Mass Hysteria | H-1 avant le Bataclan !

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C'est juste avant leur montée sur la célèbre scène du Bataclan, que Mouss et Stephan des furieux de Mass Hysteria, se sont prêtés au jeu de l'interview : action !

Ce soir vous jouez donc au Bataclan. Vous avez préparé cette date différemment des autres, comme les autres ou pas du tout ?

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Stephan – Faut dire aussi qu’il y aura toutes nos familles, les femmes, les enfants, les frangines, les frangins, les mamans.

Mouss – On doit avoir 150 invités ! Et tu as vu, avant que tu arrives, on était au téléphone : on a encore plein de potes dehors, on ne sait pas comment on va les faire entrer ! C’est complet en plus. La barre est haute !

Vous attendez quoi de cette date ?

Mouss – Que ça soit la meilleure ! Dans un sens, à chaque date, on espère que ça soit la meilleure, mais ce soir particulièrement, tout est réuni : tu es quand même sur la capitale, le Bataclan c’est quand même une salle mythique, on y a joué quelques fois, c’est une bonne salle, très agréable donc tu dois faire date ! On attend que tout se passe bien.

Stephan – Et que le public parisien soit à la hauteur du public strasbourgeois !

Et pour vous, qu’est-ce qu’un bon concert de Mass Hysteria ?

Stephan – Les ingrédients : nous et le public. Pour moi, les lumières, le son, c’est vraiment secondaire : parfois on jouait dans des conditions et des endroits pas forcément exceptionnels, mais il se passait quelque chose entre nous et le public qu’il y ait quatre vingts, cent vingt personnes ou plus, mais principalement, un bon concert de Mass Hysteria, ça se passe à deux.

Mouss – Quand le public est électrique et au taquet, on ne fait que des bons concerts, c’est sûr. Après un mauvais concert, si tu es fatigué, que le public est un peu en demi-teinte, s’il faut aller les chercher, t’as pas la gouache, tu finis le concert, les gens sont contents, mais tu sais au fond de toi que ce n’était pas une super date. Un peu à cause de toi, un peu à cause du public peut-être, mais tu sais que tu peux faire un très bon concert avec un public mitigé, mais pour en revenir à ce que disait Titou, ce n’est pas la quantité qui va faire la qualité. On a fait une date en Allemagne il y a quinze jours. Et en Allemagne, on n’est pas connus, on a pas d’albums distribués, on y a joué il y a huit ou dix ans donc on avait un peu peur. C’était une petite salle, un petit club : il y avait cent quarante personnes ! Nous qui nous attendions à en avoir cinquante payantes ! Et c’était le carton ! Quand je pense qu’on était partis avec des a priori : c’était un peu la date pour faire plaisir au tourneur qui nous avait trouvé une date là-bas, ouais super… Au final, tu te dis que ça va être une répèt’ , qu’il va y avoir quinze pèlerins et que les gens ne nous connaissaient ni d’Ève, ni d’Adam. Il n’y avait que des curieux, mais des super conditions…

Stephan – Presque suisses !

J’ai lu dans une interview précédente que vous désoliez de la chute des ventes de disques en prenant comme exemplaire Rammstein : que les kids préfèrent mettre leur argent de poche dans un coffret de Rammstein contenant plein de gadgets en tout genre, plutôt qu’un simple album de Mass Hysteria. Ne serait-il pas judicieux alors de sortir un bel objet qu’un CD tout bête ?

Mouss – Oui, je ne sais pas. Il faudrait demander à notre label.

Stephan – Nous on déborde d’idées mais on n’arrive déjà pas à sortir de DVD live. On vient de sortir un album, on remplit des salles, on fait des choses, mais on a même pas un clip.

J’ai regardé votre vieux clip « Donnez vous la peine » tout à l’heure, c’était super roots !

Mouss – Tu m’étonnes !

Il y a un nouveau site qui s’appelle Moozar, qui propose aux internautes de dédommager les artistes que ces derniers ont piratés. Une sorte d’achat des chansons en retard. Alors, je sais que le cofondateur de votre label, At(h)ome, est contre ce nouveau concept qu’il considère comme crève la faim. Quel est votre avis sur la démarche ?

