Metronomy au Trabendo

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Après avoir annoncé un concert à la Maroquinerie, c'est au Trabendo que nous retrouvons Metronomy pour sa date Parisienne. Une salle un peu plus grande et un peu plus moderne pour un groupe à la pointe de la nouveauté musicale.

metro2Pour la première partie de Metronomy, nous avons le droit à Jupiter, un duo electro-pop français qui malgré quelques effets de rythmes n’arrivera pas vraiment à gagner les coeurs. La musique est appréciable, certes, mais dans son salon, un samedi soir, avec ses amis, en fin de nuit : le genre d’électro ambiance sympa mais qui ne fait pas remuer plus que la tête.

Avec une voix timide et effarouchée, la chanteuse a du mal à couvrir les beats électro qui résonnent dans le Trabendo et le son branché plutôt Eighties des enchaînements plus que répétitifs, lasse. Les morceaux sont simplets et les arrangements peu efficaces, et quand on pense à la tornade qui arrive après, il est difficile d’accorder quelconque crédit à Jupiter. La réponse du public est mitigée, certains applaudissent mécaniquement à chaque fin de chanson, un petit groupe hurle de polis « à poil!! » – marque de respect incontesté – et d’autres crient dans l’excitation de voir Metronomy arriver bientôt sur scène.

Le set se termine et ce sont les membres de Metronomy eux-mêmes qui viennent régler leurs instruments sur scène. Le public, patient, les regardent avec admiration. Dans quelques instants ces trois garçons de Londres et du sud-est de l’Angleterre vont montrer au public français ce qu’est l’électro, la vraie, celle qui fait vibrer le corps entier.

Avec une lumière ronde scotchée sur la poitrine, Metronomy s’avance dans la pénombre de la salle sur l’intro de Holiday . Les stroboscopes vacillent et révèlent de façon chimériques les visages des trois anglais, installés devant leurs instruments et leur console de son respective. Les beats résonnent de plein fouet dans les oreilles et la barrière tremble sous le mouvement de la foule qui se rebelle toujours plus fort. Lorsqu’ils enchaînent avec On the Motorway, puis Back on the Motorway, Metronomy nous délectent de leur son décalé et original paré d’une chorégraphie aux allures futuristes imparable : le public est épris et n’a d’yeux que pour ce spectacle ahurissant d’automates musiciens, qui en plus de jouer leur musique avec brio, s’amusent comme des enfants.

Heartbreaker, le premier single du deuxième album Nights Out, arrive comme une bombe et explose de façon inattendue : les fans sont hystériques et essaient de toucher tant bien que mal les membres de Metronomy, se coupant littéralement en deux, oubliant la barre de fer qui leur rentre dans le ventre et qui les sépare de leur groupe favori. Les premiers accords de On the Dancefloors n’en fini pas de faire bouger la fosse dans tous les sens. Sur scène, aucune lumière, on ne voit que des ébauches de visage, des formes étranges et inquiétantes mais qui mettent le public dans une transe étonnante.

metroSur Black eye burnt thumb, ou Trick or treatz des titres de leur premier album, le groupe partage avec les fans des chansons au combien démentes et chaotiques. Si on ne connait pas cet album, essentiellement instrumental, c’est comme écouter Metronomy pour la première fois, on ne sait pas vraiment ce qui se passe, les enchaînements sont originaux et titillent l’oreille de façon provocante. La fin du concert est mythique : avec des morceaux tels que My Heart Rate Rapid, The End Of You Too, A Thing For Me, ou Radio ladio Metronomy coupe le souffle au public qui n’a guère le temps de reprendre ses esprits. Des danseuses tout de rouge vêtues ont rejoint les garçons pour cette deuxième partie et reflètent l’excentricité et l’ambiance totalement loufoque qui règne dans la salle.

Le public chante à tue-tête, mais c’est déjà la fin du concert. Avec deux titres en rappel, Joseph, Gabriel et Oscar terminent un set complètement atypique, comme il est rare d’en voir, mais diablement efficace sur un public qui aurait été prêt à danser toute la nuit avec ces rois de l’électro multicolore.

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A propos de l'auteur

Image de : J'aime le Rock, le vrai, pas le trop bruyant ni le trop mou, des Brian Jonestown Massacre aux Yeah Yeah Yeah's en passant par Marilyn Manson ou NIN. Je passe une grande partie de mon temps dans la pénombre des salles de concert pour essayer inconsciemment de découvrir The Next Big Hit !

4 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 13 avril 2009
    lionel a écrit :

    je comprends pas,
    moi j’étais dans la salle et j’ai l’impression qu’il y a eu une bonne réaction à Jupiter!
    au contraire, c’est du son dancefloor!moi j’ai été ravi de faire cette découverte

  2. 2
    le Lundi 13 avril 2009
    Clara a écrit :

    On était visiblement pas entourés par les mêmes personnes! Jupiter ne m’a pas vraiment convaincue, j’ai trouvé leur « son dancefloor » un peu mou… mais c’est mon avis, ravie que tu ai apprécié :)

  3. 3
    le Lundi 13 avril 2009
    Anonyme a écrit :

    La fille de Jupiter était ma foi assez agréable à regarder, mais je trouvais également que le tout manquait de tonus, de punch.
    En ce qui concerne Metronomy, une vraie claque ! Je ne suis à l’origine pas grand fan d’électro hormis les sons plus Aphextwinien, mais pour le coup j’ai été conquis. Très bonne retranscription, et  » A Thing For Me  » et  » Radio Iadio » hmm :) un délice !
    Phil A.

  4. 4
    le Mercredi 6 mai 2009
    Aude a écrit :

    Metronomy est, à mon avis, un groupe juste extra, le groupe anglais par excellence et, sans même avoir assisté à leur concert, j’arrive à m’imaginer l’ambiance. Merci pour l’article.

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