Marilyn Manson en concert : voilà un sujet qui ne manque pas de faire couler beaucoup d’encre. L’animal a l’habitude de défrayer la chronique par ses frasques scéniques. Enfin avait l’habitude. Car il paraît que le Révérend a vieilli et que Manson ce n’est plus ce que c’était. Il paraît…
Lundi 22 Juin à Vienne sonnait l’heure de la Grand Messe du Révérend qui rassemblait ses ouailles dans l’enceinte du théâtre antique.
Des plus fervents fidèles (et c’est peu dire) aux jeunes néophytes, tous ont répondu à l’appel. C’est qu’on attend beaucoup de ce concert : nouvel album après le fastidieux
Déjà, premier plaisir : celui de voir la population de Vienne doubler en l’espace de quelques heures. En effet Vienne n’est pas vraiment la ville rock par définition. Seulement, tout comme Nîmes, son théâtre antique draine chaque année une quantité non négligeable de mélomanes en tout genre. Et quand les mélomanes en questions se retrouvent être des fans de Manson, forcément ça détonne un peu sur la population autochtone du Nord Isère. Source intarissable de situations cocasses du coup. L’avantage c’est qu’il devient inutile de demander son chemin : on les suit à la trace depuis Lyon jusque sur les bancs du théâtre.
Deuxième plaisir : celui de constater à quel point les gens réunis ici sont différents. Alors évidemment, il y a le gothique acharné, celui qui flotte à trois mètres du sol sur des New Rock tellement hautes qu’on pourrait y loger une famille de 3 enfants (et pour le même coup résoudre la crise du logement); évidemment il y a l’attendrissant ado contestataire qui de derrière sa frangasse émo crache sa haine du monde d’un français plutôt approximatif. Il est là aussi, le fan pur et dur, celui qui, la quarantaine et la calvitie approchante, arbore toujours aussi fièrement le T-shirt de
Troisième plaisir : Rentrer dans le vif du sujet. Car ce n’est pas pour les splendeurs de la région qu’on est allé s’enterrer dans le fin fond des Terres Froides. Aussi, une fois la (rude) épreuve de la première partie passée ( Francis Lalanne qui a mangé Lacuna Coil .) on peut passer aux choses sérieuses. Les premiers accords entendus de derrière le rideau noir électrisent l’assemblée jusqu’en haut des gradins. Le rideau tombe et dévoile dans la brume l’ombre d’un tricorne noir qui s’avance lentement. Manson est là et il fait son show : il se tortille, se dandine, nous montre un bout de fesse blafarde, lance son micro à tout va (une pensée pour le préposé au micro qui n’a décidément pas un job facile), prend un bain de foule, fait trois petits tours et puis s’en va.
Pas de pupitres à la Antichrist ou de verre d’absinthe géant. Quelques projos, un clap et c’est tout. Et ce n’est pas plus mal : à quarante ans passés Manson ne joue pas à n’en avoir 20 et fait un show qui correspond à ce qu’il est aujourd’hui. Il ne chante plus perché sur ses échasses ? La belle affaire ! Il vaut mieux qu’il les raccroche avant de risquer à chaque instant la prothèse de hanches. Il chante et l’énergie est toujours présente. Peut-être même plus qu’avant, car elle n’est pas noyée dans un océan de frasques visuelles en tous genres.
Donc oui Manson a vieilli, mais en quoi cela doit-il choquer ? Pas question de passer sa vie à ressasser les anciens albums. D’autant plus que ce nouvel opus en a sous la pédale : en témoigne l’ouverture du concert sur
Car, quatrième plaisir non négligeable, le retour de Twiggy aux cotés de Manson insuffle une énergie canalisante. Pendant que Manson fait son show, Twiggy tient le tout musicalement; il donne une cohérence à la performance et recentre Manson à chaque fois que celui-ci tend à se disperser. Un regard désapprobateur lancé, et Manson se reprend derechef. Finalement, son départ du groupe à la fin d’
Cette alchimie nouvelle donne même des moments de transcendance : dans un élan de complicité Twiggy passe sa guitare à Manson (ainsi affublé d’une stratocaster orange) et Manson refile son micro à Twiggy qui lui règle les effets de la guitare dont il ne joue pas.
