Marsatac, l’art de l’accroche – Nuit 6 | Dock des Suds | Marseille (27.09.2013)

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Nous devons vous avouer que cette soirée nous faisait peur, nous ne connaissions rien du tout en dehors de Vitalic, Modeselektor et les montpelliérains de Set & Match. Visiblement, nous n'étions pas les seuls vu la fréquentation du site ce vendredi pas très folichonne, mais peu importe, nous, nous aimons les festivals pour découvrir des tas de choses, même dans des styles que nous n'écoutons jamais.

Qui dit découverte, dit vadrouille en électron libre. Et bien attardons nous sur les techniques d’accroches des différents artistes/groupes pour nous maintenir face à la scène et garder grands ouverts nos yeux et oreilles.

Ambiance

L’énergie et la passion

Grand classique, voir des groupes déployer une telle énergie sur scène, et pas uniquement au niveau du son, ça donne toujours envie de regarder.

On arrive sur place pendant le passage de Set & Match, les 3 MC’s montpelliérains que nous avions découvert l’année dernière à Nîmes… ils ont encore une fois mis le feu dès le début de soirée. Un flow puissant, une prod’ efficace, elle-même combinée à des lyrics percutants. Bref, du son frais, moderne et hédoniste (surtout quand ils se permettent de rapper sur un titre de TNGHT, forcément de bon goût). Seule ombre au tableau, encore une fois, une sorte d’essoufflement en fin de set mais pas de panique, le match est remporté haut la main avec un public conquis.

Akua Naru

On change de salle et là, première découverte de la soirée avec l’Américano-ghanéenne Akua Naru. La rappeuse aux airs de Lauryn Hill nous invitera dans son monde avec aisance et passion : elle y délivrera un flow impeccable et percutant à la frontière de la soul, chargé de militantisme et d’histoire. On notera également l’excellence des musiciens délivrant un subtile mélange de rock et de jazz.
Premier contact réussi.

Technique du pull : Je lance un truc pour attirer à proximité

Le selektat qui lance un Robot Rock des Daft Punk, c’est clairement jouer avec nos sentiments et il gagne immédiatement notre attention. Bon, on vient presque à regretter les 15 minutes de dj set qui suivent, aussi bon soit-il, en attendant que les MC’s de The Pharcyde qui donnent signe de vie dans leur micro parfois, daignent enfin venir sur scène. Force est de reconnaître que cela fait bien son effet pour faire venir le public dispersé un peu partout ou arrivant à peine.

The Pharcyde

Mais le soucis classique avec des anciens du hip-hop, c’est que l’on ne sait jamais à quoi s’attendre et on a toujours peur qu’ils se foutent de notre gueule, que le cœur n’y soit plus.
Rien de tout cela ici et grand bien fut accordé à notre patience! The Pharcyde aurait clairement pu finir dans la catégorie « Énergie », les MC’s se font plaisir, balancent des tonnes de lyrics trempés dans le second degré, interagissent  avec le public, sourire et grimaces de rigueur. Bref, leur hip hop semble impérissable, en tout cas incontestablement jubilatoire.

Le bizarre

Clairement la force de Sexy Sushi qui passera demain, ce vendredi c’était à The Stepkids de jouer cette carte avec leurs décalages autant sonores que sur scène.
Bon bien sûr ça ne va pas aussi loin que Sexy Sushi, mais ça fait toujours son effet quand on voit 2 personnes de dos avec une drôle de cape quand on arrive dans la salle. Leur cocktail folk-pop 60′s, jazz, soul est d’ailleurs également assez comique et cosmique. Surtout quand ils commencent à nous sortir des reprises assez improbables (comme celle de Get Lucky des Daft Punk dont on a eu droit). Un petit voyage dans le temps rigolo.

The Stepkids

La description

Et bien oui, on se renseigne toujours un peu avec les informations données par le site de Marsatac ou tout simplement l’application smartphone du festival pour connaitre les horaires de passage. Et quand on lit que Burning House est un nouveau projet de l’excellent Hervé Salters de General Elektriks avec Chief Xcel de Blackalicious, on ne réfléchit pas et on y va!

