Madjo

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Révélée en concert auprès de Tryo, la jeune Madjo griffe son premier EP d'un style folk, tour à tour coloré et dépouillé, desservi par une voix profonde et chaleureuse. Influencée par la musique anglo-saxonne, les grands noms du folk et de la musique noire américaine, Madjo compose un univers où la profondeur côtoie la fantaisie.

Ambiances bricolées, voix mutine ou mélancolique, c’est déjà un vrai personnage qui se dessine dans les quatre titres de ce premier EP. Actuellement en préparation de son premier album, elle a accepté de répondre à nos questions.

Ton premier EP est sortie il y a quelques semaines, comment te sens-tu ? En es tu fière ?

L’EP est sorti il y a quelques mois maintenant (novembre) pour moi c’était une première étape avant l’album, à ce moment-là j’avais besoin d’un support pour accompagner mes dates de concert. Il m’a permis de faire un point, j’étais encore en plein travail d’écriture donc il y a du bon et du mauvais dans ce premier 4 titres.

Beaucoup de personnes t’ont découverte grâce aux premières parties de Tryo. Être découvert par la scène est-ce plus gratifiant que si cela l’avait été par les ondes ou le Net ?

Je trouve cela plus réel, il y a un contact direct avec les gens, on ne peut pas tricher sur scène.

N’est-ce pas intimidant de se retrouver devant autant de spectateurs en tout début de carrière ?

C’est terrible et à la fois très fort, j’ai beaucoup appris de ces concerts !

Ton EP montre un univers très contrasté, si on oppose Le monstre à Where did you sleep last night par exemple. Est ce qu’on va retrouver autant de diversité dans ton album ?

Comme je l’expliquais précédemment, ce premier EP a été fait en pleine période d’écriture, donc il y a des chansons plus anciennes, comme Le monstre, qui n’apparaîtront pas sur l’album, et cette reprise plus folk plus intime, qui me tenait à cœur à ce moment-là. L’album sera varié sans qu’on s’y perde non plus, il sera plein de mélange de voix et de matières sonores…

Certains de tes textes ont un côté joueur, avec des paroles à la fois drôles ou abracadabrantes alors que sur d’autres chansons ta voix va exprimer une profonde mélancolie. Ton côté femme-enfant ?

On peut dire ça comme ça, les textes en français ont une approche assez ludique, mais le fond garde une certaine profondeur.

Tu chantes et écris en anglais et en français. Y a-t-il un style de chanson qui se prête mieux à l’un ou à l’autre ?

C’est avant tout une histoire de ressentie, il n’y a pas une langue pour un style, la musique reste heureusement sans barrière et sans frontière de langue, certaines de mes chansons étaient évidentes en français puis d’autres l’étaient plus en anglais.

Tu as interprété Where did you sleep last night, chanson folk américaine du XIXe siècle reprise par beaucoup d’interprètes dont Nirvana. Qu’est ce que cette chanson représente pour toi ?

C’est une chanson très forte, le texte est assez brut et très frontal, j’aime ce genre d’écriture.

C’est une très vieille chanson de Leadbelly, cela représente une certaine période de l’histoire américaine, c’était un chanteur du Sud avec tout ce que cela peut comporter comme difficulté de vie. Nous sommes en 2010 et cette chanson traverse le temps elle a ce côté assez intemporel, j’ai essayé de me l’approprier, de le ressentir à ma manière, c’est une chanson que j’adore chanter sur scène !

Tu dis avoir une culture musicale plus anglo-saxonne que française… À quoi est-ce dû ?

Je ne sais pas vraiment, les musiques anglo-saxonnes me touchent plus… J’ai toujours été passionnée par la culture anglo-saxonne dans son ensemble (le cinéma, la littérature…)

Si d’un claquement de doigts tu pouvais faire apparaître l’un de tes artistes préférés pour un duo, qui choisirais-tu ?

Joni Mitchell

Quand t’es venu le déclic de passer de l’amour de la musique à l’idée d’en faire toi-même?

J’ai toujours fait de la musique, ça a suivi son cours assez naturellement, je l’ai d’abord étudiée pendant longtemps, puis j’ai commencé à écrire mes propres chansons, à les jouer sur scène et de fil en aiguille la musique a pris la place qu’elle devait prendre dans ma vie. Mais pour moi la musique est plus qu’un métier, c’est une grande histoire d’amour avec tout ce que cela peut comporter !

Lorsque tu parles de ta musique, tu emploies beaucoup les mots « bricoler » ou « bidouiller ». Est-ce dans ta manière de composer ou plutôt dans ton son, qui me fait penser à de la psyché-folk dans cette superposition d’éléments très différents ?

C’est comme cela que j’ai travaillé sur l’album, j’ai été accompagné et aidé d’un garçon très talentueux Sebastien Lafargue (réalisateur de l’album), nous avons beaucoup cherché et « bricolé », « bidouillé », trafiqué les sons, superposé les voix, ce fut un vrai atelier de bricolage caché pendant quelques mois dans notre antre aux mille merveilles.

J’ai eu la sensation en écoutant ton EP qu’il y avait autre chose que de la musique, peut-être à cause de ce côté « bricolé »… On a l’impression d’y distinguer de la matière et des couleurs. Est-ce qu’il y aurait des peintres ou artistes qui te plaisent particulièrement ou t’inspirent ?

Je ne suis vraiment pas calée en art plastique, je m’intéresse depuis peu à la photographie, car je travaille sur les visuels de l’album avec ma sœur qui est une jeune photographe (Elen Sylla) et sur l’EP j’ai travaillé avec un jeune plasticien-chanteur Lenny Mathé de son nom d’artiste Artzen. Par la force des choses je me suis penchée sur le sujet, mais je pense que tout m’inspire, les gens qui m’entourent sont une sacrée matière, les images de dehors, le cinéma, la littérature, je prends tout ce qui vient.

Est ce que tu as d’autres pratiques artistiques que la musique ?

Je ne suis pas une artiste complète, honte à moi !

Est-ce qu’il y a encore un monstre dans ton placard ?

TOUJOURS.

Un mot de la fin ?

Merci à toi et au plaisir de se croiser sur la route !

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En savoir +

Premier EP disponible en digital, titre Le Monstre en téléchargement gratuit sur le site officiel de Madjo.

En tournée dans toute la France.

A propos de l'auteur

Image de : Originaire de Franche-Comté, Eymeric est étudiant dans les métiers du livre à Aix en Provence et prépare les concours des bibliothèques. Il aime le cinéma, pour lequel il préférera toujours l'esthétique au scénario et la littérature quand elle touche à l'intime et au quotidien. Côté musique ses goûts se portent vers la psyché-folk mais aussi vers le trip-hop, version des origines et vers le rock des vingt dernières années, du moment que les guitares sont saturées et qu'elles multiplient les effets. Il s'intéresse également aux médias, à la culture populaire et, avec du recul, à la politique. Blog: http://legendes-urbaines.over-blog.fr/

1 commentaire

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  1. 1
    Stv
    le Vendredi 23 avril 2010
    Stv a écrit :

    J’aime beaucoup la première photo de portrait ! :-)

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