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Mouss – C’est intermédiaire, mais après tu te demandes pourquoi le mec ne va pas acheter l’album. C’est une façon détournée, je trouve ça assez tortueux comme principe : pourquoi le mec ne viendrait pas sur la page du groupe pour finalement acheter le CD ? C’est peut-être oui, faire un peu la manche, mais si on peut grappiller un peu de sou sur quelque chose qui a été piraté, pourquoi pas… Je ne suis pas contre le fait d’essayer le truc et peut-être que dans quelques années cela aura fait changer les mentalités. Tu sais, les codes et les réflexes avec internet ont tous changé donc il faut peut-être passer par là pour que cela devienne vertueux.

Est-ce que ce n’est pas une question de mentalités justement ? Qu’en France, on a pris l’habitude de tout avoir gratuit, alors qu’en Angleterre par exemple, oui les ventes de disques chutent, mais le téléchargement légal explose ses chiffres.

Mouss – Je crois qu’on est vraiment moins vertueux que les Anglais. Faut dire aussi qu’ils ont une véritable tradition avec la musique : en France, à part Brassens ou Brel, on a pas inventé beaucoup de musique alors que la pop, le punk en Angleterre c’est une religion !

Stephan – Et puis tu vas là-bas, tous les soirs, dans les pubs, il y a des groupes qui font des reprises et ça joue à un super bon niveau !

Mouss – Oui donc ils doivent vraiment comprendre ça un peu mieux que nous.

Et du coup votre dernier achat CD c’était quoi, monsieur ça-fait-longtemps-que-je-ne-suis-pas-allé-à-la-Fnac ?

Stephan – Le dernier Muse il me semble.

Mouss – Oui c’est ça. Et le dernier Coldplay aussi.

Alors, imaginez : vous êtes monsieur lambda, vous tombez sur le dernier album de Mass Hysteria à la Fnac et vous l’achetez, qu’elle serait votre critique ?

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Stephan – Moi je ne sais pas vraiment. Après avoir fini un album, je le joue, mais ne l’écoute pas… à part chez des amis qui pensent te faire plaisir et mettent le CD, mais c’est tout. Mais parfois, ça m’arrive, cependant uniquement pour avoir le plaisir de me remémorer comment on en est arrivé là, sur ce riff en particulier… Le cheminement.

Pour la petite anecdote, j’ai appris que toi, Mouss, tu avais participé à Pinocchio, court toujours : un opéra pour petit et grand. Raconte-nous, c’est mignon !

Mouss – Oui c’est mignon. Je l’ai fait, car je trouvais ça fun. C’était notre manager de l’époque qui m’a demandé si ça me branchait de jouer le Bonimenteur donc j’y suis allé, ça a duré une journée, en studio. Il y avait Sanseverino, Pierre Perret et d’autres et mes enfants étaient très fiers.

Le retour de Deftones à Paris cet été, ça vous fait quoi ?

Mouss – On est en deal pour peut-être faire leur première partie sur un festival, on croise les doigts : je suis fan. J’ai envie de les revoir : ça fait vraiment partie des groupes phares musicalement et émotionnellement de ces quinze dernières années.

Et toi Stephan ?

Stephan – Ouais, ouais ça va…

Ouh là : le chanteur t’a piqué ta meuf ou comment ça se passe ?

Mouss – Non, il n’a pas partagé en fait !

Stephan – Non, ça me fait super plaisir, car c’est un groupe que j’apprécie, mais ça ne me fait pas non plus hérisser le poil.

Une question que vous aimeriez qu’on vous pose ?

Mouss – Toutes, sauf celle-là. ( rire )

OK et une question que vous n’aimeriez pas qu’on vous pose ?

Mouss – Toutes, sauf celle-là. ( rire )

Stephan – Ouais, moi aussi je suis d’accord avec lui : c’est mon pote ! (rire)

Crédits photo : Vincent Bouchard

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A propos de l'auteur

Image de : Co-responsable de la rubrique Musique sur Discordance.fr. Et même qu'une fois, je me suis faite accréditée sur un concert de Justin Bieber !

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