Making Of : Les yeux dans la Meuh (2/2)

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Tout juste 1 semaine après la fin de la 8e édition de la Meuh Folle, c'est l'occasion de faire les tous premiers bilans du festival. Car il faut bien le reconnaître : en deux jours la Meuh aura connu le pire... comme le meilleur.

Si la journée du vendredi aura été la pire affluence depuis la création du festival (1300), le samedi a battu tous les records (2600). L’objectif rêvé des 4000 n’a pas été atteint, mais il n’est pas infranchissable non plus. Cette 8e édition est restée dans la moyenne des années précédentes, même si la programmation était particulièrement alléchante. L’occasion de rencontrer à nouveau Morgane Caromel, Présidente du Festival cette année, et de tirer les premières conclusions afin de préparer au mieux le rendez-vous déjà fixé de l’année prochaine.

Allez, c’est parti pour le bilan à chaud ! Alors ?

Positif ! C’est clair que quand tu fais le déroulement des 2 jours, le vendredi on est en dessous. Mais on a tellement fait un samedi énorme que ça compense largement !

Bilan des entrées ?

Vendredi : entrées payantes, 1250 personnes. 1350 en tout dans le Parc des Expos. Samedi : 2480 payantes, avec les invités : 2530. 2600 en comptant l’orga. C’était vraiment blindé, noir de monde. On a dû appeler des renforts de sécu pour accélérer la fouille, on était un peu dépassés !

Carrément, à minuit il n’y avait plus de saucisses, les gens mouraient de faim : « Donnez nous du pain, même seul, avec de la mayo ! »

A 0 h 30 ça a été le gros rush effectivement. Les frites s’enchainaient, mais sur la fin, il n’y avait vraiment plus rien ! Même de la mayo pour donner avec du pain… (rires) Pourtant on avait de la marge, car vendredi on était loin d’avoir tout vendu…

C’est le pire et le meilleur ?

Oui on peut dire que vendredi a été la pire soirée de la Meuh au niveau de l’affluence, même si je n’ai pas les chiffres de 2001 et 2002. On est environ dans la moyenne des vendredis passés… Il y a toujours beaucoup moins de monde le vendredi. Les fameux « petits vendredis » du Festival de la Meuh Folle !

C’est exactement ce que tu me disais quand on a fait la première partie d’interview…

Je ne sais pas pourquoi ! Il faut réussir à bouger les gens dès 19 h, donc ceux qui viennent de loin se démotivent… Peut-être qu’il faut faire débuter à l’avenir les vendredis à 21 h. Ou faire venir une grosse tête d’affiche.

Déportivo avait la carrure pour rameuter du monde pourtant !

Ça n’a pas pris en tout cas. On cherche encore pourquoi… Bon après on avait tablé sur 1 450 personnes, au final on n’est pas loin… Mais 200 personnes, c’est 200 personnes ! Niveau budget, premièrement, puis aussi sur le moral. Ça laisse une grande part de pression pour le samedi. Après samedi quand on a vu l’immense file, c’était bon, on avait compris (rires) !

La fameuse question : objectif atteint ?

L’objectif du festival, oui ! Nos rêves fous, non !

Ça se joue vraiment à pas grand-chose…

On a des bons retours, les gens sont contents. Mais je suis vraiment incapable de te dire pourquoi ce vendredi a foiré. Tout le monde nous avait dit que la prog’ était top ! Quand on leur avait dit qu’on tablait sur 1400 personnes, on nous disait « Vous êtes fous, vous ferez plus ! ». Pourquoi ? Grande question. Peut-être que les groupes ne ramenaient pas tant que ça… Au final Déportivo, même s’ils ont fait complets à Paris, je ne sais pas s’ils remplissent partout…

Peut-être que les mauvais retours du dernier album ont refroidi le public aussi…

Pourtant sur scène c’était vraiment pas mal !

Quels sont tes meilleurs moments sur le festival ? En tant que Présidente tu dois ressentir quelque chose de particulier.

D’abord, samedi. Quand j’ai vu que le camping marchait plus que bien. Il y avait du monde, ça mangeait, ça dansait la salsa ! Il a fait une super journée. Puis surtout samedi soir, quand je suis monté dans l’aquarium et que le Capra était plein. C’était blindé ! Et là tu te dis « Tu y es un peu pour quelque chose, c’est grâce à toi d’un certain côté » et c’est bon pour l’égo ! (rires)

Et les mauvais moments ?

Vendredi soir. Quand on a compté les talons, sur Punish Yourself. Et même, pire ! On s’est plantés dans le comptage ! On avait calculé 1150. J’en pleurais presque dans l’aquarium ! Puis samedi matin, Élisa a voulu recompter, et on s’était effectivement trompés ! Sinon, encore le vendredi, à 18h. Quand tu te dis que ça ouvre dans une demi-heure et que ce n’est pas prêt… Une demi-heure de torture !

En une phrase, tu retiendrais quoi de ce projet ?

C’est un an d’engagement théorique. Puis vendredi le festival commence, et tu ne te rends pas compte que ça y est. Tu t’oublies : pendant 2 jours je n’ai pas mangé, ni rien… Tu ne fais que ça. Et le lundi, tu rends les clés et tu te dis « Ça y est, c’est terminé. Merde, qu’est ce que je vais faire maintenant ?! »(rires)

Quelle est la vie après la Meuh ?!

Quand tu as tes réunions 2 fois par semaine, le rush tout le temps… Ça fait bizarre. Mais ce qui m’a marqué réellement : c’est que plus tu es dedans, moins tu te rends compte que tu y es ! Et après, pouf, c’est fini ! Mais je suis contente : mission accomplie !

