Léz’Arts Scéniques de Sélestat

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Nouvelle formule et pari ambitieux pour Léz'Arts Scéniques de Sélestat qui pour leur édition 2010 s'offrent une configuration inédite avec une affiche plutôt rafraichissante et qui se démarque agréablement dans un été de festivals aux programmations souvent similaires. Motörhead, IAM, Sinsemilia, Ska P, Gojira, Bad Religion, Paradise Lost, le Bal des Enragés et des dizaines d'autres se succèderont à la fin du mois pour 3 jours de fête dans la petite ville de Sélestat située entre Strasbourg et Colmar.

Pensé et fignolé dans ses moindres détails par l’association Zone 51, il est la preuve qu’il est encore possible de faire un festival de manière artisanale dans le sens noble du terme comme l’illustre cet entretien avec Laurent Wenger, Directeur Artistique du festival et passionné avant tout.

Tout d’abord peux-tu nous dire quelques mots sur toi et sur ton rôle au sein de l’organisation du festival ?

Le festival Léz’Arts Scéniques est conduit par l’association Zone 51 qui est une activité à l’année. Je suis le Président de l’association ainsi que le directeur artistique du festival et le régisseur général. Zone 51 existe officiellement depuis 98. Et depuis tout ce temps, on organise des concerts, plus spécifiquement en Centre Alsace et principalement sur Sélestat. Le festival existe depuis 2001. Entre 1998 et 2001, on a organisé pas mal de concerts, en s’occupant également de la gestion de locaux de répétitions, et en 2001 est vite venue l’idée d’organiser une manifestation regroupant et partageant le temps d’un week-end toutes les musiques qu’on écoute et qu’on essaye de produire tout au long de l’année.

Les éditions précédentes du festival avaient l’air d’assez bien marcher. Pourtant en 2009, vous avez décidé de ne pas l’organiser, de prendre une année de break pour revenir cette année avec une nouvelle formule. Pourquoi cette remise en question ?

Je voudrais souligner plusieurs choses. Tout d’abord, le festival n’a pas « toujours » bien fonctionné. Humainement parlant ça a toujours bien fonctionné sinon on aurait très vite arrêté. On est particulièrement sincères à ce niveau-là. À Zone 51 quand on ne le sent pas, ou que ça nous gave on ne fait plus. Entre 2001 et 2004, le festival était vraiment de petite ampleur. Il faisait son chemin. En 2004 on s’est quand même pris un bouillon sur le manque de fréquentation qui nous a valu un déficit plutôt important puisque c’était plus de 30 000 euros. On a failli mourir avec la structure Zone 51. On a alors décidé de prendre quelques années pour avoir le temps de remonter, pour bosser, pour rembourser les « dettes » qu’on avait. Entre 2004 et 2008, le festival a continué son chemin et on a réussi à arriver en 2008 à équilibrer la manifestation et à éponger ce déficit. Alors, ça peut paraitre curieux qu’on arrive finalement à équilibrer, que ça se passe vraiment bien humainement parlant, qu’on fasse notre meilleure année et qu’on décide de ne pas reconduire en 2009. Les organisateurs de festival ont pour l’habitude d’arrêter quand ça se passe mal, quand ils se sont pris une baffe et quand finalement il y a eu un déficit. Nous, on a eu tendance à dire : ça s’est bien passé, restons sur ce résultat positif (j’ai pour habitude de positiver dans plein de choses) et regardons finalement ce qui se passe. Surtout qu’en septembre 2008 il y avait plein de choses qui laissaient entendre que ça ne se profilait pas très bien pour l’industrie de la musique au sens large, et notamment en ce qui concerne le secteur de l’évènementiel avec comme illustration l’envolée des cachets artistiques. Il y a également eu cette crise annoncée en 2009 qui a fait que le public était un peu plus fragilisé.

Donc finalement on a vu juste et ça a été l’occasion pour nous de se remettre en question et de se demander ce qu’on voulait vraiment sur ce projet. En 2008, même si tout s’était bien passé, avec le monde présent sur le festival, on a expérimenté les limites d’un festival en salle, en terme d’accueil, de confort du public et d’organisation. On s’est donc donné une année sabbatique pour réfléchir et également pour se restructurer au niveau de l’association et ainsi aboutir à cette édition 2010. Le choix du site est sensiblement le même, puisqu’on reste sur le complexe des Tanzmatten, mais toute la partie qui nous servait auparavant pour l’accueil du public et des artistes, sera uniquement dédiée à l’accueil artistique. La grande salle de concert qui accueillait plusieurs milliers de personnes avant, sera pour deux tiers des loges artistiques et pour le tiers restant un market destiné au public. Ce sont des nouvelles bases, un nouveau projet même si l’éthique de fond reste inchangée, voire renforcée comme on le montre cette année avec une programmation artistique peu commune pour un festival d’été — même si tous les festivals doivent dire ça.

