Little

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Du haut de ses 21 ans, la petite Little, Aurélie Nguyen de son vrai nom, a déjà tout d'une grande. Découverte sur Myspace grâce notamment à sa « Chanson de filles », elle nous livre aujourd'hui son premier album, un disque éponyme fait de mélodies pop-folk douces et sucrées que l'on aime à fredonner en toute simplicité.

Car c’est sans doute le naturel de cette jeune chanteuse, tant dans sa musique que dans ses textes, qui touche avant tout l’auditeur. Telle une « poupée de cire, poupée de son » des temps modernes, Little nous plonge dans un univers des plus attachants, aux couleurs des espoirs et des doutes d’une jeune fille qui vit avec son temps. Rencontre avec la nouvelle étoile de la pop made in France.

Ton premier album est sorti le 7 avril. Dans quel état d’esprit es-tu ?

little-3 Little : Je suis très excitée. Ça fait bientôt un an qu’on travaille sur l’arrangement des chansons et je me suis impliquée à fond à tous les niveaux dans la réalisation des morceaux. Cet album, c’est le mien, même si beaucoup de gens ont travaillé dessus.

Tu as collaboré avec Ludovic Bource qui a, entre autres, bossé sur la BO du film OSS 117. Qu’est-ce qu’il t’a apporté ?

A la base, mes chansons étaient guitare/voix, plus par défaut que par choix, même si pour moi une chanson est vraiment bonne si elle tient la route en version guitare/voix. Mais ce que je voulais pour mon album, c’était des chansons plus folk, plus catchy, c’est pour ça que je voulais absolument des arrangements dessus. J’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont proposé des choses très bien, mais, avec Ludovic, je me suis tout de suite dit « c’est lui que je veux ! ». Il avait tout compris. On parlait de chansons en image. Il a fait des études de cinéma et moi des études de graphisme. Je ne m’y connais pas beaucoup en sons et en instruments donc quand je jouais une de mes chansons, parfois je me disais : « non, là, j’aime pas, c’est trop pailleté. Je préfèrerai quelque chose de plus mate. » Et il comprenait où je voulais en venir.

Qu’as-tu retenu de ton passage en studio ?

C’était du travail avant tout. Donc je ne me suis pas dit : « Oh, c’est cool, on est en studio ! » On avait des chansons guitare/voix, il fallait en faire un album, un vrai, comme à la télé quand on voit les gens enregistrer avec leurs casques et tout. En même temps, c’était marrant parce que je voyais les grosses machines comme dans les films ou comme dans Popstar quand Maxime Nucci enregistrait l’album des L5 ! Avec des bêtes de micros à propos desquels on te précise : « Tu sais, ça vaut le prix de onze voitures ! » Mais il fallait avant tout sortir quelque chose de bon. La maison de disques a quand même misé sur nous donc il ne fallait pas les décevoir.

Tu as été découverte par le biais de Myspace. Que penses-tu de ces nouveaux moyens de communication ?

Je pense que c’est une chance pour les artistes en devenir qui ont peut-être pas les contacts et pas non plus le bon matos pour enregistrer et graver un CD. Grâce à Myspace, il suffit que tu aies un ordinateur avec un micro dessus et c’est bon, tu peux jouer tes chansons. Si elles sont vraiment bien, les gens viendront les écouter. Ça reste un outil. Après, j’ai pas connaissance d’un artiste qui a fait carrière uniquement en mettant en ligne quatre chansons sur sa page Myspace . Il y a toujours l’étape de l’enregistrement d’un album.

D’où vient ton nom de scène ?

C’est un surnom que j’avais déjà avant de faire de la musique. Même quand j’ai fait ma première page Myspace, je ne me suis pas posé la question quant à mon nom de scène. Comme mon surnom a toujours été Little, j’ai choisi de le garder.

Est-ce que ce nom est en rapport avec ta « petite » taille ?

Oui, c’est vrai. Disons que je suis un peu plus petite que la moyenne de la population ! ( rires )

Ton album a un petit côté retro, proche de la pop des années 60/70, à l’époque des yéyé où les filles portaient des couettes. Est-ce que c’est une couleur que tu voulais donner à ton disque ou bien ça s’est fait au fil des arrangements sur tes chansons initiales ?

C’est une époque que j’aime beaucoup parce qu’un peu insouciante. Les artistes faisaient des chansons pour le plaisir de la musique. Il n’y avait pas de classification des genres. Et pour la plupart, c’était des bons morceaux. Je pense notamment aux chansons toutes mignonnes de France Gall . C’est un peu un hommage à cette époque-là. Et, en plus, ça tombait bien parce que je voulais quelque chose de très précis pour mon disque, mais je ne savais pas quoi ! Donc j’avais beau parler de paillettes, c’était assez flou. On a un peu tout essayé, et c’est vrai que ces sons-là me correspondaient et collaient à la couleur que je voulais donner à l’album.

