M83 | Gaîté lyrique | 30.11.2011

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Alors c'est ça l'ivresse musicale. Cet état second que l'on atteint en plein live et qui transporte ailleurs. La transe avait déjà frappé à ma porte, elle l'a fait d'une manière différente cette fois ; plus subtile, plus saine. La musique par laquelle elle est venue, c'est celle d'Anthony Gonzalez, un musicien français plus connu sous le nom de M83. Ça s'est passé le 30 novembre 2011 à la Gaîté lyrique.

En guise d’amuse-bouches, Hannah a joué pendant quarante minutes avec le sourire. Hannah, c’est Emmanuel au chant et à la guitare (acoustique et électrique), Laurent à la batterie et aux chœurs. Leur folk nerveuse est minimaliste, mais sophistiquée. Et entre les ballades charmantes et les compositions plus énergiques, ils ont interprété une étonnante reprise de Kiss. Néanmoins, aussi complices soient-ils, ces Niçois ont encore du chemin à faire pour trouver leur identité.

Après des années à écouter la magistrale électro rêveuse de M83 dans mon iPod (et puisque j’avais déjà vu la légende Paul McCartney à Bercy en 2009), je me suis décidée à découvrir l’artiste sur scène. L’angoisse. Savoir qu’une fois l’heure et demie de concert passée, je serai en manque. Et ça s’est déroulé exactement comme je l’avais prévu : de l’intensité, un peu de génie, beaucoup de modestie, des souvenirs merveilleux et l’envie d’aller à La Cigale le 15 mars 2012.

Malgré les problèmes techniques, Anthony Gonzalez et ses musiciens étaient heureux d’être à Paris et ont partagé leur bonheur avec un public conquis. La chanteuse américaine Morgan Kibby a charmé la salle de sa voix époustouflante, le jeune bassiste a impressionné de son aisance, et le batteur, discret, a honoré les compositions incroyablement pures et profondes d’Anthony.

Du parfait dernier double album, Hurry up, We’re Dreaming, ils ont joué Intro, les entraînantes Reunion et Claudia Lewis, les survoltées Year One, One UFO et This Bright Flash, l’indescriptible Steve McQueen et la vaporeuse Wait. De son précédent album, Saturday = Youth (2008), on a eu droit à la jolie Kim & Jessie et à une version ambitieuse et transcendante de We Own the Sky. Enfin, de Before The Dawn Heals Us (2005), ce sont l’enchanteresse Teen Angst et la post-rock A Guitar and a Heart qui ont fini de ravir les mélomanes.

Quant au rappel… Difficile de faire plus stupéfiant. Skin of the Night et Couleurs de Saturday = Youth ont provoqué ce sentiment d’invulnérabilité et de bien-être qu’ont aurait voulu éternel. Pourquoi le concert ne s’est-il pas prolongé sur la nuit entière ? Après avoir sérieusement abîmé une enceinte et la grosse caisse avec sa guitare, Anthony est parti rejoindre la réalité.

Au milieu de tout ça, il y a eu Midnight City. Une composition aussi douloureuse qu’apaisante, qui parle au corps et à l’esprit, qui fait tantôt sourire, tantôt pleurer, mais qui va à chaque fois chercher les émotions les plus enfouies. J’ai cette impression étrange qu’on aurait arraché un morceau caché de moi pour créer cette merveille de sensations, et que je ne pourrai jamais m’en lasser, car c’est un peu de mon existence qui se joue entre les notes de musique.

Anthony Gonzalez aime écrire des musiques de film ; il a écrit la bande originale de ma vie.

Crédits photo : STV

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A propos de l'auteur

Image de : Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

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