Lonah

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Si nous avions déjà évoqué ce groupe il y a quelques semaines, c'est à l'occasion de la sortie de leur nouvel album "Au Fond du temps", que je me suis moi aussi intéressée de près à ces énergumènes. Eric Debeir et Raphaëlle Fortier ont donc gentiment accepté de se prêter au jeu des questions-réponses.

lonah-2Ah l’éternelle complexité de parler d’un groupe comme Lonah … À moins que la complexité réside justement dans le fait de parler AVEC un groupe tel que Lonah ? Retardée par deux maladies (une pour moi, une pour Eric, un partout, la balle au centre) et un nombre considérable de lapins posés par moi-même (j’ai honte), cette interview revient de loin. Mais ça y est, je la tiens… là devant mes yeux elle en clignote d’impatience.

Ô Lonah, parle-nous donc de ton nouvel album ….

Qu’aimeriez-vous que je dise sur Lonah ?

Eric : Que c’est une chouette aventure pleine de graphismes curieux, d’harmonies stupéfiées et d’autres aberrations diverses sous couvert d’activité artistique.

Parlez-moi un peu de la génèse de cet album, comment ça s’est passé ?

Eric : Ca s’est déroulé assez vite. Pour revenir aux sources, le premier album était plus un caprice réalisé pour le plaisir qu’autre chose. Ce n’est qu’après coup, au vu des téléchargements, des passages radios et autres, que nous nous sommes rendus compte que ces harmonies voulaient plaire.
Le second album s’est donc lancé dans la foulée du premier avec pour objectif d’offrir réellement douze harmonies de qualité et de s’enlever l’étiquette amateur du front.

Pourquoi ce titre ?

Eric : Au fond du temps vient du poème Mascha riait aux anges duquel nous nous sommes inspirés pour l’un des morceaux de l’album. Le sous titre estrella sin cara est né lors d’une nuit vieillissante à trinquer avec mon cerveau, sans raison autre de ce que l’image nous plaisait beaucoup.

Lonah ce n’est pas QUE sonore, c’est aussi un univers très graphique. Quelles sont les influences du groupe, autant musicales que visuelles ? En quoi cela vous sert à la composition ou à faire passer votre message ?

Raphaëlle : Je ne pense pas qu’un univers graphique ait réellement servi à la composition ou à faire passer un message sauf à parler de rémanences aussi bien visuelles que musicales. L’idée est que les deux univers se complètent et s’enrichissent l’un l’autre. Après, il ne s’agit pas non plus de figer cet univers, ni d’en tracer les contours. Les images sont bien plus là comme possibles illustrations, laissées à l’attention de qui voudra.

Eric : Autant de moyens d’exprimer les mêmes choses au final. Cela ouvre de nouvelles routes qui vont au même endroit. Tout pareil que ma copine, en fait.

Sur l’ancien album, vous repreniez des textes célèbres, je pense notament au poeme Crépuscule d’Apollinaire, ou à l’extrait de Le roi se meurt de Ionesco. Sur celui-ci vous empruntez un texte à Paul Eluard… Vous manquez à ce point d’inspiration ?

Raphaëlle : Au contraire, je trouve ça tout à fait naturel et sain de s’inspirer d’un poète aussi génial qu’ Eluard ! Autant assumer ses inspirations, non ? Après, on pourra nous taxer de prétendre ajouter notre grain de sel à un poème qui a déjà son rythme et sa musicalité propre et qui se suffit entièrement à lui-même. Mais notre démarche n’a rien de ce goût-là, je crois, puisque le poème est déplacé. Disons qu’il est très difficile et presque risqué de se réapproprier un texte comme Mascha riait aux anges, mais l’idée n’en reste pas moins hyper stimulante si on considère que la poésie doit rester vivante, et qu’un poème d’ Eluard dans une chanson de Lonah (ou dans la vie de Nathan ou Brigitte ), ça n’en est déjà plus qu’un avatar dont on offre une interprétation autre, aussi inutile qu’il est inutile de faire de la musique.

