Lives au Pont – Jour 1 : Rock, pop et electro viennent se rencontrer au Pont | 12.07.2012

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Ce jeudi 12 et vendredi 13 a lieu la seconde édition du festival Lives au Pont situé entre Nîmes et Avignon mais qui a surtout la particularité de prendre place non loin d’un monument historique et antique : le célèbre aqueduc romain gardois si communément appelé le Pont du Gard.

Après avoir accueilli Aloe Blacc, Raphael Saadiq, Belleruche, Hocus Pocus, ALB, The Bewitched Hands, Yuksek, Nicolas Jaar, Miss Kittin, Carl Cox et Chris Liebing ainsi que Busy P & DJ Medhi lors de sa première édition, autant dire de la belle affiche, cette année on pourrait presque dire qu’ils font encore plus fort avec rien de moins que The Kills, Metronomy, Sébastien Tellier, Pony Pony Run Run et Citizens! rien que pour la première soirée.

Olivier Audouy

Mais avant il faut se taper des bouchons dans la petite ville de Remoullins où ça peine à avancer entre les touristes et les festivaliers arrivant de tous horizons. Remoullins a le « malheur » d’être à la croisée des chemins entre Nîmes (ouest), Avignon (est) et Alès (nord). Une fois l’épreuve passée, on arrive enfin sur les lieux. On est accueilli par le bon son electro-techno-disco des DJs  et label marseillais de la Dame Noir qui rythmeront aussi les changements de scène plus tard dans la soirée.

Citizens! chauffe la piste

Signé chez les français de Kitsuné et produit par rien de moins qu’Alex Kapranos, le leader de Franz Ferdinand, ils viennent juste de sortir « Here We Are », leur premier album. Ces cinq garçons originaires de Londres ont tout de la machine à danser bien anglaise, avec plein de petits bombinettes pop en stock. Elles ont peut-être tendance à sonner très Franz Ferdinand, il faut l’avouer, mais sans tomber dans la copie.

Cédric Oberlin

En live, si le son est propre malgré la voix haut perchée du chanteur qui réussit à rester toujours juste, la performance est, elle, gentillette. Contrairement à leurs ainés auxquels on les compare, ils ne parviendront pas à décoller très haut aujourd’hui en dehors des tubesques Reptile et de True Romance. On notera aussi la très sympathique (I’m in Love with Your) Girlfriend pleine de percussions.

On sent que le groupe a du potentiel. Avec un peu d’expérience – après tout ils sont tout jeunes et à leur débuts – et quelques remodélisations de leurs chansons pour le live, ce groupe deviendra très probablement un grand groupe.

Pony Pony Run Run, mouais mouais bof bof

Un appel se fait entendre avec une longue introduction électronique sans le groupe sur scène. On se rapproche et voilà les  Nantais de Pony Pony Run Run. Le chanteur arrive avec un T shirt bleu avec un col en V, un chapeau safari et des lunettes de soleil. Oui, on est dans le sud, il fait beau et chaud et en plus le soleil se couche doucement en aveuglant tout particulièrement la scène.

Olivier Audouy

Première fois qu’il m’est permis de les voir, le groupe donne vraiment l’impression de se retrouver devant un groupe de new wave, à la Depeche Mode, avec une voix moins grave et une ambiance moins sombre, bien sûr, mais le tout à la sauce pop actuelle. Le public a l’air plutôt réceptif, pas assez au goût du chanteur qui le sollicitera souvent cependant. Mais il faut dire que la musique ne décollera pas bien haut, il fait encore jour, et seuls les passages bien electro au double synthé animeront les premiers rangs.

L’occasion de remarquer qu’il suffit de pas grand-chose pour recevoir plein de poussières dans l’air, pas agréable du tout.

Heureusement la fin du set sera bien plus intéressante, ce qui fera monter l’ambiance et les mains avec l’excellente Everytime I Go issue du dernier album sorti fin février, la désormais classique et indispensable Hey You ainsi que l’agréable Walking On The Line en guise de chanson finale.