Il y a-t-il eu de grosses prises de risques sur cette programmation ou avez-vous essayé de les minimiser le plus possible ?

Le budget global a plus que doublé et se monte à plus de 800 000 euros sur cette manifestation. Donc le risque est énorme. Tu te doutes bien (ou peut-être pas) que nous n’avons absolument pas de fonds, donc le risque est grand c’est pourquoi on se bat et on se bouge pour faire en sorte que ce festival ne soit pas comme tous les autres festivals qu’on peut trouver dans le Grand Nord. On a de l’artistique qui est en date unique ou qui ne tourne pas souvent ou qui est remis à sa place. Je pense entre autres aux Wampas qui ont fait beaucoup de festivals les cinq dernières années, mais qui à mon avis n’étaient pas à leur place. On a aussi essayé de garder une politique tarifaire très abordable. Certains diront que ce n’est jamais assez abordable, mais je pense que les connaisseurs ne se planteront pas, quand on voit qu’on est sur un tarif journalier de 30 euros hors frais de location avec des artistes comme Gojira, Motorhead, Loudblast, Ultra Vomit, qu’un billet pour allez voir Motorhead dans un Zénith est beaucoup plus cher, et sachant que j’ai une volonté sur ce festival de ne pas faire jouer les groupes 35 ou 40 minutes, mais 1 h — 1 h 15 pour la majorité des groupes, voire plus pour certains. Le risque financier est important, mais comme il l’est également pour tous les autres festivals. De toute façon à partir d’un moment, pour un festival d’une certaine ampleur il y a un risque financier qui est énorme. Ça, c’est la réalité…

Êtes-vous fortement dépendants des subventions publiques ?

On est à peur près dans la moyenne nationale, c’est-à-dire que nous sommes très peu aidés, même si les politiques soutiennent la manifestation. Je suis plutôt content d’ailleurs de l’accueil des différentes institutions, mais la réalité c’est qu’il s’agit d’un festival autofinancé à plus de 86 %. LE restant étant une grande partie d’argent public, mais aussi une toute petite partie d’argent privé et de mécènes. Je ne me plais pas, je ne dis pas que c’est génial, mais je ne veux pas continuer dans cette éternelle guerre et me plaindre de ne pas être assez subventionné. Je décide de le faire, je le fais et si ça fonctionne c’est très bien. C’est également au public de faire la différence à un moment donné. Aujourd’hui les gens n’ont pas forcément les moyens de tout faire. Il faut faire des choix. À eux de faire ces choix. Et moi j’en tirerai les conséquences. En tout cas, nous portons entièrement cette manifestation, le risque qui va avec. On a la volonté de la faire. Et surtout de la faire bien. Il n’y aura pas de festival au rabais. Et même si on mets beaucoup d’argent dans l’artistique, la technique, le son et la lumière, l’accueil ne sera pas mis au second plan. Avec Zone 51 on attache énormément d’importance à ce que le festival ait de la gueule.

Quelle est la part des cachets des groupes dans votre budget ?

À peu près 35 — 40 %

La programmation a-t-elle été dure à boucler ?

Cette programmation est une programmation qui me plait énormément. C’est moi qui m’en suis occupé avec l’avis de mon entourage et de mon staff, mais ce n’est pas la programmation que je souhaitais à l’initiale. Et c’est normal. Comme n’importe quel programmateur, et notamment quand on commence à taper dans les groupes anglo-saxons, on est très vite rattrapé par la réalité du « marché », puisqu’il faut bien l’appeler ainsi à un moment donné quand on est dans un système concurrentiel. En face de moi, je me retrouve en concurrence avec toute l’Europe, et tous les festivals mastodontes qu’il peut y avoir. Tant qu’on reste dans de la programmation française, c’est pas très simple, mais ça reste beaucoup plus facile : on sait comment ça fonctionne et on sait à peu près combien ça peut ramener. Mais quand on commence à vouloir s’intéresser à programmer des artistes étrangers on a la concurrence des gros rouleaux compresseurs. Quand en Allemagne tel ou tel artiste va effectivement ramener 2000 personnes, chez nous ça va en faire 300. L’agent anglais ou l’agent américain, lui ne veut rien savoir. Il s’en fout, il va vouloir être payé pareil.

