Marsatac, Faites preuve de curiosité – Nuit 5 | Le Silo | Marseille (26.09.2013)

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Après une seconde édition Nîmoise qui a rencontré un énorme succès en faisant complet les 3 soirs, au tour de Marseille de commencer ces 3 grosses soirées de festival. Vous remarquerez dans le titre que c'est la Nuit 5, tout simplement parce que le festival s'est invité un peu partout dans Marseille pour différentes petites soirées dans des cinémas, ou même la veille, dans une église avec l'un des papes de la techno de Detroit : Carl Craig.

Bref, Revenons à nos moutons et parlons de la 5ème soirée, à laquelle nous avons assisté et faisons le point sur ce qui fait le sel de Marsatac que cette soirée condensait. Marsatac c’est :

Des lieux

Le silo

Quoi de mieux pour un festival de musique urbaine, après des docks, des friches industrielles ou des embarquadaires abandonnés que d’investir la récente salle de spectacles marseillaise ayant réhabilité des anciens silos à grains du port commercial… qui s’appelle Le Silo.
Bon, malheureusement ce soir, ce n’est pas le meilleur exemple de lieu parfait pour le festival et vous allez vite savoir pourquoi. Esthétiquement magnifique, elle se révèle cependant pas du tout pratique et acoustiquement, comment dire …, scandaleuse.

Pas pratique, parce que l’on se perd dans un dédale d’escaliers qui mène à un étage avec des portes qui mènent à d’autres escaliers et on n’avait pas le droit de rentrer avec des boissons dans la salle. Pour un festival, soyons clair, ce n’est pas terrible. Soit.
Ce qui est plus embêtant c’est que la salle soit récente et que le son n’y soit vraiment pas terrible. On pouvait penser à un mauvais ingénieur son, sauf que non, c’est le cas sur tous les groupes qui se retrouvent étouffés et en bonus, on avait presque droit à des sortes de vibrations discrètes dans les structures. Sincèrement, c’est moche.

Des espoirs locaux

Husbands

Bref, arrêtons de râler; de toute façon, demain, on retourne aux Dock des Suds comme l’année précédente; et parlons d’Husbands, un groupe de marseillais avec Oh! Tiger Mountain & Kid Francescoli, un bout de Nasser et deux charmantes choristes dedans. C’est leur premier show dans cette nouvelle formation, et on retrouve ce qui fait leur talent à tous : chant déglingué juste comme il faut et mélodies inspirées au service d’une pop avec un poil de hip hop par-ci, une pincée d’électro-pop par-là. Une jolie performance qui nous a pas soulevé malheureusement, mais on a bon espoir pour eux, surtout en connaissant leurs passifs.
Merci à Marsatac de supporter les talents locaux, surtout qu’ils le méritent.

Des foutages de gueule

Tricky

Il y en a partout, et Marsatac n’y échappe pas et cette fois-ci c’était le mauvais trip avec Tricky. Visiblement sous emprise de trucs pas nets, dos au public la plupart du temps, tout ce qu’il fera c’est de bouger bizarrement, marmonner dans son micro vite fait laissant ses (excellents, heureusement) musiciens et surtout sa choriste se dépatouiller avec le concert.
De temps en temps il fait monter le public sur scène et joue 2 reprises de 10 minutes chacune de Motorhead et Breeders pour meubler un peu. Certains misent entre le génie absolu et l’imposture totale. Nous, nous misons clairement pour la seconde option, mention « la drogue c’est mal ».

Des surprises mais aussi des confirmations

Nevchehirlian

Bien que nous le connaissions pas auparavant, car ce n’est pas ce que personnellement j’ai l’habitude d’écouter, Nevchehirlian m’a vraiment plu.
De la mise en scène aux textes en passant bien entendu par les instrus, cette formation slam et rock marseillais nous a fait très forte impression.

En nous renseignant, nous apprenons que c’est un des premiers slameurs français (pas étonnant que je ne connaissais pas du coup) et ça se sent dans la puissance de ces textes, très souvent engagés, critiques ou juste ironiques que ça soit sur les con-nectés, l’écologie, la société ou un peu de poésie, le tout avec toujours un phrasé parfait.
Et il n’y a pas que Nevche qui est bon, sa troupe de musiciens est génialissime! Nous reconnaitrons d’ailleurs l’ancien guitariste de tournée de The Do dans le tas toujours aussi bon autant à la guitariste qu’au synthé ou même juste à tambouriner avec classe.
La mise en scène, Nous y revenons, mise en valeur grâce au show lumière est particulière efficace. Des séquences tambours épileptiques, des poèmes où il balance des feuilles au vent, jusqu’au finish en l’apothéose avec l’arrivée d’un griot africain puis d’un slammeur US pour finir sur l’excellente Rendez l’argent! que le public scandera avec énergie.

Bref, Nevchehirlian c’est très bon sur scène et on nous souffle à l’oreille qu’il faut vraiment écouter ses albums, dont un à paraitre sous peu.
C’est ça aussi le talent de Marsatac, c’est de faire réapparaitre sous la lumière des artistes qui nous étaient passés sous le nez et qui méritent toute notre attention

Des petits plaisirs

The Black Angels

Le groupe de rock psychédélique The Black Angels en était un.
Les anges noirs (quel nom pourri en passant) nous donnent une performance pas vraiment folle, nous avons déjà vu mieux et moins lisse dans le genre, mais nous nous laissons facilement embarquer par les mélodies lancinantes une fois assis tranquillement en fond de salle, dans un fauteuil pour admirer bien comme il faut les projections kaléidoscopiques.
Un petit plaisir qui aurait très bien pu finir la soirée à merveille.

Des phénomènes qui passent enfin à Marseille.

Fauve

Sauf que non, Marsatac sait aussi faire venir des groupes qui explosent sur nos terres.
Et vu la remplissage de la salle et les différents échos, le public avait l’air d’être clairement venu en masse pour Fauve, le groupe parisien de spoken word.

Sauf que soyons clair, nous n’avons pas aimé du tout leur performance. Nous n’aimions déjà pas particulièrement le groupe depuis que Nuits Fauve envahissait les ondes, l’EP n’ayant rien changé à la situation. En live, le peu que nous apprécions chez eux, nous l’avons pas retrouvé. Les mélodies sont on-ne-peut plus banales, nous ne sommes pas sensibles aux textes (jusqu’ici, c’est comme sur l’EP) mais en plus ils sont très mal scandés, bouffés. Ah et il n’est clairement pas fait pour chanter comme l’atteste son interprétation de 4000 Iles, horrible.

La seule chose à sauver c’est l’énergie déployée, le sentiment d’urgence dégagé et a priori sincère, quoiqu’un peu naif et les projections, pas toujours cohérentes à notre goût mais de qualité.

Bon, ok, nous n’aimons pas Fauve, c’est un fait. Par contre, nous trouvons déplorable que le public ayant répondu massivement présent à Fauve, n’ait pas répondu présent à Nevchehirlian, visiblement très occupé à aller boire des bières en dehors de la salle, qui était beaucoup plus intéressant sur tous les points. Le marseillais mérite clairement votre attention, faites preuve de curiosité et arrêter de lire les Inrocks.

Bref, malgré des groupes qui nous échappent, la soirée était suffisamment éclectique, c’est aussi le grand talent de ce festival, pour prendre un réel plaisir à découvrir et réécouter des groupes que l’on a pas toujours l’occasion de voir en terre phocéenne et même dans une soirée à la programmation réduite contrairement aux deux jours à suivre.

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A propos de l'auteur

Image de : Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

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