Lust, caution

par |
Lust, caution est un film unique qui vaut le détour. Le jury de la 64ème Mostra de Venise ne s’y est d'ailleurs pas trompé en lui décernant le Lion d’Or, alors que son réalisateur, Ang Lee, l’avait déjà reçu il y a deux ans pour "Retour à Brokeback Mountain".

lustJ’ai quitté la salle de cinéma il y a quatre minutes et je n’ai pas vu le temps passer. Nombreux sont les films de plus de deux heures qui n’arrivent pas à captiver le public (surtout moi). Assurément celui-ci n’en fait pas partie.

Ce film (qui serait inspiré d’une histoire vraie) est l’adaptation d’une nouvelle parue en 1950. Durant la Seconde Guerre Mondiale, un petit groupe d’étudiants Chinois forme une troupe théâtrale, jouant des pièces patriotiques alors que la Chine est en partie occupée par les Japonais. Très vite ils décident d’assassiner un important personnage, Mr Yee, qui collabore avec les Japonais. Pour ce faire ils chargent Wong d’approcher Yee et de le séduire. Mais naturellement les choses ne seront pas aussi simples qu’elles en ont l’air.

Dans ce film pas d’explosion spectaculaire ni d’actes héroïques. Les personnages sont des femmes et des hommes, rien de plus. Rien de moins. Ce sont des personnages profondément humains, avec leurs sentiments et leurs doutes. Pendant près de 2h40 le spectateur suit Wong et découvre sa détermination mais aussi ses hésitations grandissantes. Une actrice sobre pour un film tout aussi sobre. Ici pas de pleurs hollywoodiens, pas de violons intempestifs pour signaler la pause mouchoir.

Tiraillée entre un amour naissant et un profond patriotisme, Wong va chercher à ne prendre parti ni pour l’un ni pour l’autre, à préserver l’homme qu’elle découvre pour oublier le monstre qu’elle doit assassiner.
Place belle est faite aux silences, souvent plus expressifs que les mots eux-mêmes. Ce film est d’un autre temps, de celui où Humphrey Bogart disait à Ingrid Bergman de s’enfuir seule à la fin de Casablanca .

On ne peut pas parler de Lust, caution sans évoquer ses scènes de sexe; là encore la sobriété est de mise, pas de simulation excessive, pas de voyeurisme déplacé. Elles ne sont pas là pour céder à la demande d’un public toujours friand de sueur et de gémissements, elles font partie intégrante du film et lui apportent une dimension toute particulière. L’adjectif qui vient à l’esprit pour qualifier ces scènes est beau, et c’est l’impression générale que me laisse le film.

Par conséquent je ne peux que vous inciter à foncer dans le cinéma le plus proche. Lust, caution, ou comment redonner espoir aux amateurs de Cinéma.

- -

En savoir +

Site officiel :

http://www.lustcaution-lefilm.com

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article