Donc pour avoir un artiste comme Motörhead, il ne s’agit que d’une question financière ?

Image de Motörhead Attention, il ne s’agit pas QUE d’une question financière. J’espère que tu ne l’as pas compris ainsi. L’artistique n’est pas qu’une question financière et heureusement pas ! Sinon, je serais peut-être trader, je n’en sais rien… Pour avoir Motörhead, c’est quand même plusieurs mois de bataille et bien évidemment sur le volet financier. J’ai entendu des gens me dire que Motörhead venaient parce qu’ils avaient un day off. Alors, non, des groupes comme Motörhead n’ont pas de day off, ça n’existe pas ! Par contre, ça peut effectivement les intéresser dans le cadre d’un routing vers l’Allemagne. Donc il y avait effectivement une date qui était intéressante pour eux sur ce vendredi 30 juillet et ensuite ça a été un mix de tout : la date, les conditions financières et les conditions techniques.

En étant dans une région transfrontalière, comptez-vous sur le public allemand et suisse pour remplir les jauges ?

Oui on fait de la publicité en Allemagne, car avec l’affiche qu’on a, c’est clair qu’on parle à un public allemand et à un public suisse, qui sont des publics très rock. J’ose espérer que je n’aurai pas la nécessité de miser sur un pourcentage massif d’Allemands et j’ai encore espoir que le public français saura reconnaitre notre travail et sera motivé pour revenir découvrir les sources du rock, du métal et autres pour soutenir cette manifestation. J’ai envie de faire et défendre des choses là où je suis…

Il y a quand même pas mal de festivals en Alsace entre les Artefacts, Décibulles, La Foire aux Vins, Bête de scènes, voire les Eurocks. N’est-ce pas trop dur de se faire une place dans un été plutôt chargé ?

À l’inverse de ce que tu viens de me dire, je trouve qu’il n’y en a pas beaucoup. Tu les as tous cités. Si tu compares avec d’autres endroits en France, ou à l’étranger, il y a finalement très peu de festivals d’été en Alsace. Pour la Foire aux Vins, on peut se poser la question de savoir s’il s’agit toujours d’un festival. C’est plus 10 jours de concert. Léz’Arts Scéniques ça n’a rien à voir avec Décibulles, rien à voir avec Bêtes de Scène et rien à voir avec la Foire Aux Vins. Même si on peut trouver des similitudes sur le fait qu’il y ait une manifestation estivale et qu’on y passe l’après-midi et le soir sur plusieurs jours, en terme d’artistique et d’organisation de la manif’ on ne fait pas du tout la même chose. Les gens ont donc le choix de faire tout ou une partie, en fonction de leurs gouts, puisque ce sont des manifestations différentes qui ont chacune leur particularité et leur identité.

Il y a-t-il un esprit d’entre aides entre vous ?

Bien sûr, je trouverais cela très dommage si ce n’était pas le cas. Là où on a mutualisé pas mal de choses, c’est en terme de communication. On a sorti plusieurs dizaines de milliers de programmes de la Foire aux Vins avec qui, nous sommes partenaires. D’ailleurs, Zone 51 organise la scène Off de la Foire aux Vins. Avec Décibulles on travaille évidemment ensemble sur la communication. On se concerte entre programmateurs. On essaye de voir également de quelle manière on peut mutualiser des moyens au niveau de la logistique des manifestations (barriérage/engins). Avec Bêtes de Scène, c’est pareil. Je connais très bien les gens du Noumatrouff, ce sont des gens que j’apprécie beaucoup et avec qui on travaille tout au long de l’année.

Il y a-t-il trop de festivals en France ?

Non je ne pense pas. 2009 a été une très bonne année pour les festivals justement parce que les gens ont fait le choix de faire sur l’été des mini-vacances, ce qui était lié très certainement à cette crise. On a tendance à vouloir aller voir très loin ce qui se fait ailleurs, et finalement on se rend compte qu’on connait très mal ce qui se fait près de chez nous. Les gens ont en profité pour visiter leur région, visiter d’autres régions, et en même temps se faire plaisir avec des manifestations et de festivals. Je ne pense pas qu’il y en ait de trop, mais par contre il y a énormément de festivals qui se ressemblent. Tous les festivals et tous les programmateurs diront qu’ils ont une identité et que ce n’est pas pareil que les autres, etc. Sauf que moi j’invite quand même le public à regarder ce que nous proposons et de faire leur choix par la suite. Il y a trop de festivals qui font la même chose et ne proposent que les trucs du moment qu’« il faut faire. Mais à leur décharge, à un moment donné c’est aussi le public qui n’est pas assez curieux à mon goût, donc pourquoi leur offrir autre chose si finalement à 100 km à la ronde, on peut mettre 5 fois le même artiste, et cinq fois les gens iront.