La fin est abrupte comme d’habitude : un
Quant au cas Manson, visiblement il n’a pas tant vieilli que cela au vu de l’encre qu’il continue de faire couler, même lorsqu’il lui est reproché de ne pas le faire.
Crédits photo : Manson-World.net
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Site officiel : http://www.marilynmanson.com/
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8 commentaires
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Virus93200 a écrit :
salut
fan de Manson depuis quelques années, je reviens du HellFest super deçu, ou Manson a fait un concert loupé.
yersin a écrit :
Salut, Manson sous oxygen au Hellfest et plus de la moitié du public qui se barre avant la fin… Fallait le dire s’il se préservait pour Vienne… En fait non je suis super content d’avoir reçu Machine Head en pleine face!!
Alex a écrit :
J’avais juré, à la lecture, que je ne commenterais pas, mais évidemment…
Je retrouve dans les débats concernant Manson exactement les mêmes arguments qui opposent le clan des fumeurs à celui des non-fumeurs.
On pourrait penser, en n’étant pas concerné par cette bonne vieille guerre des gangs, que le fumeur mériterait la stigmatisation davantage que le non-fumeur, parce que, c’est bien connu, le fumeur s’allume ses cigarettes exprès sous le nez du non-fumeur pour lui faire inhaler un peu de cancer par procuration. Ceci est, bien sûr, tout à fait faux. Le fumeur, bien que fondamentalement vicié, est d’ordinaire quelqu’un de respectueux, conscient de polluer l’atmosphère et soucieux de garder sa nicotine pour ses bronches.
Autrement dit : le fumeur respecte la volonté du non-fumeur de ne pas fumer, mais le non-fumeur ne respecte guère la volonté du fumeur de fumer.
Or il s’agit là, avant toute chose, d’une décision individuelle qui est avant tout lié au vécu d’une personne, à son expérience, et à sa manière de considérer les choses en général.
Bien.
Reprenons l’exemple précédent pour le juxtaposer sur le concert de Marilyn Manson à Vienne.
Nous avons donc les catégories suivantes ; j’enrichis mon explication d’une légende dans un souci – j’espère superflu – de clarté :
Les personnes qui ont été déçues par le concert (que nous associons ici aux fumeurs)
Les personnes qui ont aimé le concert (que nous associons ici aux non-fumeurs)
Examinons maintenant l’attitude de chacun des deux clans.
Là où les personnes qui ont été déçues par le concert expriment leur déception, les personnes qui ont aimé le concert se servent de la précédente catégorie comme d’un marchepied nécessaire à légitimer leur argumentation qui, par ailleurs, n’est guère concrète, convaincante, ou même, par défaut, originale.
Ainsi, les personnes qui ont été déçues par le concert apparaissent-elles comme d’horribles rabat joies qui auront sans doute, par amour pour le cynisme, pris un malin plaisir à payer deux nuits d’hôtel, un aller-retour en train, une place de concert, et à patienter plus de dix heures dans une file d’attente, juste pour se moquer de l’artiste.
N’est-ce pas là pourtant une contradiction qui tente, gaiement, de nous sauter aux yeux, et qui tendrait à s’opposer à ce que d’aucuns (sans doute des fumeurs) caractériseraient bien volontiers de mauvaise foi ?
En ce qui me concerne, c’est précisément l’heure de ma pause, et donc celle de m’en griller une.
ClémentV a écrit :
Première fois que je le voyais. Effectivement, ce fut une expérience étonnante …, ne serait-ce que pour l’ambiance qui règne à ses concerts, la foule en délire, la mise en scène, sa facilité à capter l’attention du public et son aura.
