le talent, sobre, mais bien là, celui de la contradiction mélancolique.
Pour la fin de l’album, elle est peut-être un peu moins brillante quoique… The Girl Next Door est intéressante, agacée, urgente, nuageuse et presque même, amusante. Il y a un peu d’humour saupoudré, la nostalgie n’empêchant rien : des déboires de l’agence d’intérim Manpower (que l’on imagine immenses, pour une âme aussi sensible) à un désolé permanent, ‘ I’m sorry ‘, désespéré et finalement drôle ( Koenji Monkey ).
Lancinant, comme une mélodie qui l’habite dont elle ne peut se défaire, un schème, un sentiment répété et répété, elle aime le ressentir au fond, comme un souvenir qu’elle revit devant le feu d’une cheminée, alors qu’il fait très froid, des fois et des fois. On adore Snowballing, la 13e, le chiffre maudit, sombre, bleue, souffreteuse et séduisante, comme le poison noir d’une sorcière-princesse aussi écorchée que charmeuse.
On aime moins les moments d’énervement, qui sonnent moins vrais, comme des instants de purgation assez bienvenus pour l’équilibre de l’ensemble et de la psycho, mais la voix est moins calée, les riffs n’y sont pas très inventifs. Moins convaincant. Les défouloirs de la petite fée qui n’est pas que, bien sûr, mais qui a ses quelques démons ? Hum.
Sinon, c’est comme un appel au retour de l’émotion pure et de l’authenticité. À écouter de l’intérieur. Milkymee aime ces petites notes lancinantes toujours, sur cette guitare sèche, qui l’accompagnent dans toutes les émotions de son être, jusqu’à l’os. On aime avec elle et on signe.
En savoir +
Site officiel : http://milkymee.com/
Myspace : http://www.myspace.com/milkymee
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