Liza Manili | Scopitone | 15.09.11

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Le Scopitone est bondé. Autour du bar, assis aux tables, regroupé de-ci de-là, le public prête une oreille distraite aux deux jeunes hommes qui donnent le meilleur d’eux même pour assurer la première partie.

Désolé messieurs, mais vous n’êtes visiblement pas ceux pour qui tous ces gens se sont déplacés. La star de la soirée en effet c’est Liza Manili, accompagnée pour l’occasion du groupe au complet : une guitare, une basse, deux synthés et une batterie. L’effet Liza ne se fait d’ailleurs pas attendre. À peine a-t-elle pointé le bout de son joli minois que la foule se range sagement face à la scène, prête à suivre les ballades entraînantes de la timide brunette.

Dansant d’un pied sur l’autre face à son micro, Liza semble la première étonnée du monde qui s’agglutine face à elle, nous charmant tous par ce naturel qu’elle n’a jamais perdu malgré le chemin parcouru.

La voix câline s’envole alors, soutenue par les touches aiguës des synthés, les vibrations graves de la basse, et la rythmique réglée de la batterie et de la guitare électrique. Le son est bon, les morceaux coulent et s’écoulent sans fausse note. Lorsque la chanteuse annonce « alors la prochaine chanson je l’ai écrite à 17 ans sur la plage à Biarritz » et qu’à la fin du morceau elle répète « Heu… désolée en fait c’est ce morceau que j’ai écrit à 17 ans à Biarritz » le public rit de sa maladresse assumée.

En effet, même si Liza ne parle pas beaucoup avec son public chacun de ses échanges résonnera comme des apostrophes de vieux copains de lycée. Tous ces amateurs mélomanes réunis ce soir sont déjà conquis, et c’est finalement ce qui pêche un peu au niveau de la prestation scénique.

Les maracas posés aux pieds de la chanteuse ne serviront pas plus de cinq minutes sur l’ensemble de la prestation, et Liza ne détachera son micro du pied que pour la chanson Le petit train, et ne parlons pas des claquements de mains qui viendront difficilement rythmer les quelques secondes perdues.

Dans un endroit comme le Scopitone, sur cette petite scène si intimiste, dans des conditions de qualité de son et d’attention du public aussi parfaites que ce jeudi, j’en attendais un tout petit peu plus de la chanteuse strasbourgeoise. Liza pétille, mais oublie d’exploser, elle sautille derrière son micro alors qu’on a qu’une envie c’est de la voir s’envoler. Finalement en moins d’une heure le set est bouclé. Le public d’amis est heureux, ils vont retrouver la star au bar, mais pour ceux qui venaient pour une performance scénique il manquait un petit quelque chose pour atteindre la mention très bien.

Après avoir fait mine de sortir de scène, pour finalement y rester, elle finira par lancer : « Bon, ben on dit qu’on est sorti de scène là, donc ben vous faites du bruit pour qu’on revienne… Plus de bruit ? Bon OK, on en fait une autre ».

Une prestation fraîche et de qualité donc, mais qui laisse un goût de bloody mary dont on aurait oublié le tabasco.

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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