Madeleine Peyroux – Standing on a Rooftop

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On avait découvert Madeleine Peyroux interprète, avec Dreamland, premier album solo qui l’avait révélée en 1996, et surtout Careless Love, huit ans plus tard. Voix sûre, sensuelle, humour généreux et double culture franco-américaine lui ont assuré le succès de part et d'autre de l’Atlantique. Barebones, il y a deux ans, consacrait aussi la compositrice. C’est dans sa lignée que s’inscrit Standing on a Rooftop, qui comptent beaucoup de titres originaux, donc, mais aussi de jolies reprises.

Image de Madeleine Peyroux - Standing on the rooftop D’ailleurs, à regarder la tracklist, on découvre quelques surprises : Peyroux a eu envie de piocher un peu en dehors du jazz vocal des chansons auxquelles elle s’applique à donner une couleur blues, même si elles ne s’y prêtent pas a priori : on trouve ainsi une reprise de Martha My Dear des Beatles, une autre de Dylan (Threw It All Away), à côté des standards de Robert Johnson (Love In Vain), plus attendus. Et pour l’aider à explorer ces territoires nouveaux, la chanteuse s’est entourée de musiciens plus rock que d’habitude. En particulier, elle a travaillé avec Bill Wyman, l’ancien bassiste des Stones, sur plusieurs chansons. Et s’est efforcée de doper les arrangements avec du synthé, de la basse, de la batterie, envoyant valser la simplicité de la simple guitare folk qui suffisait à soutenir sa voix.

Le résultat est très inégal. L’accompagnement peut être rock, mais la voix a du mal à suivre, reste jazzy et assez feutrée ; c’est joli, mais les Beatles en pâtissent tout de même. D’autres fois, on aimerait justement n’entendre qu’elle, quand la mélodie est brouillée par un arrangement trop pompier. Comme si l’ambition était démesurée, que Peyroux, à vouloir s’éloigner un peu du jazz, s’était sentie obliger d’en faire des tonnes dans le gros son rock.

Au contraire, c’est toujours dans la simplicité d’un vieux blues, ou dans des compositions chaleureuses qu’elle excelle. La reprise de “Love In Vain” est ainsi une grande réussite. Et dans les originaux, Fickle Dove ou Standing on the Rooftop convainquent. Dans l’ensemble, de loin pas le meilleur album de Peyroux, ni la meilleure introduction à son travail, puisqu’elle semble ici se chercher. Mais tout de même de beaux morceaux jazzy, parfois au bord de l’easy listening — mais c’est semble-t-il le destin du jazz vocal féminin ces temps-ci.

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Image de : Live from Paris

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