[Mai Lan]

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On peut être belle, racée, faire de la folk (quelquefois) et distiller la plus belle énergie qui soit. La preuve avec Mai Lan, nouvelle signature du label 3e bureau de Wagram auquel on doit déjà Orel San, Brigitte, ou encore Applause. Éclectisme mon amour.

Mai Lan, bien qu’elle sorte tout juste son premier album, n’est pas tout à fait une inconnue. Mannequin a ses heures, elle possède sa propre ligne de vêtements. Fille du graphiste Kiki Picasso et sœur du réalisateur Kim Chapiron (pour lequel elle chantait Gentiment je t’immole sur la bande originale du film Sheitan), il faut dire qu’elle a toujours baigné dans le milieu artistique.

Pour son premier bébé musical, le premier contact avec la jeune femme est graphique. Mai Lan pose sur la pochette de son disque en tenue ethnique, au centre d’une ronde de grigris plus ou moins assortis et pas aussi tribaux qu’on aurait pu le croire de prime abord : ici une mâchoire animale, là un pistolet à eau, là encore une araignée de mer ou une coquille d’huître ou plus loin un cactus, des crayons pastels, des clés… On regarde, on détaille ; on s’intéresse, l’œil déjà accroché.

Loin du titre trash de 2005, l’intérieur du disque intrigue par la variété de son contenu avec en fil conducteur une voix parfois hyper speed mais toujours très claire et majoritairement chantée en anglais, malgré une concession au français et une autre au portugais (on aurait plutôt envie de dire, « au brésilien »).

Le ton va du sérieux à l’espiègle et la jeune femme s’apprivoise au fil des pistes. Insolente, parfois vindicative, souvent charmante, Mai Lan libère une énergie pure qui emporte tout sur son passage, mini tornade en contraste total avec son physique doux et calme. Sous des apparences réservées, on sent chez Mai Lan un bouillonnement impressionnant qui s’exprime ici à travers des titres hyper toniques, un peu comme si Feist s’adonnait par instants à du Ting Tings.

Cerise sur le gâteau, l’album regorge d’arrangements travaillés, ciselés à l’extrême. Les petits détails foisonnent, en raccord parfait avec le visuel de l’album, pour des titres qui vont de l’ambiance feu de camp (avec fleurs dans les cheveux) à la danse de saloon à coller des fourmis dans les jambes et plus loin, vous embarquer pour la chasse au Dahu en sifflotant.

Au final, un premier album décidément très abouti ; et plutôt réjouissant.

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A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

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