Si les festivals d’été font le plein, est-ce que cela ne se ressent pas sur la baisse de fréquentation en salle ? Vous qui faites les deux avec Zone 51…

Les festivals d’été en terme d’artistique doivent payer entre une fois et demi et trois fois et demie, le prix d’un artiste qui se produit tout au long de l’année. Alors que pourtant le prix d’un billet sur festival doit être presque dix fois moins cher, puisque si tu vas voir Motörhead au Zenith, tu ne vas pas payer en dessous de 45 euros. Et pourtant sur festival, les gens veulent voir le même groupe qui est payé plus cher pour un prix qui doit l’être moins et avec 5 ou 6 groupes en plus. Hallucinant quoi ! Les frais sont beaucoup plus lourds : il faut mettre une scène, il faut assurer la logistique, c’est en plein air, faut tout déplacer… Alors quand les festivals font le plein, ça veut dire quoi ? 10 000 personnes et les gens pensent que tout tourne très bien ? Ça ne veut rien dire. On peut faire une soirée rentable avec 50 personnes dans une salle et un festival déficitaire avec 100 000 personnes. Tout dépend ce qu’on engage comme argent. Pour les concerts en salle, les groupes sont en tournée, il y a la routine qui les intéresse, les moyens sont beaucoup moins lourds. En règle générale, les concerts ne se sont plutôt pas trop mal passés sur la saison qui vient de s’écouler. Nous personnellement, on a pas à se plaindre, on a fait une belle saison. Dans l’Est, sur les salles que je connais, c’est plutôt pas trop mal… De toute façon dans toute cette histoire, je ne pense pas qu’il y ait de bon ou de mauvais. Une chose est certaine, sur un festival c’est beaucoup plus compliqué et beaucoup plus risqué.

Le boulot de programmateur d’un tel festival est-il à temps complet ?

Image de Laurent Wenger Je ne suis pas salarié dans Zone 51, mais je salarie des gens. Mais j’ai une double casquette, avec un boulot qui est pas trop mal, puisque je bosse dans la musique et je suis l’un des rares salariés en France d’une collectivité locale en étant rattaché à la Direction des Affaires culturelles de la ville de Sélestat et je suis responsable Musique actuelle. Je suis chargé de faire remonter les projets et d’informer ma Directrice. Je suis rattaché à l’adjointe à la Culture également. Je suis le programmateur pour les Musiques Actuelle de la salle des Tanzmatten à Sélestat en concertation avec le Directeur de la Salle qui me laisse le libre choix de l’artistique que je souhaite programmer dans cette salle tout au long de l’année. J’ai un boulot qui est complètement lié et Léz’Arts Scéniques ça fait en partie aussi de mon boulot. Sur Sélestat il y a une réelle volonté politique qui est de développer au niveau de la culture les musiques actuelles. Donc, voilà, il y a toute une activité d’organisation de concerts, information des publics et des pratiques amateurs avec le Centre de Musique Actuelle, les locaux de répétition. On a vraiment une activité complète et le festival en est une petite partie. Après pour répondre à ta question, oui le boulot de programmateur est un boulot à temps complet qui devient de plus en plus compliqué, de plus en plus dur, mais je ne fais pas que ça…

C’est assez surprenant qu’une ville comme Sélestat pourtant pas très grande mette autant l’accent sur les musiques actuelles…

C’est avant tout une volonté politique. Et on a fait nos preuves, sans aucune prétention de notre part, mais c’est vrai qu’il fallait convaincre et que c’était loin d’être gagné. C’est plus de 10 ans de travail… On est super bien situés : 100 km à la ronde, je suis dans les Vosges, à Strasbourg, à Mulhouse, à Bâle en Suisse, à Freiburg en Allemagne, je ne suis pas loin de Karlsruhe. Il y a un enjeu culturel que la ville a bien compris, mais aussi touristique. Au niveau de Zone 51, la municipalité nous fait confiance. Nos budgets sont raisonnables par rapport à ce qui peut être dépensé dans d’autres milieux et ils savent très bien ce qu’on arrive à en faire. Moi j’ai effectivement une vision culturelle, mais pas également une réelle vision économique de la chose et quand on me donne de l’argent public je fais attention, car c’est l’argent de tout le monde et je déteste l’argent public gaspillé. Donc quand on nous donne quelques milliers d’euros pour organiser quelque chose, on fait au mieux avec ce qu’on a. Et si on juge qu’on ne saura pas quoi faire ou qu’on n’en aura pas l’utilité et bien on ne le prendra pas ! Certains me diront que c’est super tout ce que la Ville fait pour nous, que nous avons de la chance, mais je crois qu’il ne s’agit pas uniquement de cela, car cette chance on se l’est créé et on s’en est donné les moyens.