Eric : Disons qu’il s’agit là aussi d’un simple hommage. Nous n’avons aucune prétention à mettre le poème d’ Eluard en musique d’une manière universelle, il s’agit juste d’une vision qui nous est propre d’un texte qui nous touchait beaucoup.

Y a-t-il un titre qui vous tienne plus à coeur qu’un autre ?

n3_pti Raphaëlle : Pour ma part, deux titres ont peut-être une résonnance plus particulière que les autres : Mascha et A nuestros huesos . Le premier a maintenant un an, et a vraiment marqué un tournant pour moi (et, oui, je sais, c’est vachement cliché) dans le sens où j’ai commencé à comprendre ce que je foutais là et comment j’avais envie de voir et de faire évoluer le projet de Lonah. Le second titre, A nuestros huesos, me tient à coeur différemment : sans pouvoir vraiment l’expliquer j’ai une vision limpide de ce morceau, et par ailleurs, j’ai spécialement accroché au rythme qu’ Eric avait mis en place auquel j’ai tout de suite été sensible.

Eric : A nuestros Huesos sans aucun doute, il s’agit du morceau où j’ai essayé d’aller le plus loin possible dans le grand écart délicat entre la masturbation neuronale appliquée et la masturbation harmonique desappliquée.

La plupart des titres de Au fond du temps ont un rythme plus marqué que sur les morceaux de l’album précédent. On sent également une plus grande cohérence entre les morceaux malgré leurs différences.

Eric : Assez d’accord. D’une manière générale, nous avons débuté sur l’album pièces qui, de fait, était bourré de défauts de débutants. Celui-ci est beaucoup plus travaillé et est beaucoup plus digne de ce que nous voulions pouvoir exprimer. Après, qu’il soit plus rythmé vient d’une conjonction non dénombrable de faits, entre des harcèlements de chroniqueuses par msn (fais pas ton innocente), pas mal de découvertes personnelles sur le plan musical, l’arrêt du tabac, la reprise du tabac, et la volonté profonde et mystique de faire de la musique sur laquelle on puisse passer l’aspirateur en sautillant.

Vous avez choisi, un peu comme pour le premier album, une diffusion hors du commun, pouvez vous en dire quelques mots ?

Eric : Bon, ça a pas mal tangué durant les derniers mois vu qu’on joue un peu aux pionniers en matière d’organisations bordéliques mais nous y sommes. Il y aura donc deux diffusions de cet album, la première au format mp3 sur la plate forme de notre producteur, fourStep, qui durera un an au bout duquel l’album sera diffusé gratuitement en Creative Commons . De l’autre côté, nous sommes en train de finir un livre album d’une trentaine de pages qui lui sera en vente sur le site de Lonah et permettra d’offrir sur un même objet l’univers graphique et l’univers musical qui nous est cher. Suite à de très longues explorations dans l’univers merveilleux des imprimeurs, nous estimons actuellement à 12? sans les frais de port le prix de l’objet qui sera vendu au goutte à goutte dans un premier temps.

Quelles sont les prochaines étapes à présent ?

Raphaëlle : Conquérir le plus de scènes possibles et commencer à s’attaquer au troisième album. Un horizon plus que plaisant en fait.

Qu’est-ce que je peux vous souhaiter ?

Eric : Du bonheur, le sens de la vie, une bonne journée, quelques heures de sommeil en plus, l’épanouissement stupéfié, l’amour réciproque entre mon chat et moi. Un café aussi, j’ai besoin d’un bon café là.

En savoir plus +

Site officiel: www.lonah.net

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A propos de l'auteur

Image de : Normande bientôt trentenaire, intervieweuse en pointillé, en particulier dans le domaine musical ou littéraire. Sais coudre et tricoter, jouer de la batterie et organiser des tournées. Bah oui, on peut avoir l'air cool ET broder, surtout si on en fait son gagne pain : http://www.broderieduphare.kingeshop.com

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