Marvel 1602

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Marvel, institution indétrônable du Comics, sait sortir des sentiers arpentés depuis des décennies pour nous offrir des perles d’originalité et de talent. Marvel 1602 fait partie de ces projets audacieux, voire casse-gueule, qui insufflent un vent de fraîcheur dans un univers ô combien riche mais souvent cloisonné.

marvel_1602-2Le pitch est simple. En l’an de grâce 1602, le monde est en proie à des bouleversements politiques auxquels se greffent des signes d’apocalypse qui ne font qu’augmenter les pouvoirs de l’Eglise. Au milieu de ce monde de chaos, nous retrouvons les personnages Marvel les plus célèbres, tentant de trouver leur place tant bien que mal. Un point de départ peu convaincant en soit, si ce n’est que l’histoire a été confiée à un prodige du récit fantastique, Neil Gaiman à qui l’on doit des romans comme Stardust, Neverwhere, De bons présages (avec la collaboration de Terry Pratchett ) et d’autres comics comme la magnifique série Sandman .

C’est donc une plongée dans l’Europe de la Renaissance que nous offre Gaiman . De la cour de la reine d’Angleterre à la Sainte Inquisition Espagnole, en passant par l’épopée de colons venus du nouveau monde, le voyage est magnifique et les différents personnages sont brillamment insérés. Daredevil, les X-men, les 4 fantastiques, Thor, Magneto, Dr Strange, tous ont leur place dans cette narration pleine de rebondissements. Car c’est bien là que se trouvait la difficulté d’un tel récit : prendre ces super-héros du XXème siècle et les intégrer dans une épopée historique cohérente. Pas de super-héros ici, mais des prodiges. Prisonniers de leurs différences dans un monde d’obscurantisme. Tour à tour convoités ou pourchassés par les grands de l’époque et utilisés à des fins diverses (espions, assassins, gardes du corps,.) leurs destins et leurs origines ne font qu’un. Un excellent récit très travaillé, au dénouement surprenant, intégrant parfaitement cette histoire aux autres aventures « classiques » de chez Marvel .

Mais un comics n’est pas qu’un scénario, ce sont aussi des dessins. C’est Andy Kubert qui donne vie à cette histoire. Dessinateur pour DC comics dans les années 90 puis chez Marvel, il a su trouver le style convenant à ce récit. Moins bariolée et surchargée de détails que la production habituelle, son approche est plus en phase avec l’intrigue, sombre et mystérieuse. Seul bémol peut-être, le remplissage numérique, qui donne un aspect trop moderne aux dessins de Kubert . Un remplissage couleur traditionnel aurait certainement donné plus de profondeur à certaines planches, mais bon, cela ne gâche en rien le plaisir de lecture.

Édité en 8 volumes de 2002 à 2004, sa sortie en un seul tome aux éditions Marvel Deluxe en 2007 en fait un très beau roman graphique. Des compléments intéressants comme une préface de Peter Sanderson (critique et historien spécialisé en comics), une postface de Neil Gaiman, ou encore des croquis originaux de Kubert finalisent cet ouvrage à posséder absolument si l’on a, à une époque ou une autre, aimé lire des comics.

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Marvel 1602, Neil Gaiman, Andy Kubert, Richard Isanove, Editions Marvel Panini France, Collection MARVEL DELUXE, 2007, 264 pages

1 commentaire

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  1. 1
    Nicolas Brunet
    le Mardi 20 janvier 2009
    nico a écrit :

    Tient j’avais raté ca, ca donne plutôt envie de s’y plonger.

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