À partir de quoi jugeras-tu de l’échec ou du succès du festival ?

Si on bosse comme des malades pour faire en sorte que cette manifestation soit une réussite et que pendant le festival tout se déroule bien et que finalement ça a de la gueule, c’est classe, que le public et les artistes sont contents, qu’on arrive à rester dans les timings, que les bénévoles se sentent bien, que nos prestataires sont satisfaits, qu’au niveau de la Ville de Sélestat les commerçants ont tourné, et qu’au final plein de gens ont passé un bon moment ça signifiera pour moi que le festival est réussi. S’il n’y a pas eu assez de monde sur la manifestation et s’il y a eu un problème financier, ça ne sera pas pour moi un facteur déterminant de la réussite du festival parce que c’est la seule chose que tu ne peux absolument pas maitriser. Tu peux bien sûr entendre les reproches sur la venue de tel ou tel artiste, mais tu ne peux finalement pas du tout être critiqué ou accusé par rapport à la fréquentation, sauf si tu as fait une comm’ minable, mais là je m’engage, car il y a des gens qui bossent vraiment dur et terriblement bien sur la communication et on a mis les moyens pour être vraiment très visibles. Les gens ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas qu’il y avait tel ou tel artiste qui passait à Sélestat sur ces dates. Si on manque de monde, ce sera effectivement décevant et à nous d’en tirer les conséquences financièrement parlant, mais si tout continue à se dérouler comme ça se passe en ce moment, ce sera déjà une réussite.

Et au niveau de la billetterie ?

On peut très bien tourner aujourd’hui avec une billetterie plus forte que les années précédentes, ce qui est le cas, mais comme on n’est plus du tout sur le même festival ça ne veut rien dire du tout. Donc heureusement que c’est bien mieux. Mais par expérience, et notamment par rapport à d’autres festivals de cette année qui ont eu lieu, la billetterie peut être excellente quelques mois avant et finalement une semaine avant se faire rattraper par la réalité du temps. Tout peut basculer les derniers jours, car ces dernières années on se rend bien compte que les gens prennent leur billet de plus en plus tard. À notre niveau, la billetterie se porte bien, on a vendu quand même pas mal de billets et les réactions sont très positives. Et ce que je n’ai pas souligné tout à l’heure, c’est qu’on est effectivement un festival de plein air cette année avec deux scènes : l’une totalement en plein air, mais l’autre sous chapiteau pouvant accueillir plus de 5000 personnes avec des ouvertures de 4m50 sur les côtés. Donc s’il fait chaud, il y a quand même de l’air qui passe en dessous et c’est super agréable et s’il pleut il n’y a aucun souci pour quand même passer un très bon moment sans être les pieds dans la boue.

Des anecdotes sur les éditions précédentes ?

(hésitations). Il y a un groupe qui nous a vraiment déçus et qui ne s’est pas comporté correctement. Ils sont parisiens et s’appellent les Têtes Raides. Donc ça, c’est un message que je leur fais passer, ce n’est plus la peine de venir sur Sélestat ou en tout cas pas avec moi. Ils sont effectivement très proprets et politiquement corrects vis-à-vis du public, mais relativement odieux à l’arrière. À l’inverse, on a eu à l’époque un groupe qui s’est déjà produit chez nous, qui revient cette année et qui s’appelle Babylon Circus. S’ils sont là cette année c’est parce que ça s’est très bien passé à l’époque. Ce sont des gens vraiment très sympathiques. Il y avait aussi Sepultura avec qui on avait vraiment eu un bon feeling. Et pour en citer un dernier, il y avait aussi Sick of it all. Un groupe fabuleux. Des gens très sincères, très honnêtes, qui ne trahissent pas ce qu’ils sont et ce qu’ils font dans la musique. Et ça, depuis plus de 20 ans. Contrairement à d’autres un peu plus frenchy et qui ont une autre facette que ce qu’on peut voir d’eux sur disque ou de ce qu’on peut attendre d’eux.

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Du 30 juillet au 1er août.

Site officiel : http://www.lezartssceniques.com
Zone 51 : http://www.zone51.net/

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Image de : Fondateur de Discordance.