Rejoignons l’alliance bleue avec Sébastien Tellier

Tellier avait l’air attendu, il est en tout cas fortement acclamé à son arrivée sur scène, aussi spectaculaire qu’exagérée, debout, les bras levés sur un petit promontoire au fond de la scène.

« L’alliance bleue accueille tout le monde » annonce-t-il avant de commencer. Pour ceux qui n’ont pas suivi l’actualité, l’ »alliance bleue » est une genre d’association de réflexion créée par Tellier avant la sortie de son dernier album, My God is Blue. Après la politique, l’enfance et la sexualité, il s’attaque donc à la spiritualité. Avec sa grosse barbe on pense forcément qu’il en est le gourou, mais il n’y est qu’un explorateur parmi d’autres.

Cédric Oberlin

La nuit vient de tomber et c’est parti pour un long set alliant douceur electro-pop, proche d’Air dont l’illustre barbu est d’ailleurs lui-même un fidèle,  et morceaux electro très French Touch où viennent s’ajouter piano et paroles lentes.
Ce soir on aura droit à une bonne partie de ses grands tubes, La Ritournelle qui ouvre à la perfection, Cochon Ville qui fera tomber le haut à pas mal de personnes dans le public dès le début du set, une chanson marrante sur les poissons même si dans le sud on est plus pêche aux moules apparemment dixit le public, Sexual Sportwear « parce que les gens aiment la baise », Divine qui n’oubliera pas de nous faire aimer nos mamans, etc… Tous les albums sont plutôt bien représentés et les chansons parfaitement taillées pour le live en dehors de certaines, un peu trop longues.

Au-delà des chansons et de son talent à faire des chansons easy-listening en live, presque des hymmes, qui mettront vite le public dans sa poche, c’est surtout le personnage de Sébastien Tellier qui achèvera de convaincre les plus réfractaires. Un être amical et sincère au charisme indéniable qui en s’adressant à nous nous ouvre en grand les portes de son univers. Il introduit toujours ses chansons de sorte d’éveiller notre curiosité et ainsi garder notre attention. Et il faut avouer qu’il a l’air de rayonner sur scène entouré de ses 2 musiciens et de tubes de lumières, même s’il pouvait paraître peut être un peu trop comique et/ou éméché.

Mais peu importe, l’alchimie se fait assez rapidement avec le public, Tellier a l’air de s’amuser. Mais la fin finira forcément par arriver et il nous jouera, visiblement à la demande du public, L’amour et la Violence qui cloturera sur une très belle note ce concert où l’on retrouvera tout le meilleur de son set : bonne electro côtoyant piano et paroles douces et fluides.

« L’alliance bleue vous aime, l’alliance bleue vous aime pour toujours ! Bisous les amoureux ! »

Metronomy progresse

Encore plus attendu, le tour vient au groupe electro-pop Metronomy qui nous avait sorti l’année dernière un excellent album qui sentait l’été à plein nez « The English Riviera ».
Malheureusement nous avions été très déçu par deux concerts donnés l’été dernier. Pourtant dès la première chanson, on pouvait dire que cela n’était qu’un mauvais souvenir. La magie opère dès les premiers instants avec un son plus percutant qu’à leur habitude. On retrouve We Broke Free revisité avec ensuite la géniale The Bay et sa basse orgasmique qui feront danser même les plus coincés d’entre nous. Le clou s’enfonce avec Love Underlined, on monte haut, très haut mais Heartbreaker plus calme et surtout longue et répétitive viendra casser le tout. Seule fausse note heureusement.

Olivier Audouy

C’est l’occasion de constater avec plaisir que le groupe fait de vrais efforts pour bouger, et occuper la scène. Oscar bouge bizarrement par spasmes entre ses notes de synthé quand il n’imite pas un robot ; Joseph, le leader sort de son petit espace micro/synthé avec sa guitare qu’il fera rugir dans des envolées psychédéliques bienvenues ; Le plus énergique sera bien sûr le bassiste plus libre de ses mouvements, il est vrai, avec ses spasmes épileptiques et saccadés en rythme avec ce qu’il joue et qui sollicitera le public à de nombreuses reprises. Anna Prior, la batteuse, ex- Lightspeed Champion, la plus belle de la soirée (désolé les filles) restera par contre sagement derrière ses futs et prendra le micro de temps en temps, notamment sur la magnifique Everything Goes My Way. Sa voix est peut-être trop douce par rapport à celle de Roxane Clifford de Veronica Falls qui chante sur l’album, mais on ne peut pas tout avoir. La magie reste présente.

