Les Marquises – Lost Lost Lost

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Un album homogène grâce à la volonté d’exprimer une certaine solitude poétique.

Image de Six titres, un peu plus de trente minutes : c’est ce que propose Les Marquises avec Lost Lost Lost. Entre post-rock et électro, avec un soupçon de nu-jazz, c’est un disque bon à la première écoute et meilleur aux suivantes. Il ne révolutionne rien, mais il est rassurant. Autre chose : ce n’est pas un album à écouter pour se motiver, mais ce n’est pas non plus un album confortable. Chaque morceau est différent, nuancé ; ils peuvent être ainsi décortiqués :

Only Ghost : Beau morceau d’introduction qui permet d’installer un univers créatif. La dynamique lancée par la batterie est la véritable force de cette chanson, force qui atteint son paroxysme quand le groupe fait crier ses guitares. L’ensemble est bien construit, mais Only Ghost aurait mérité une fin aussi brusque que son début.

La Terra Trema : Plage très douce, sans parole mais pas sans profondeur. On n’est pas non plus dans la transcendance, mais la chanson crée une ambiance agréable.

Sound and Fury : Une batterie répétitive, des variations et un enrichissement continu… mais l’ennui pourrait pointer si l’auditeur n’était pas happé dès les deux premières minutes. L’évolution est cependant intéressante : il faut se plonger dans cette composition, la plus longue (6 minutes 47 secondes), pour ne pas ressentir que le groupe s’attarde sans but. Après quelques écoutes espacées, on apprécie davantage le caractère hallucinatoire et finalement reposant.

This Carnival of Lights : Ce qui prime dans ce morceau, c’est le très joli son de guitare acoustique (on s’imagine aisément les doigts effleurant les cordes pour effectuer les arpèges) mêlé à des sons expérimentaux et des chants d’oiseaux désespérés. Encore une fois, malgré l’atmosphère planante qui se dégage, sublimée par une voix mélancolique, le morceau peut lasser.

Comme nous brûlons : Après le calme, vient la tempête. Ici, c’est le travail de répétition qui est aussi intéressant que prenant. L’influence de Thom Yorke est manifeste. Et la fin est parfaite. Tranchante, surprenante. Merci. « Merci », car c’est le mot qui convient lorsque l’on constate que certains comprennent l’importance du travail sur la fin d’une composition.

Terrible Horses : Malheureusement, on se perd un peu avec cette dernière chanson. La réalisation et les silences sont parfaitement exécutés, mais le spectacle désolant peint dans cette clôture d’album fait sombrer l’auditeur dans un espace vide. Au lieu de mettre en avant les variations, les notes entêtantes finissent par achever la patience. Dommage.

Les Marquises, projet baptisé ainsi en hommage à Jacques Brel, sont trois : Jean-Sébastien Nouveau, Jonathan Grancollot, Jordan Geiger. Deux Français et un Américain qui prouvent que la France se défend dans un genre qui ne lui est pas habituel.

Mais il faudra chercher, ou s’abandonner, pour entendre les particularités attachantes de ce groupe.

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A propos de l'auteur

Image de : Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

2 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 2 mai 2011
    Baptiste a écrit :

    Bonjour,

    merci L. pour l’article, mais petite précision, le groupe est effectivement français sauf le chanteur Jordan Geiger qui est américain et qui est membre des groupes Minus Story, Shearwater, et Hospital Ships.

    Les Marquises seront en tournée en octobre 2011, ils ont été rejoint pour l’occasion par Christian Quermalet (Married Monk).

    A suivre sur le site des Marquises : http://lesmarquises.net

    Baptiste

  2. 2
    L.
    le Lundi 2 mai 2011
    L. a écrit :

    Merci pour ces précisions ! Je modifie tout de suite.

    L.

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