Les Papillons de nuit | Basse-Normandie | 26 et 27.05.12

par leni|
C’est sous un soleil de plomb que se déroule la 12ème édition des Papillons de Nuit dans la petite commune champêtre de Saint Laurent de Cuves. Comme à chaque fois la programmation est impressionnante pour ce petit festival (20.000 personnes sur site) et les artistes présents le samedi et le dimanche le prouvent une fois de plus.

En fin d’après-midi Catherine Ringer arrive sur scène vêtue de blanc. Elle parvient à se mettre le public dans la poche d’entrée grâce à un conceptuel Punk 103. Très vite des « Catherine ! Catherine ! » se font entendre dans la prairie entre chaque titre. Tous les morceaux deviennent festifs et l’ambiance est à l’allégresse. L’ancienne Rita Mitsouko est aux anges quand tout le monde reprend avec elle Les Histoires D’A et lorsqu’un convoi humain se forme sur Le Petit Train. Elle est accompagnée à la guitare par son fils Raoul. Ce dernier, faute de pouvoir se métamorphoser en l’irremplaçable Fred Chichin, lui offre un très bel hommage. En effet, le jeune musicien contribue amplement à la réussite de ce concert en alternant les styles et en nous distribuant plusieurs solos remarquablement énergiques. Ringer termine sur un succès en interprétant C’Est Comme Ca en rappel. C’est sur cette conclusion parfaite que la Rita clôt sa performance vocale et scénique.

C’est sous des cris de jeunes filles en fleur que Pete Doherty monte sur scène, seulement accompagné de sa guitare et d’un ballon de rouge. Il débute avec des morceaux de son album solo, notamment avec le charmant Arcady ou le tube Last Of The English Roses. Même si son état d’ébriété l’empêche de respecter les mélodies et rend parfois fades certains titres, il parvient à envouter le public. Lorsqu’il hausse le rythme ou qu’il exécute ses anciens succès (Can’t Stand Me Now, What Katie Did…) les festivaliers répondent présents. L’apparition des danseuses et son « slyde guitare » à la bouteille de vin fait monter l’enthousiasme avant l’achèvement du concert. Et il termine de belle manière en interprétant Twist And Shout des Beatles mais surtout avec un génial Fuck For Ever (Babyshambles) qui fait oublier une prestation acoustique en solo mitigée.

Après Doherty et un super Hubert Félix Thiéfaine, c’est au tour de Skip The Use, bien décidé à envoyer du gros son. Les nouveaux arrivants sur la scène rock française ne laissent aucun temps mort et attaquent par People In The Shadow qui retourne la prairie d’entrée. Mat Bastard, torse nu et débordant d’énergie, dispose d’une grande présence (il réussit à faire assoir le public déchainé), c’est pourquoi les « Oh Yeah » qu’il fait crier à la foule semblent inutiles. Néanmoins, la mayonnaise prend totalement et les festivaliers, spontanément, remplacent la chorale d’enfant sur Ghost. La musique sonne très Gossip cependant elle est un peu répétitive. Seule la reprise de Blur, Song 2, sort véritablement du lot. Ils finissent le concert comme ils l’ont commencé, c’est-à-dire vite et fort. On peut dire que Skip The Use, bien qu’ayant des progrès à faire, a un bel avenir.

Un grand nombre de festivaliers a fait le déplacement pour assister au concert d’une véritable bête de scène, Goran Bregovic, c’est pourquoi le choix des organisateurs de le programmer dans l’après-midi semble curieux (surtout en clôturant le festival avec Julien Clerc).

C’est « l’orchestre pour mariages et enterrements » qui démarre avec un instrumental. Le compositeur Yougoslave sexagénaire s’installe ensuite, vêtu d’un costard argenté et flanqué de sa guitare électrique. Lorsque les premières notes de Gas Gas retentissent le public part au quart de tour. Les jets d’eau ne suffisent pas à refroidir l’ambiance chaleureuse produite par la musique sur-vitaminée des Balkans. A de nombreuses reprises la foule se transforme en chorale notamment sur In The Death Car et sur Bella Ciao (qui continuera à résonner autour des urinoirs). Goran Bregovic illuminé par un sourire radieux ne se met pas en avant, il reste assis avec son groupe. Il laisse le chant aux choristes en costume traditionnel (sublimes sur Ederlezi) et au percussionniste. Les seuls à s’avancer sont les membres de la très présente section cuivre pour une petite danse ironiquement sensuelle. Il parachève la fête en exécutant un immense Kalasnjikov où le pogo bon enfant a soulevé un dernier nuage de poussière.

Le résonnement d’un orchestre breton (sans être un Bagad) annonce l’arrivée de Nolwenn Leroy chez les « rivaux » normands. Dès le début elle parvient à unir bretons et non bretons, parents et enfants par les petits doigts pour former un grand cercle et faire danser tout ce monde ensemble. La protégée de Laurent Voulzy et son « équipage » interprètent des classiques de la musique bretonne, comme Tri Martolod, en les respectant. Elle sort un peu du cadre lorsqu’elle électrifie (avec réussite) Brest ou quand elle reprend Sunday Bloody Sunday de U2 façon BZH. Nolwenn Leroy se donne tout au long du concert en poussant sa voix et en traversant la scène pieds nus incessamment. Sans pour autant incarner la Bretagne d’aujourd’hui, elle rend un bel hommage à Dan Ar Braz, Alan Stivell, Tri Yann… Elle effectue un excellent rappel en jetant ses dernières forces dans La Jument De Michao où le public peut s’époumoner. C’est avec un « Kenavo ar wech all » (à la prochaine) qu’elle quitte les Papillons de Nuit.

Crédits photo : Antoine Vulliez / ¸S.Dufresne / Julien Divay

©Antoine Vulliez©Antoine Vulliez©Antoine Vulliez© S. Dufresne@ Julien Divay@ Julien Divay

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