Melissmell, Gavroche du rock français | Strasbourg | 15.11.11

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Retour au bercail pour Melissmell et sa chanson française rageuse à Strasbourg, là où elle a fait ses premières armes d'artiste.

Constamment au bord de la fêlure, sa voix rauque, lancinante, perce le silence. Melissmell a l’air apaisée, mais porte ce regard grave de ceux qui ont un jour touché le fond.

J’ai perdu mes rêves
J’ai perdu mon sourire
Qui avant pendait pour rien

Ardéchoise d’origine, Alsacienne de cœur depuis que le succès lui est tombé dessus ici, cette année de 2008 où elle a remporté les deux principaux tremplins de la région (Léz’Arts Scéniques et Décibulles). On a alors découvert sans plus jamais l’oublier ce petit bout de femme, ses longues chaussettes rayées, et sa rage sur scène, aujourd’hui reconnue par la critique nationale.

Ce soir, elle est venue offrir son premier album, Écoute s’il pleut, une longue natte dépassant de sa coupe garçonne. Il contient bien sûr Aux Armes, son tube écrit en 2008, sous l’influence du président sortant, qui crachait alors son mépris de l’héritage de mai 1968. Décidément, tout est politique avec Melissmell. Dans la tradition des Ferré, Brassens et Noir Désir, elle livre ses textes enlevés avec une pointe de cynisme heureux. Les Enfants de la Crise est son interprétation personnelle du lip-dub de l’UMP – souvenez-vous de cet enchantement musical – Le morceau est funny, le clip – squatté par une colonie d’animaux à poils – aussi, mais surtout le ton dépeint l’époque avec justesse.

Toi là-bas, ne sens tu pas dans l’air
J’entends monter les voix
Le monde est à refaire

Par terre, les jambes croisées, elle déclame ses vers en se balançant. Les paroles et la voix tiennent la baraque, même si ses musiciens, qu’elle mène à la baguette en petite fille facétieuse, valent le détour. Puis toute seule sur scène, elle accorde son ukulélé à l’aide du piano et entame une chanson en anglais, « parce que c’est la mode », précise t-elle pour rire. C’est beau, c’est précieux, et ça finit en explosion : Over the hill mêle la ritournelle d’enfant et le folk mélancolique.

La poète aux joues rondes finit son show en invitant le chanteur de Dolls Can’t, première partie de la soirée, pour un duo intense d’enfants terribles du rock.

Crédits photo : Ludo Pics Troy

Melissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics TroyMelissmel - Molodoi_2011 @ Ludo Pics Troy

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A propos de l'auteur

Image de : Journaliste free-lance presse écrite / web - Sur Discordance dans les rubriques Musique/Médias/Société - Tente de s'intégrer mais c'est pas évident. @LaureSiegel

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