Au menu, une sorte de hip hop synthétique, de jazz scratché et de funk urbain. Un bien beau repas mijoté à point, une explosion de saveurs du meilleur effet.
Et puis quand on observe les gestes d’Hervé Salters sur ses synthés, on ne peut que rester bouche bée.
Pour une première performance live, la qualité est au rendez-vous et on ne peut imaginer ce que ça va être quand le tout sera rodé. Ah si! Voir Salters danser encore plus quand il sera à l’aise!

Burning House

Quand on lit, que Magnetic Man est en fait la réunion de trois pointures du dubstep (Skream, Benga et Artwork), sur le papier ça fait presque rêver n’importe quel amateur de ce genre de musique. Sauf qu’ici le rythme 2-step, la lenteur de construction nous a profondément ennuyé, tout comme le MC qui fait de la figuration … RENDEZ-NOUS NOISIA!
Hum … bref nous avons vite fuit pour se rabattre sur St Lô … et bien heureusement, parce que ça valait le coup. Nous y reviendrons plus tard.

Je t’en mets plein la gueule!

Avec son show lumière, Vitalic a dû en attirer plus d’un. Des dizaines de spots qui bougent dans tous les sens, un écran de LED, et du gros son dancefloor, Vitalic était clairement l’inratable de l’été, il était partout! C’est d’ailleurs probablement une des raisons, à mon humble avis, des soucis de remplissage de ce soir. Une tête d’affiche qui l’a été à des tas d’autres avant ça n’aide pas.
Mais peu importe, personnellement, je l’avais fuit depuis son live catastrophique de 2010, mais ce nouveau live m’a donné envie de lui redonner sa chance. Et force est de reconnaitre qu’il s’est clairement amélioré, les transitions sont plus maîtrisées, l’ensemble plus dansant (merci « Rage Age« ) et l’apport des 2 membres est un vrai plus pour la richesse du son et son côté percutant, même si la construction de son live garde l’un des défauts qui m’avait irrité il y a 3 ans : ça monte, ça monte mais ça coupe très vite aussi. Vitalic laisse nous monter plus hauuuut! Enivre-nous!

Ce quelque chose

Et enfin, il y a des rencontres dues au hasard, ou bien là où nos attentes étaient extrêmement basses … et paf! C’est la révélation!

St Lo

Le premier cas de la soirée, c’était St Lô. Nous étions partis voir Magnetic Man à la base, pour se rabattre sur ce groupe, par défaut finalement. Et c’est là que nous avons été frappés par la « présence » de Walidah, la chanteuse (dont on avait du mal au départ à savoir si c’était une femme ou non). D’abord sa voix, sa puissance et les émotions qui en ressort mais aussi l’énergie déployée et son expressivité intense sur chaque morceau, dansant et chantant avec ses tripes. Les compositions voguant entre hip hop et blues, rock et electro prennent toutes leurs puissances grâce à un tel personnage. Nous sommes restés scotchés devant tant d’intensité émotionnelle.

Et le dernier cas s’est produit alors que nous nous apprêtions à quitter les lieux. The Procussions allait commencer, donc nous avions décidé de rester pour voir vite fait et partir dans la foulée… Sauf qu’au final nous sommes restés quasiment jusqu’au bout malgré la fatigue.
Le groupe dégageait une telle énergie, une telle osmose entre les 2 MC’s tout en faisant participer le public. Mr J.Medeiros se révèle être une vraie pile électrique et parle même plutôt bien le français. 45 minutes sans temps mort, c’est définitivement notre plus gros cœur de la soirée, ça valait bien le coup de rester un peu plus longtemps!

Comme quoi, une soirée de festival où l’on ne connait quasiment rien est toujours pleine de surprise. On ne peut pas être déçu, au contraire, on se laisse aller et les artistes font le reste!
Faites preuve de curiosité!

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A propos de l'auteur

Image de : Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

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