12 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 12 juillet 2010
    ClassiK PunK RocK a écrit :

    Très belle interview, des questions de forme comme de fond que l’on prend beaucoup de plaisir à lire ! Bonne continuation, et en espérant pour un jour réaliser une aussi bonne interview !

  2. 2
    le Lundi 12 juillet 2010
    m4tik a écrit :

    Excellente interview, c’est vraiment intéressant de connaître le fond et les idées derrière l’organisation. J’ai hâte d’y être :)

  3. 3
    le Lundi 12 juillet 2010
    BURCKEL SHIRLEY a écrit :

    Très bel article! On ressent la passion qui anime cette association, coup de chapeau pour ce qu’il réalise depuis tant d’années et surtout pour ce festival hors du commun !!! A voir absolument!!!

  4. 4
    le Lundi 12 juillet 2010
    P'tio a écrit :

    Bien belle interview, cependant je trouve dommage que vous n’acceptiez pas les petits webzines pour couvrir l’évènement et ainsi promouvoir un max le metal !!
    Nous aurions peut-être du nous appeler ROCK HARD MAG ou METALLIAN pour qu’on puisse s’intéresser à nous… ? ou alors vous êtes peut-être à une place près ? Fô croire que la musique business s’applique aussi pour le metal, en tout cas vous n’avez pas été cool une fois de plus et on saura s’en rappeler !

  5. 5
    le Lundi 12 juillet 2010
    Ludo a écrit :

    P’tio – Pour te repondre nous avons deja un paquet de « petits » webzines accredités et OUI nous sommes à une place pret surtout pour les accreds photos (200 photographes sur 3 chansons aux Hellfest c’est un peu beaucoup). Vu le nombres de demande nous ne pouvons juste pas accepter tout le monde.
    Lez’Arts Sceniques un festival musique business héhé je pense plutot tout le contraire mais bon à chaqu’un son avis.
    Bref ..

  6. 6
    le Lundi 12 juillet 2010
    Claudus a écrit :

    euuhh je viens de lire les commentaires et il se trouve que moi aussi je me suis fait avoir comme toi « P’tio » !! En fait, je suis responsable d’un petit webzine et à priori je n’ai pas ma place non plus sur le site alors qu’on m’avait laissé croire que c’était bon… résultat on t’annonce quelques jours avant le jour J que ta demande n’est plus accordée… héhé à croire qu’on utilise les « petits » webzines afin de pouvoir obtenir de la pub gratis pour ensuite leur dire qu’on a plus besoin d’eux !! je crois que c’est tout simplement une honte et que Ludo t’es tout simplement pas honnête ! Je tiens à préciser qu’il y a 2 ans, le dirigeant (Laurent) n’avait pas voulu que je rentre avec mon appareil photo car bien évidemment l’accréditation était à demander avant le jour “J »… héhé j’avais pourtant payé ma place, je venais de faire plus de 600 bornes et même pas le droit de prendre mon materiel pour faire mon boulot alors que tous les fans ce jour là mitraillaient la scène avec leur téléphone portable… franchement allez comprendre!?! d’autant que je leur faisais de la pub gratos tout en ayant payé ma place !! Non je crois que le problème ne vient pas de notre ami « P’tio » mais bien de cette orga !! une chose est sûre c’est que vous vous foutez bien de la gueule du monde à ce que je vois ! le mec que j’ai eu en contact par mail (un certain Vincent) ose me mettre en plus qu’il espère me voir sur le festival !! non mais je rêve ! en gros ils espèrent que je vienne sur le fest, que je paie ma place, que je fasse un article sur le fest (comme je l’ai fait il y a 2 ans —)http://zonexpressmetalmag.unblog.fr/2008/08/06/les-arts-sceniques-8-le-1er-aout-2008-a-selestat-france/), que je leur lèche le cul !! non mais ils sont dingues ou quoi dans l’équipe là ?? Dites vous bien que c’est bien la dernière fois que j’essaie de bosser avec vous, vous êtes des charlots qui utlisent les gens comme vous utilisez vos bénévoles ou vos stagiaires (je pense à la gentille Anais que j’ai eu dans mes premiers mails cette année ) !! Franchement vous êtes petits, encore plus petits que les webzines que nous dirigeons et nous on a au moins de la dignité, une vraie passion pour la zic que vous, vous n’avez malheureusement pas ! je vous souhaite donc de faire de la thune à mort pour que les artistes puissent au moins jouer en espèrant que vous ne les arnaquiez pas non plus !

