Merzhin – Moon Orchestra

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Alors que le nouvel album de Merzhin est attendu en ce début d'année 2010, heureuse surprise il y a quelque mois avec l'expérience acoustique inédite proposée au grand public. Encore mieux, la sortie de Moon Orchestra, opus de 8 titres entièrement revisités en laissant de côté l'électrique.

mmoÀ la façon de La Ruda et de ses Bonnes Manières, les Bretons de Merzhin ont eu l’idée de faire de même. Si Pieds Nus Sur La Braise sortie en 2006 a été annoncée par beaucoup comme leur album référence, le rock breton électrique s’est mis entre parenthèses durant quelques mois, histoire de se ressourcer, mais aussi de combler le public en attendant le nouvel album. Une mini-tournée essentiellement en Bretagne a pu faire profiter aux plus chanceux de Merzhin en version acoustique, fruit d’une rencontre entre ses membres, mais aussi ceux de deux cuivres de l’orchestra Salsa De La Luna, ainsi qu’un jeune accordéoniste breton. Tels sont les ingrédients de Moon Orchestra, venu à point nommer symboliser cette transition en laissant une trace de ce court projet.

Merzhin change alors de décors… Comme si les descendants de Matmatah décidaient brusquement d’endosser leur costume de cow-boys et de partir à la charge. Un vent chaud de Far West souffle sur la Bretagne, la magie opère sans difficulté. Un mélange de salsa, de swing, de rock’n'roll, tout en laissant une grande place à l’accordéon et aux cuivres, le tout donnant un sacré coup de frais sur les compositions !

Le choix des morceaux colle à merveille à l’atmosphère imagée de l’album : Western et Poussières, mis sur orbite, commencent sur de douces notes d’accordéon avant de finir en parade acoustique, quant à La cour des grands il nous en met plein les yeux avec ses airs d’ Il était une fois dans l’Ouest.

Légèreté et subtilité, toute l’impétuosité de la fougue de Merzhin condensée en une poignée de compositions, on y retrouve également le bouillonnant Rue calumet, véritable course poursuite entre les cuivres et la bombarde qui finit par l’assaut solitaire de Baptiste Moalic, l’accordéoniste.

Le Merzhin Moon Orchestra n’hésite pas à jouer sur le rythme et les intensités : la force de l’album réside avant tout dans le désir de le diversifier. Jeu de guitares, de basses, de tons de voix, alternant des passages plutôt graves comme Au bout de la scène entrecoupés de flûte puis de déchirures, ou des périodes plus légères sur des airs de salsa à l’image de Nu et noir de pied .

Choix judicieux pour le final avec  Bandit qui se glisse lui aussi parfaitement dans le moule. Merzhin nous rappelle À la chaleur des missiles par sa virilité punk et ses « bandit, vaurien, tu m’as traité de tous ces noms ! », l’explosion se fera en conclusion du morceau avec un condensé de tout ce que Merzhin a su faire : guitares saturées, interlude à l’accordéon, intervention en signe d’apothéose des cuivres. Bandit, vaurien !

Enfin comme pour marquer définitivement cette nuance de styles, les Bretons nous proposent une fin digne du Moon Orchestra : on s’assoie et on écoute, émerveillé, la fin de cette ballade, à l’unisson. Une ultime parade acoustique, exclusivement instrumentale, vient mettre le point final à ce magnifique projet latino-breton.

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En savoir +

Album : Moon Orchestra
Pistes : 8 titres
Durée : 34 minutes
Sortie : 2009
Site Officiel :
www.merzhin.net
Myspace : www.myspace.com/merzhin
Myspace Moon Orchestra : www.myspace.com/merzhinmoonorchestra

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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