Madeleine Peyroux au Trianon

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De passage à Paris pour défendre son dernier album, Standing on a Rooftop, l’Américaine retrouve la ville où elle s’est formée musicalement, dans sa jeunesse bohème, en jouant dans les rues. Et est décidée à lui rendre hommage.

En effet, si ce sont les titres du dernier album qui constituent l’essentiel de la setlist, Peyroux réserve aussi quelques surprises, comme une Javanaise reprise de Gainsbourg, qu’elle avait enregistrée en studio pour Half The Perfect World, et J’ai deux amours en final. Images d’un Paris de pacotille qu’affectionnent les Américains, et que Peyroux nous sert comme elle le ferait à un public de Brooklyn… sauf qu’elle, Paris, elle connaît vraiment. Et si elle a voulu en garder cette image un peu passéiste et amélie-poulinesque sur les bords, après tout, c’est sans doute parce qu’elle a correspondu à sa réalité, lorsqu’elle chantait pour des touristes américains vers le Sacré-Coeur dans les années quatre-vingt-dix en essayant de grapiller quelques sous.

Entourée d’un groupe complet, quatre musiciens, elle livre un show plus rock, comme on s’y attendait après l’écoute de Standing on a Rooftop. C’est d’ailleurs au début du concert qu’elle interprète Martha My Dear des Beatles, histoire de donner le ton. Et ce qui laissait parfois des doutes sur l’album devient plus convaincant sur scène, grâce à la très forte présence de l’interprète, dont la voix prend de l’ampleur où il faut – alors que ça lui avait un peu manqué en studio.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, Peyroux reste une chanteuse de jazz, et ses musiciens aussi se prétendent un peu jazzeux – même si les quelques impros dans lesquelles ils se lancent sonnent comme des exercices obligés et purement scolaires. Ils sont un peu envahissants, parfois, et les arrangements restent le gros problème des nouvelles chansons. Quand le piano est remplacé par un synthé beaucoup trop fort par rapport au reste, ça gâcherait même presque la chanson (Meet Me In Rio).

C’est sur la fin que Peyroux donne le meilleur d’elle-même, avec Ophelia et surtout le superbe Dance Me To The End Of Night. Cette grande brune qui ne danse pas, ne sait pas quoi faire de ses mains, aurait l’air gauche dans n’importe quelle autre situation, mais sur scène, visiblement, elle se sent bien, et le fait généreusement savoir.

Crédits photo : Mary Ellen Mark

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Image de : Live from Paris

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