  7. 7
    le Mardi 13 juillet 2010
    Mickaël a écrit :

    Hello Claudus,

    Je trouve dommage le règlement de comptes sur la place publique comme tu es en train de le faire, si tu as des griefs concernant ta demande d’accréditation le plus juste aurait peut-être été d’en faire part aux personnes avec qui tu étais en contact à ce sujet.

    Après je pense qu’il ne faut pas tout mélanger. L’association a toujours laissé une grande place aux webzines sur ses concerts, il faut juste comprendre qu’il n’est pas possible d’accréditer gratuitement tous les webzines qui en font la demande, d’où l’intervention d’un critère (celui de la visibilité la plupart du temps, et non de la « taille » à proprement parler.) Cela n’enlève rien au fait que l’on offre la possibilité à TOUS les webzines sérieux d’avoir accès à notre espace Presse / VIP afin d’interviewer les artistes présents sur le festival, accès que l’on propose donc moyennant achat de la place de concert à certains webzines.

    Je ne doute pas de ton sérieux, mais j’aimerais juste te demander quels « gros » festivals en France t’ont accrédité gratuitement cette année, ou même quel gros concert en salle ?

    Je vais également répondre pour ton « problème de photo » il y a 2 ans sur Lez’Arts Scéniques. Il existe des « accréditations photo » qui impliquent que la demande a été traitée et validée ou non par l’équipe de communication du festival, tout cela dans le but de contrôler le nombre de photographes présents dans la fosse pour qu’ils puissent bosser dans des conditions correctes. Quant aux spectateurs qui prennent des photos avec leurs téléphone ou APN, j’ose éspérer que tu ne compares pas la qualité de leurs photos avec celles que tu aurais pu faire avec ton matériel perso…

    Le reste de ton mail n’étant qu’insultes je n’y répondrai pas, mais t’invite à revenir vers nous par mail si tu veux continuer d’en discuter plus calmement.

    Concernant notre « passion pour la zic », je te rassure cependant elle est toujours intacte, sinon elle n’aurait pas permis à des groupes comme Bad Religion, Motorhead, The Buzzcocks de jouer dans l’Est cette année, et The Undertones n’auraient très certainement pas mis les pieds en France avant encore un bon paquet d’années…

    Bonne continuation à ton webzine,

    Mickaël

  8. 8
    Pascal
    le Mardi 13 juillet 2010
    Pascal a écrit :

    @Claudus et P’Tio : Étranges que vos deux commentaires proviennent de la même adresse IP, alors que d’après vos messages il semblerait que vous ne vous connaissiez ni d’Eve, ni d’Adam. Se pourrait-il que cette soit-disant fronde des « petits webzines » ne soit qu’une vaine tentative d’une seule et même personne ayant visiblement du mal à digérer un refus d’accréditation ?

    La réponse de Mickaël est exemplaire et il n’y a pas grand chose à ajouter. Si à Discordance nous ne traitions que des sujets pour lesquels nous recevons des service presse ou des accréditations, il n’y aurait pas la moitié du contenu présent à ce jour.

    Et il est primordial de se rapeller qu’être accrédité à un festival ou à un concert est une marque de confiance des organisateurs, mais en aucune manière un droit ou une exigence. Et à cet titre cher @Claudus / P’Tio, la fin de ton commentaire, en plus d’être inutilement méprisant dénote d’un manque de connaissance flagrant de l’énorme boulot et du risque que représente l’organisation d’un tel évènement. Ce que qui pourtant était le thème principal de cette interview…

  9. 9
    le Mardi 13 juillet 2010
    Claudus a écrit :

    Pascal – Pas mal ton histoire d’adresse IP !! c’est bien joué mais Discordance n’est-il pas un webzine alsacien… ? Ce que je comprends là-dedans c’est que tu ne prends pas la défense de ces gens pour rien… !! Rien à dire de plus si ce n’est que je ne pense pas que les accréditations soient un droit ou une exigence mais qu’il est important de tenir ses engagements et qu’il n’est pas nécessaire de faire espérer les gens pendant X temps pour au final les prendre pour des cons !
    Ah autre chose ! il n’y a pas que toi qui bosse sans accréditation/avantage presse…, nous sommes des passionnés également et la plupart des articles que nous rédigeons sont pris sur notre temps perso !
    J’allais oublier ! mon « manque de connaissance flagrant de l’énorme boulot et du risque que représente l’organisation d’un tel évènement » je connais, celà ne fait pas 5 ans que je suis dans le milieu musical moi ! D’ailleurs je vais pas plus en rajouter car je vais finir par donner de l’intérêt à ton zine ! tchuss mec !

