Les Marquises + Agathe Max | L’Espace B | 06.03.2014

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Après une première soirée accueillant de fins talents lyonnais, l'Espace B rééditait l'expérience en conviant deux ténors du Rhône, dans un genre différent mais tout aussi passionnant: Agathe Max et Les Marquises. Retour.

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Agathe traîne le bout de son violon depuis plus d’une dizaine d’années déjà dans le monde de l’expérimentation. Un album sur Table of the Elements, de régulières collaborations avec des pointures de l’impro, et celle-ci vient tout juste de sortir un nouvel album, Dangerous Days. Parfois accompagnée par un batteur, parfois en groupe complet, Agathe Max se défend seule sur scène ce soir, revenant aux fondamentaux de ce qui fait l’essence même de sa musique: un violon qui s’entortille sur lui-même et renvoie d’immenses et déferlantes montagnes de son fracturées. Une vague de bourdonnement bruissant et qui donne le vertige, une sensation d’altitude proprement titanesque et de grisante chute libre, quatre cordes qui se craquent et grondent un tonnerre resplendissant, propre à ce son si particulier du violon, boisé, mélancolique et reflétant une couleur légèrement surannée. Un excellent concert, du genre de ceux qui font passé une demi-heure pour une demi-minute.

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Les Marquises prend place, eux aussi ont un nouvel album sous coude, Pensées Magiques, et cette date parisienne à valeur de release party pour eux. On compte un homme de plus depuis la dernière fois qu’on a pu les croiser sur une scène, Arnaud Lemoine, qui prend à son compte le micro au détriment de Jean-Sébastien Nouveau, l’initiateur du projet. Musique mélancolique, qui vogue et s’égare par des détours assombries et luxuriants. Cela résonne comme un moment clé, comme un virage inattendu, comme des yeux grands ouverts. On sait que leur dernier album est principalement influencée par le cinéma, rien d’étonnant donc à se sentir plongé dans une scène de film, de celles qui révèlent, touchent et laissent les yeux dans le vague. Seul le chant de Lemoine peut peut-être parfois irrité par une surdose d’emphase, le concert sera de toute façon excellent, mention spéciale à ce morceau bruitiste, vers la fin du set, remuant et profondément intense.

Crédit photo: Perrine Lamy-Quique

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