Medi and the Medicine Show

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Premier album produit par Dave Stewart (Eurythmics) pour Medi, originaire de Nice et nourri d'une culture musicale furieusement anglo-saxonne, qui ne fait qu'attiser notre envie d'un second album !

medi-2Qu’on le veuille ou non, le premier réflexe qui survient lors de l’écoute d’un album c’est en général de se poser la question à qui ou à quoi cela peut t-il bien ressembler. Et dans le cas de ce Medi and the Medicine Show , la réponse est automatique : Eagle Eye Cherry, Jeff Buckley, Lenny Kravitz … Autant de noms du folk rock américain qu’il peut être louable d’intégrer à ses références.

Le problème ici c’est qu’elles persistent dans un Tears to cry qui rappelle les plus mauvais moments de Ben Harper (avec choeurs gospel dégoulinants et guitares 70s stridentes à la clef). Folk rock américain, donc, très bien exécuté, sincère, énergique, aussi bien que l’original, mais dont on cherche paradoxalement l’originalité. Un aspect assez classique, qui ne saurait à première vue que plaire aux amateurs du genre.

OK. Vous avez du sentir dans ces quelques phrases une sorte d’amertume et de la déception. N’y voyez aucune attaque personnelle contre Medi . Le fait est simplement qu’après l’avoir vu seul sur scène en mai dernier ([Voir l'article consacré au concert->188]), avec ses deux guitares, ses deux harmonicas et sa planche en bois, se tirer avec les honneurs de l’exercice périlleux de la première partie, je m’attendais à un album plus… novateur. Medi semble plus servi par la solitude acoustique que par l’accompagnement électrique de moult musiciens, comme c’est le cas sur ce premier album.

Ce dernier possède cependant une poésie rare, tant dans le choix des titres que dans les textes eux-mêmes. Des paroles magnifiques abîmées par des chichis pseudo black américains mais sublimées par la voix et les mots. Just a Monday boy after the weekend joy, I wish you could stay/ Wish you’d go away, I think wherever she goes is where the sun goes … Comment résister à ces sublimes phrases ? A la douleur amoureuse si adéquate à l’ambiance de ce CD ?

Reste aussi que la galette comporte quelques morceaux d’une beauté à couper le souffle, comme December in Paris, Black Hole Day, On the Top of the World ou Running Away, tous d’une nature atmosphérique et éthérée, qui donne des frissons et serre le coeur doucement mais fermement. Sadness, quant à elle, et malgré son titre, procure une sorte de joie qui déborde, une euphorie diffuse. Citons encore le ghost track, petite comptine perverse à hurler de rire, chantée en français, please – donc charmante à souhait.

Espérons que ce premier opus était là pour poser l’univers de Medi and the Medicine Show, et que le prochain saura emprunter cette voie de la beauté vaporeuse et de la tristesse noyée dans une pureté de sentiments à toute épreuve.

Souhaitons lui du succès, beaucoup. Et attendons la suite.

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Myspace: www.myspace.com/mediandthemedicineshow

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

2 commentaires

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  1. 1
    Stephane
    le Lundi 6 novembre 2006
    Emma a écrit :

    Très sympa cet article, je connaissais pas Medi… ben maintenant, si ! Je connais le sentiment que tu as eu, la différence entre le live et l’album : Je suis allée voir Ben Ricour (en première partie d’Anaïs) mais j’accrochais moyen sur son morceau… je peux te dire qu’il a mis le feu tout seul sur scène avec sa petite boite en bois ! Comme quoi il n’y a rien de tel que la musique live.

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Lundi 6 novembre 2006
    VIOLHAINE a écrit :

    Merci beaucoup Emma !

    Cet article a toutefois été difficile à écrire, je voulais pas être trop négative… J’espère que ce n’est pas le cas.

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