Le set est énergique, chaque âme se déhanche sur les sons des claviers bien rôdés et de la basse supra entraînante. Les morceaux ont été agréablement revisitées au point d’être leur propre remix. On retrouvera même un medley à la rythmique zouk qui fera danser les filles dans les premiers rangs. Franchement agréablement surpris – le set fut quasi parfait et la performance très au-delà de nos espérances - Metronomy nous a enfin servi ce que nous appelons un vrai concert.

The Kills au top de sa forme

Même chose pour The Kills qui nous avez très fortement déçus l’été dernier à Rock en Seine, juste après la sortie de leur dernier album. Ce soir, on leur redonne une chance et pour couper court, ce fut un concert fantastique.

Le duo commence directement par l’incroyable No Wow, et dès les premières mesures c’est parti, la guitare rugit, Alison, qui adopte à présent des cheveux roses, nous montre qu’elle est au top et que ça va remuer ce soir.

Olivier Audouy

La formation live comporte aussi à présent 4 batteurs qui participent beaucoup à l’ambiance sur scène en tambourinant avec classe, lancant leurs baguettes en l’air, faisant des croix, et bien d’autres choses. Alison, elle, est intenable, occupe la scène comme personne, plus féline et sensuelle que jamais. Jamie, toujours aussi charismatique et classe à la guitare, jouera même les justiciers en faisant virer un vieux qui avait l’air d’harceler une jeune fille au premier rang. Ça l’avait tellement dérangé que ça l’a déconcentré pour la chanson suivante qu’il coupera un court instant.

Le set lui est impeccable, on retrouve un bonne partie des grands classiques, comme Kissy Kissy qui sent bon le sable et l’essence, Black Balloon qui nous fera taper dans nos mains en rythme, le moment sentimental avec The Last Goodbye, la percutante Pots and Pans où le rythme martial des batteries ira crescendo, et j’en passe. Je vous invite d’ailleurs à consulter la setlist que je vous ai faites en dessous.

La part belle sera bien entendue faite aux deux derniers albums mais le set finira sur deux surprises, des vieilles chansons extraites de leur premier album « Keep On Your Mean Side » avec Fuck The People et Monkey 23 aussi sauvage qu’auparavant. Et bien sûr, quand le groupe s’en va, c’est pour ne pas revenir.

Contrairement à la chanson qui a ouvert leur concert, on est en droit de dire WOW!

2h du matin passé, on est sur les rotules mais il est temps de vite rentrer et de dormir, parce que nous y retournons pour la seconde soirée. Birdy Nam Nam, Selah Sue, De La Soul, Breakbot et Emilie Chick s’y succèderont sur la grande scène.

Photos : Olivier Audouy et Cédric Oberlin

Cédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyOlivier AudouyOlivier AudouyOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinCédric Oberlin

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A propos de l'auteur

Image de : Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

2 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 16 juillet 2012
    Willow a écrit :

    Salut
    Merci pour cette chronique : j’y étais aussi, et je partage tout …
    je trouve que ce festival est nickel et notamment pendant les changements de groupe. Les DJ étaient fabuleux et ne faisaient rien redescendre.
    D’ailleurs, sais-tu qui mixait ?

  2. 2
    Cédric
    le Lundi 16 juillet 2012
    Cédric a écrit :

    Mais de rien, me suis bien éclaté aussi.

    Pour ceux qui mixait, c’était les DJ de la Dame Noir pendant cette première soirée, un collectif marseillais qui mixe dans une salle de la boîte Trolley Bus sur le Vieux Port. Et pour la seconde soirée c’était DJ Soulist.

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