Le seul bémol, et c’est un bémol de taille qui fait que je n’irai jamais le revoir sur scène : à peine 1h15 de concert, c’est juste une honte, un scandal pur et simple. La place à 45€, ça fait cher la minute ! Ne serait-ce que par respect pour son public, 75 minutes de concert, c’est juste une mascarade ! Je suis pour le coup franchement resté sur ma fin et je ne me ferai pas avoir deux fois ! Non pas que je juge un concert à sa durée, mais il y a des limites à ne pas dépasser ou plutôt un quota de temps à dépasser devrais-je dire !
Et dire qu’il y a deux ans, David Gilmour, le guitariste des Pink Floyd, sur la même scène nous avait gratifié d’un concert de 2h30. Mais bon, effectivement, on ne joue pas dans la même coure …
A force de jouer les divas, certains artistes se brûlent les ailes. M Manson ne sera pas le premier …
Pascal a écrit :
J’en ai déjà dit beaucoup sur le sujet dans les commentaires de la chronique de The High End of Low d’Alex…
Je n’étais pas au concert, mais à partir de ce que j’ai pu voir au Ring et en croisant pas mal d’avis différents, je pense que je me serais également sacrément énervé si j’avais été présent.
Là il n’est plus en configuration festivale, alors faire seulement 2 morceaux de plus, c’est un peu limite. Il n’a pas l’excuse du public de bovins, car tout ceux qui ont fait le déplacement devaient tous être a priori des fans. Alors le coup de la tournée promo, et de son retour en fin d’année avec un vrai show, ça sent la fumisterie.
Et ce qui fait chié, c’est que je sais pertinemment que j’y serais, et que je m’énerverais…
Quant au cas Manson, visiblement il n’a pas tant vieilli que cela au vu de l’encre qu’il continue de faire couler, même lorsqu’il lui est reproché de ne pas le faire.
Je te suis moyen sur cet argument. S’il fait couler de l’encre dans le cas présent, ce n’est pas à cause de son art ou de ses prises de positions, mais sur ses capacités de performers. Ce qui est un peu problématique pour quelqu’un qui se répands à longueur d’interviews sur l’importance que son art représente à ses yeux…
seb a écrit :
On peut rester sur sa faim c’est sur, mais pas etre décu du concert. Trop de puissance.
J’aimerai quand meme savoir si c’est une fin de concert programmé ou un veritable problème physique. certains l’on vu se faire aider pour partir, et puis les masques à oxygène…
Franck a écrit :
Personnellement j’ai eu l’occasion de le voir 3 fois en concert. Une fois a la foire au vin de Colmar une fois au Eurock et bien sur a vienne le 22 juin et je peut vous dire que celui qui m’en a mis le plus dans la vue c’est le concert au Eurock et j’étais totalement clean bien entendus ! Maintenant il est vrai que le concert de vienne était tout de même une bonne aventure a vivre un Manson bien présent et un Twiggy de retour que demander de plus si ce n’est d’éviter ces coupures entre chaque chanson…Bon certains diront que ça fait monter l’ambiance d’autre dirons que ça la fera baisser alors bon après c’est un avis personnel que chacun a le droit d’exprimer.
Puis on a eu le droit a une première partis bien alléchante avec ce groupe que je ne connaissais absolument pas « P.M.T » comme ils nous l’ont dis c’était leur 8ème première partis de Manson donc des habitué de son public ce qui n’est pas plus mal vous me direz, parce que bon il savais comment nous chauffer et ils ont bien réussi leur travail.
En conclusion un bon concert, une bonne ambiance et un grand plaisir de voir Manson en France mais comme dis j’ai vu mieux donc il peut toujours mieux faire !
(Soit dit en passant aucun regret de l’avoir vu =D)
Insudiet.... a écrit :
Rendez lui ses bottes !!!! et que l’on en finisse!….