  10. 10
    le Mardi 13 juillet 2010
    YanK a écrit :

    Claudus _ Au vus de tes propos, et en tant qu’ex stagiaire de ce festival édition 2010, l’idée de te laisser parler de cette sorte en mon nom et en toute ignorance m’étais plutôt désagréable.
    Pour l’avoir vécu de l’intérieur, je crois avoir la certitude de ne pas avoir été « utilisé par des charlots ». Bien au contraire, c’est toute une équipe de passionné qui se bouge vraiment avec professionnalisme pour mettre sur pied un événement ayant du sens.

    Alors évidement, les critiques extérieurs sont faciles. Mais j’ose espérer qu’en tant que professionnel de ce milieu tu te rendes compte des nombreux efforts mis en œuvre.

  11. 11
    Pascal
    le Mercredi 14 juillet 2010
    Pascal a écrit :

    « c’est bien joué mais Discordance n’est-il pas un webzine alsacien… ? Ce que je comprends là-dedans c’est que tu ne prends pas la défense de ces gens pour rien… »

    Ah la théorie du complot maintenant…
    Tu pourras répondre toi même à ta question en lisant notre dossier de presse (http://www.discordance.fr/DossierPresseDiscordance.pdf) et en faisant un petit tour sur le site pour juger de la pertinence de ton affirmation.

    Bref. A partir de maintenant tes messages plein de rancœur et fiels ne seront plus publiés sur le site. Trouve toi une autre tribune.

  12. 12
    le Jeudi 15 juillet 2010
    Noumy a écrit :

    Dommage Pascal, j’aurais pourtant aimé voir cette personne à la double identité se justifier quant à ses propos. Pour la simple et bonne raison qu’à chacune de ses attaques, les gens ont trouvé un argument pertinent.

    Je me présente, Noumy, membre de Zone51 et surtout amie de l’association depuis maintenant 8 ans. Ainsi, vous comprendrez que j’aie pu être choquée par ces propos :

    « vous êtes des charlots qui utilisent les gens comme vous utilisez vos bénévoles ou vos stagiaires. »

    Bénévoles et stagiaires « utilisés » ? Je suis frappée, et surtout révoltée par ton ignorance. Attaquer, c’est une chose, mais connaître son ennemi est un pré-requis pour gagner tout combat. Et en l’occurrence, je vois que tu n’es pas prêt de remporter quoi que ce soit, si ce n’est la palme de la mauvaise foi. Tu cites Anaïs, mais sais-tu seulement comment elle a vécu son stage ? J’ai été plusieurs fois à ses côtés, et elle semblait vraiment ravie de travailler avec nous …

    Si tu connaissais si bien ton métier, tu saurais que des accréditations ne peuvent être gracieusement offertes à tous les webzines. Et en effet, le festival Léz’Arts Scéniques répond à cette même règle. J’aurais d’ailleurs aimé lire ta réponse quant à la question de Mickaël : « quels « gros » festivals en France t’ont accrédité gratuitement cette année, ou même quel gros concert en salle ? » …

    Car en effet, je pense que tu as décidé de nous inonder ici de toute la haine que tu avais envers tous les festivals et autres associations qui t’ont refusé une accréditation. Ceci est dommage pour toi, je ne doute pas de la qualité de ton travail, mais simplement de ton discernement et de ta bonne foi.

    Des personnes pour te répondre ici, il y en a par dizaines. Parce que nous aimons ce que nous faisons (oui, nous aussi nous donnons de notre temps après le travail, c’est le principe d’une association et de tout passionné, comme tu peux l’être par ton webzine), nous sommes accueillis à bras ouverts dans l’association, et l’organisation est quelque chose de bien plus humain que tu ne tentes de le faire croire. J’ai vécu parmi les moments les plus intenses et drôles de ma vie, tout simplement car Zone51 est une association de passionnés !

    Nous ne sommes pas une machine de guerre, sinon Laurent n’aurait JAMAIS laissé paraître ici ses doutes et ses craintes quant à la réussite de cet évènement. Et nous sommes plus humains (et moins charlots, pour reprendre tes propos) qu’une personne capable de se créer une fausse identité pour tenter de couler une aventure musicale aussi énorme.

    Peut-être était-ce une perte de temps de te répondre, peut-être n’accepteras-tu jamais de changer ton jugement, mais je tenais à témoigner pour tous les autres lecteurs de cette interview.

    A la revoyure sur Léz’Arts 2010, pour ceux qui ont envie de soutenir Zone51 et ses membres archi-motivés !

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