Quelles sont tes influences majeures ?

little2La plupart du temps, les artistes qui me marquent sont ceux qui parviennent à faire des chansons faciles à écouter et que l’on retient facilement. C’est pour ça que j’ai été inspirée par l’époque des yéyés. C’est pareil pour les chansons des Beatles qui, au-delà des arrangements, ont des mélodies imparables que tu peux chanter sous ta douche. Quand j’ai commencé à écrire, j’écoutais beaucoup Avril Lavigne . À l’époque, j’avais 14 ans. Ce qui m’impressionnait chez elle, c’est qu’à 17 ans, elle écrivait toutes ses chansons toute seule et elles sont toutes devenues des tubes internationaux. Donc c’est vrai que ça m’a donné l’envie d’essayer.

Comment as-tu composé cet album ? Quels sont tes thèmes de prédilection ?

Dans mes chansons, j’aime bien reprendre des thèmes universels qui sont déjà exploités dans des milliards de chansons : les chagrins d’amour, j’aime une fille qui ne m’aime pas, ce garçon me plait mais j’oserai jamais aller lui parler, mais aussi d’autres sujets un peu plus graves comme la maladie. Cependant, j’ai pas envie de parler de ces thèmes plus durs d’une façon dramatique parce que pour moi la musique, en tout cas celle que je veux faire, doit rester avant tout divertissante. C’est pour ça que je fais un gros travail sur les mots que je choisis pour qu’on puisse comprendre plusieurs choses à la fois. Pas mal de mes textes ont un double sens. Ce sont des thèmes un peu clichés, sortis tout droit d’une série ou d’un film, mais aussi des histoires que me racontent mes copines et, au final, je crois qu’on a tous vécu une fois quelque chose que j’exploite dans mes morceaux. Néanmoins, quand j’écris mes chansons, je ne me rends pas compte de l’impact qu’elles peuvent avoir. Je ne me dis pas « je vais écrire des chansons pour qu’elles parlent à tout le monde ». J’écris juste des choses qui me touchent. Je suis une fille assez banale dans le sens où je suis comme toutes les filles de mon âge : à 15 ans, je regardais Buffy et j’écoutais Britney Spears . J’ai grandi avec ça et du coup j’en parle.

Est-ce que tu as déjà pensé à chanter en anglais ?

little3La première chanson que j’ai écrite était en anglais. Elle était toute pourrie ! C’était genre : « I love you in the back of the door of my heart ». C’est vrai que naturellement j’avais commencé à écrire en anglais. J’écoute plus de chansons anglo-saxonnes que de chansons françaises et, surtout, c’est pas un scoop, les morceaux sonnent souvent mieux en anglais. Mais le français est une langue avec beaucoup de nuances et qui comprend des mots avec une consonance très jolie. La poésie française est quand même très élaborée. C’est difficile de chanter en français, mais, quand tu y arrives, t’es super content. Donc ça fait partie de moi aussi. C’est pour ça que j’ai voulu mélanger ma façon d’écrire anglo-saxonne à la langue française qui m’est chère.

Tu as déjà fait pas mal de premières parties : La Grande Sophie, Renan Luce et bientôt Sébastien Tellier. Qu’est-ce que la scène symbolise pour toi ?

Sur scène, j’apporte tout le temps quelque chose de nouveau à mes chansons. C’est pas comme en studio. À chaque fois, c’est différent. Ça dépend de l’humeur dans laquelle tu es quand tu interprètes une chanson. C’est ça qui est vraiment cool. Je pourrais jouer tous les soirs les mêmes chansons, je ne m’en lasserais pas. J’ai toujours un peu de trac sur scène, mais j’ai la chance d’avoir un trac qui ne me tétanise pas. C’est un honneur de faire la première partie de Sébastien Tellier parce que c’est un personnage ! Je ne l’ai pas encore rencontré, mais je pense qu’il va beaucoup m’impressionner. Renan Luce, j’ai eu la chance de faire sa première partie l’an dernier et il est vraiment adorable. J’aime beaucoup ce qu’il fait. Il a beaucoup de succès et c’est vraiment mérité.

Avec quel artiste tu rêves de faire un duo ?

Mon rêve, ce serait de faire un duo avec Mick Jagger . Le duo improbable !

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Myspace : http://www.myspace.com/littlemusic‘>www.myspace.com/littlemusic

A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

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