Let the Game begin : wanna play ?

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« Think of tonight as a video game. It is not real. Every time you do an approach, you are playing this game” (Mystery, cité par Neil Strauss dans The Game). Voilà résumée en quelques mots la philosophie adoptée par des centaines de milliers de personnes de par le monde : la séduction n’est rien d’autre qu’un jeu. Comme tout jeu elle a son objectif, ses règles de base et il existe différentes manières d’y jouer. Alors quoi de mieux qu’un jeu vidéo pour symboliser ce que les PUA appellent « le Game » ? C’est a priori la réflexion que s’est faite Amit Gupta, le réalisateur de Let the Game begin.

Image de Let the Game begin Nous pénétrons dans le film comme nous commencerions un jeu vidéo. A l’écran s’affichent plusieurs messages posant un décor quasi apocalyptique : « Love has become rare. Your mission is to rediscover it to save Humanity. But first, you must defeat the monster that lies deep within ourselves”.

L’histoire à proprement parler sera axée sur la relation amoureuse entre la belle Eva et Tripp jeune médecin talentueux, mais globalement malchanceux en amour. Un jour il rencontre sur Internet – forcément – une belle infirmière exerçant dans le même hôpital que lui. Au bout de quelques jours, il l’invite à dîner. En bon AFC (Average Frustrated Chump), il commence par lui offrir des fleurs. La voilà donc avec un bouquet à emporter jusqu’au restaurant. Pratique. Évidemment il paiera l’addition, en gentleman qu’il s’efforce d’être.

C’est là que le jeu commence. Premier niveau : « Afin de se rapprocher du Monstre, il faut tout d’abord comprendre ce qui l’attire ». Comme dans un jeu vidéo, une jauge de santé physique et financière de notre héros apparaît par moments en bas de l’écran. Un après le mariage de nos deux protagonistes, la jauge ne cesse de baisser. C’est à ce moment qu’entre en jeu Rowan, caricature de PUA (Pick-Up Artist) et meilleur ami de Tripp. Ce sera le mentor de notre jeune héros durant toute l’aventure. C’est grâce à Rowan que Tripp pénètrera le monde mystérieux des séducteurs. Ainsi il assimile rapidement les termes de base de la séduction : « wing » (partenaire), « IOI » (indicateurs d’intérêt), « sets » (groupes), « HB » (hot babe) etc.

Alors que Tripp est coincé dans son rôle de Carte de crédit humaine, Rowan ne cesse de séduire et de coucher avec les femmes sur lesquelles son meilleur ami n’ose même pas poser les yeux. Chacune de ces femmes se voit apposer une fiche avec ses principales caractéristiques, à l’instar des personnages de jeux de rôles. Tout en suivant les aventures et les progrès de Tripp, le spectateur se voit à son tour invité dans le cercle auparavant fermé des PUA et initié à quelques-unes de leurs techniques. Tout y passe : le style vestimentaire, la confiance en-soi, la construction d’un réseau social… et bien sûr la séduction au sens le plus restreint du terme. Comment aborder un groupe de trois jeunes femmes ? Et si un homme se trouve déjà en son sein ? Comment entretenir le mystère ? Voilà autant de questions qui trouvent leur réponse au cours de Let the Game begin. Notons au passage que plusieurs « personnalités » du milieu se sont jointes à ce film : pour commencer Mystery lui-même, mais aussi James Matador et Zan Perrion, unanimement reconnu comme étant un Natural, un séducteur-né.

Et tout en franchissant les obstacles qui hier lui paraissaient insurmontables, Tripp débloque de nouveaux niveaux. Pour qui a lu The Game (Neil Strauss) il est difficile de ne pas reconnaître de temps à autres certaines techniques inventées par Mystery, et ce jusque dans la reproduction mot à mot de certaines phrases. Ainsi la première heure du film est des plus intéressantes pour qui s’intéresse à la séduction sans savoir par où commencer. Plutôt que de parcourir des forums au hasard et au risque d’être induit en erreur par des conseils mal formulés ou tout simplement inappropriés, le spectateur se voit offrir là un condensé des bases de la séduction. C’est en quelque sorte l’introduction par laquelle tout AFC devrait passer.

La cinquantaine de minutes qui suivent se focalise quant à elle plutôt sur l’histoire de Tripp ,mais n’est pas totalement dépourvue d’intérêt pour autant. D’autant plus qu’à la fin se pose la question inévitable pour ne pas choquer le public bien-pensant, qui quoiqu’on en dise continue à proliférer dans les salles obscures et en-dehors : choisissez-vous d’être celui qui a toutes les filles ou celui qui a LA fille ? Bien évidemment ici « la » fille en question sera le stéréotype de la jeune femme belle et honnête, celle qui n’aime pas les jeux (ennuyeuse ?), qui préfère la franchise à l’argent et qui en fin de compte semble désespérément rechercher l’AFC qu’était Tripp au début de sa quête. Mais qu’importe : ce film avait pour but d’enseigner quelques techniques de séduction applicables dans tous les domaines de la vie, business y compris, et il y est parvenu.

Ce que vous en faites ne regarde que vous.

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Site officiel du film : http://www.letthegamebegin.com

Dossier Séduction :
Volet numéro 1 : The Game
Volet numéro 2 :
Séduire des portes closes (Journal de Frank)
Volet numéro 3 :
Coach en séduction : pour quoi faire ?
Volet numéro 4 : Let the Game begin
Volet numéro 5:
La séduction : piège ou jeu ?
Volet numéro 6:
Le coaching en séduction et les femmes

A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

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