Micropoint – Exit Mankind

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Le théâtre du bruit est de retour… Et il n’a rien perdu de sa puissance.

Image de micropoint album Alors qu’on pensait que la techno hardcore made in France était retournée dans le maquis, voilà qu’un projet novateur et original risque de lui redonner quelques lettres de noblesse. Arrivé en bout de course, condamné à s’auto-imiter, le frenchcore a connu une sérieuse baisse de régime au milieu des années 2000, en même temps que le mouvement free party atteignait son paroxysme de popularité avec les tecknivals légaux. Depuis, les quelques grands représentants du genre, généralement signés chez Epileptik ou Audiogenic, continuent leur chemin sans véritablement mobiliser les foules. Avec Micropoint, précurseurs du son frenchcore dans les années 90, la donne est différente : le duo, culte, cité par plusieurs générations de fêtards, a déserté les scènes pendant plusieurs années, permettant à Al Core et Radium de réaliser leurs projets solos. Une brève reformation en 2007 pour Astropolis le temps d’un set old school et explosif avait mis le feu au festival, et prouvé au duo qu’une énorme fanbase l’attendait au tournant : l’année suivante, Micropoint ressortait l’artillerie lourde avec un troisième album, Overdose United, mais sans vraiment transformer l’essai.

Après trois années sans véritablement de nouvelles, les vieux compères Al Core et Radium sont donc de retour avec un quatrième opus. Une chose est sûre, ils n’ont pas perdu la recette : le premier titre, Harder than Hitler, se charge de prouver aux vieux fans que la formule gagnante n’a pas pris une ride. Sample hyper agressif de Hitler, claps sur-réverbés, snare militaire, traditionnel kick frenchcore : on se croirait revenu à l’époque de Neurophonie. Et pourtant, la transformation est là. Sur les titres suivants, la sauce prend toujours autant, mais des riffs de guitare et des vocals flippants se chargent de lui donner un goût différent.

Toujours aussi industriel donc, mais avec des grosses pointes de metal et de punk : le kick n’a plus le monopole chez Micropoint. Enregistré à huit mains, fort de l’arrivée d’un chanteur (Loki Lonestar du groupe Nutcase) et d’un guitariste (Mister Parker du groupe Straight Away), ce nouvel album tend même à lorgner sur certains morceaux vers une forme de lyrisme pop (sur l’interlude Mastermind ou encore sur le très surprenant No Sex, quasi R’n’B à force d’effets auto-tune sur la voix). Sur les meilleurs morceaux (Useless People, No Blood No Money, Reality Sucks, Kiss Kiss Kill remix), la formule quatuor fonctionne à merveille : base frenchcore, paroles macabres chantées avec une voix gutturale d’outre-tombe, cris de douleurs, riffs punks (tous produits en studio), solos de metal, notes d’humour… Micropoint semble être devenu un véritable groupe qui conçoit ses morceaux en dehors de l’électronique pure.

Le long des quatorze titres qui composent Exit Mankind, le label Audiogenic semble donc avoir retrouvé une seconde jeunesse, célébrant les noces joyeuses de la techno hardcore et du métal. Un mariage heureux, qui malgré certaines ambiances dark, se fait dans la joie du dancefloor. En live, la formule à quatre semble faire des étincelles et promet de donner à Micropoint une tournée qui restera forcément mémorable.

Des places sont d’ailleurs à gagner ici pour les dates de la tournée française :
21 janvier – BORDEAUX (33)
28 janvier – RENNES (35)
04 février – TOULOUSE (31)
11 février – MONTPELLIER (34)
02 mars – BREST (29)
10 mars – LYON (69)
31 mars – ANGERS (49)
21 avril – PARIS (75)

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A propos de l'auteur

Image de : En plus de travailler dans la promotion musicale, Benjamin aime passer son temps perdu à écrire sur les médias en général, la théorie du cinéma, l'économie des NTIC ou encore la transformation de l'industrie musicale. Sinon, il adore les salles de concert qui sentent la sueur, les films de plus de trois heures sur l'histoire des Etats-Unis, la techno planante au petit matin, les hot-dogs, les papiers gonzos, la radio, la vodka, le rock qui envoie, les polars de 800 pages avec des personnages orduriers, les documentaires sur la CIA, et puis surtout les yaourts et les glaces.

1 commentaire

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  1. 1
    le Vendredi 16 mars 2012
    dtc a écrit :

    Un petit passage dubstep bien crade aurait été bienvenu, mais bon trip

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