Melissa Mars – A la recherche de l’amour perdu

par Arno Mothra|
La planète Mars recèle ses mystères : elle moule le lot de spéculations que le commun des mortels idéalise sur elle. Le mois de Mars sculpte le temps : dichotomie de l’hiver et du printemps, de la froideur et des premiers murmures de réchauffement. Melissa Mars, mélisse anar, chanteuse d’une autre sphère, se révèle un peu tel un condensé de tout ça, avec le charme ajouté à l’ambiguïté.

melissaphotoFée romantique et trash s’amusant à faire la moue devant l’objectif et l’objection, Melissa Mars sort son premier album Et alors ! en 2003. Porté par le succès commercial du titre Papa m’aime pas (remixé à toutes les couleurs électro possibles sur les radios), ce premier opus sera cependant peu défendu dans les médias, malgré deux vidéo-clips réussis et des titres originaux ( P’tits plaisirs, Strip-tease ). La reine des abeilles, son deuxième essai dans les bacs deux ans plus tard, marque un tournant décisif dans la direction artistique de la jolie brune : univers teinté d’onirisme, musique aussi moderne qu’atypique, mêlant l’électro-pop ( Apocalips ), le rock, voire parfois quelques accents folks ( Les petits cons et le ravissant single And I hate you, renvoyant à Dionysos ).

A la recherche de l’amour perdu, troisième opus en date, installe définitivement Melissa Mars au rang des chanteuses hexagonales de référence. Un disque tout aussi hétéroclite que les précédents, mais où les textes tentent, cette fois, de mettre fin à un concept développant la solitude d’un personnage en quête d’identité, d’une oreille amie. Femme-enfant rattachée à un amour complexe, entre relation physique et imaginaire, présence et absence, désirs et délits, mélancolie et gaieté, noirceur et fraîcheur. Méli-mélo de cendres, de melons roses et noirs, petite fille que Gainsbourg n’aurait sûrement pas reniée, Melissa aura donc décliné le mal de repères d’une gamine sans identité à travers cette trilogie entamée timidement avec Et alors !, achevée en apothéose avec A la recherche de l’amour perdu . Sauf que comme le démontre le titre final Basiléa, conclusion désespérée de cette trilogie féerique, la planète Mars est sans issue.

Beaucoup plus impliquée dans l’écriture des paroles et la composition depuis La reine des abeilles, la délicieuse Melissa oscille entre une pop électro bien balancée ( Marsmallow, Androgyne ), frôlant la pop rock industrielle d’ Indochine ( Army of love, nouveau single illustré par un film d’animation à la Tim Burton ) ou une rétrogradation 80′s ( Love machine, ou Metal boy, la perle du disque), et des parties plus acoustiques (le folk de Little Blue, les planants Horror movies et Nomad’s land ). Les rythmes et la douceur ne manquent pas à la soucoupe marsienne, nous livrant par ailleurs, et de loin, le meilleur de ses trois ovnis ; les arrangements sont efficaces, le chant hypnotique et délicat, et les jeux de mots habiles, apportant souvent une dimension d’autant plus poétique à l’ensemble.

Malgré un duo dispensable ( Et si nous deux ), A la recherche de l’amour perdu se savoure comme ces écrins dont les trésors brillent d’une intensité rare, repeignant à la magie les moindres contours du paysage.

Poursuivant en parallèle sa carrière d’actrice, Melissa Mars apparaîtra prochainement sur nos écrans dans le film From Paris with love de Pierre Morel (produit par Luc Besson ). De quoi faire patienter les fans avant la sortie, espérons, d’un quatrième album de la même qualité que les précédents.

Partager !

En savoir +

Melissa Mars, A la recherche de l’amour perdu, 12 titres, chez Universal

MySpace : http://www.myspace.com/melissamars

1 commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Dimanche 29 mars 2009
    olympio a écrit :

    merveilleux article, enfin ! …
    merci pour elle !

Réagissez à cet article