Quelles sont les conclusions à tirer de cette édition ? Est-ce que la Meuh doit prendre plus en compte le jeune public alésien pour ne pas se planter, vu le flop du vendredi soir…

Ne pas se planter, non. La programmation du vendredi était plus orientée vers les jeunes, alors que Les Ogres et Moussu T vers un public plus âgé. Donc l’affluence n’est pas logique par rapport aux deux soirs. Pour moi, avec Broussai, où ce sont des jeunes qui font du reggae et avec Déportivo et leur rock plus passe-partout, le public alésien était attendu vendredi. Au contraire du samedi… Curieux. Concernant les renseignements à tirer : pourquoi ne pas commencer à 21h le vendredi au lieu de 20h, même au pire enlever un groupe. Ça m’a vraiment fait mal au cœur pour les Afro ! Il n’y avait personne… Au pire, passer à 7 groupes au lieu de 8.

Attends je te coupe… Ou finir 1h plus tard ! Car ça finit à 2h environ, pourquoi ne pas prolonger un peu plus les shows ?

C’est d’un point de vue réglementaire que ça bloque… Il faut demander une autorisation et une dérogation.

Quand tu vois la Féria d’Alès, c’est une véritable beuverie et la Mairie laisse faire… Il faudrait être réglo dans tous les domaines. Le Parc des Expos est quand même excentré, avec peu d’habitations autour, ça emmerde qui au final ?

Mais tu sais, plus un truc est cadré et régulier, plus l’étau se resserre d’un point de vue réglementaire. Ou tant pis, il faut se faire une raison : les vendredis sont de plus en plus petits, les samedis de plus en plus énormes, alors voilà, on fait avec.

L’an dernier, 1 800 personnes le vendredi pour Pony Pony, cette année 1 300…

Je ne doute pas que les 500 personnes de plus étaient là pour les Pony Pony. On l’a vu sur les consos : on a vendu que du Coca ! (rires). On a vendu que des softs ! Les barmans se sont inquiétés. Donc c’est clair : soit on cale une grosse tête d’affiche le vendredi, soit on favorise plutôt le samedi.

Déportivo, ce n’est pas Pony Pony, mais quand même. Grosse promo autour du dernier album, Gaëtan Roussel aux manettes…

Certes, mais c’est peut-être une histoire de génération. Peut-être que les jeunes de 18-19 ans qui arrivent n’écoutent pas trop. Surtout que les sorties d’albums sont très espacées, quasiment 4 ans, ça n’aide pas. Un mystère, ce vendredi.

Question qui n’a rien à voir : pourquoi cette restriction au niveau des photos ?

On a interdit les photos, car Les Ogres de Barback ne voulaient pas, même pour les photographes, que des photos soient prises. C’est le début de leur toute nouvelle tournée, donc ils ne souhaitaient pas que des clichés soient pris. Juste quelques-uns pour illustrer les articles et c’est tout. Mais ça ne vient pas de nous, non.

Pour terminer, quels ont été les retours de cette édition ?

Ils sont variés. Même si honnêtement, ils sont positifs. Chose étonnante, quelques personnes nous ont dit avoir préféré le vendredi au lieu du samedi, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. Quelques-uns ont préféré l’an dernier, en disant que ça manquait un peu d’électro. Il y avait Pony Pony, Beat Torrent, c’était différent. Et quelques-uns qui furent déçus des Ogres, un certain manque de peps.

Concernant les stands de jeux et des animations en journée, gros carton ! Ça fait vraiment plaisir. Mais non, on ne se plaint pas. On sera l’année prochaine, il est là l’essentiel !

Le mot de la fin ?

Merci.

C’est vraiment LE mot (rires).

Je t’explique : on a mis sur notre page Facebook les vidéos de nos boîtes à question, comme celles de Canal+ dans le Grand Journal. On en a fait sur les groupes, puis pour finir, avec l’orga. Et à mon tour, ils m’ont demandé : « Le mot de Mo ». Et j’ai dit ça, « Merci ». Un festival, ça marche dans les deux sens : il te faut une bonne orga, mais il te faut aussi des groupes et du public. Donc tout est dit : merci !

Retour en arrière sur le montage vidéo de la scène (0’50) :

Lezard de Rue et ses bombes

Au-delà de la musique, le Festival de la Meuh Folle c’est aussi à chaque édition un artiste ou une association de graffeurs qui vient montrer au public la création d’une fresque. Un pan de mur est à chaque fois réservé pour que les bombes de couleurs jaillissent de derrière les barrières. Dans l’état d’esprit de laisser une trace « matérielle » de leur passage, c’est aussi un excellent moyen d’ouvrir les portes d’un milieu souvent controversé par l’opinion publique où les traditionnels débats de liberté d’expression ou de légalité prennent malheureusement le pas sur l’art. Car le graffiti est bel et bien un art.

Cette année, le fil rouge du festival a été tenu par Lezard de Rue, alias Yohan, jeune homme de 30 ans travaillant à Avignon en région PACA. Son objectif durant le festival était simple : réaliser la fresque de la 8e édition uniquement sur les 2 soirs, le temps que les concerts s’achèvent. Verdict dans le diaporama photo en bas de l’article qui a été conçu afin de vous présenter quelques images de l’organisation et surtout l’évolution de la fresque de Yohan accompagnés de plusieurs clichés illustrant ses anciennes créations.

L’occasion aussi de remercier l’organisation, en particulier Morgane, pour le temps accordé et la réalisation de ce making of…

Crédits photos : Olivier Audouy

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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