Les Hurlements d’Léo : 13 ans de Caravaning

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Qui aurait cru qu'une chanson des VRP inspirerait nos jeunes bordelais au point de trainer leur caravane depuis treize ans déjà? Pour l'occasion, le groupe n'a pas manqué de nous réserver une jolie double galette intitulée 13 ans de Caravaning, avec pas moins de 29 morceaux dont les plus cultes du groupe.

hurlements_logo_imageEt puis, parce que la maison ne fait pas les choses à moitié, vous aurez en plus la joie de trouver quatre chansons en live et des enregistrements avec les 17 Hippies, l’Enfance Rouge, Les Ogres de Barback, Sleepers, Romain Humeau, Zombie Eaters et LaReplik . De quoi se laisser surprendre, même pour les plus fans du groupe, persuadés de connaître par coeur toutes les chansons du best of.

C’est Louise qui ouvre le bal, avec son accordéon, ses cuivres et cette guitare sèche vive typique des Hurlements d’Léo. Mais notre groupe de « chanson/punk/caravaning » ne serait pas le même sans la voix si particulière de R1 (comprenez Erwan ). Semblant sortir du plus profond des bars glauques de Bordeaux, le chanteur se réapproprie de l’ Apollinaire sur un doux fond de cordes et de cuivres. Toujours nous enveloppe alors de sa mélancolie rageuse : « Toujours nous irons plus loin sans avancer jamais ». Il en avait déjà compris des choses, Apollinaire !

Il faut avouer que les HDL ne sont pas vraiment réputés pour l’optimisme incroyable de leurs chansons. Qu’il s’agisse de La Chambre, où l’enfance difficile du personnage se finit par « les quais pour les garçons et le trottoir pour les filles » ou de Ethnique ta mère sur le conflit Israël/Palestine, on sent du lourd derrière cette musique, aussi joyeuse soit-elle. Même lorsque les textes s’essaient aux chansons sentimentales, on est bien loin des contes de fées dans les histoires que nous narrent Kebous et R1 . Le morceau Dimanche à s’étendre retrace par exemple la culpabilité d’un homme qui a perdu sa femme et s’éreinte à oublier dans l’alcool. Suit alors la chanson La Piave, où cette fois-ci un homme est quitté par sa femme pour abus d’alcool et de troquets. Vous comprendrez alors quel est le thème récurrent de nos amis !

C’est sûrement ce paradoxe constant entre les paroles d’une gravité et d’une mélancolie profonde, et la musique toujours aussi envolée et légère sous les cuivres endiablés, l’accordéon franchouillard et le violon caressant, qui donne tout son style au groupe.
Et puis ne soyons pas mauvaise langue, ce joli best of a sérieusement de quoi surprendre avec des ovnis tels que Chipoti Chipota, où nos mauvais garçons s’improvisent en une chorale accompagnée par des voix d’enfants : impossible alors de ne pas s’amuser de cet interlude digne d’un CD de Marlène Jobert . Les Mange-boules, avec son titre explicite et son rythme ternaire façon bal musette, se laisse par ailleurs écouter avec tout autant de fraicheur.

hurlements_logo_image02Pour ce qui est des collaborations du groupe, si la plupart restent dans la verve bien connue des HDL ( les Ogres, Romain Humeau ou LaReplik ), d’autres sont bien moins attendues. Le morceau avec l’Enfance Rouge est par exemple entièrement instrumental, débutant sur un rythme un peu oriental et laissant les multiinstrumentistes s’emporter avec des cuivres jusqu’à créer une cacophonie d’une douce folie.

Dans un autre genre, nos chers Gaulois se sont aussi essayé à l’anglais avec Ten Dollars Bill réalisé en duo avec Sleepers. Ambiance vieux rock genre ZZ-Top, ça change et ça fait du bien même si l’accent à couper au couteau de nos compères peut sérieusement faire sourire. Petit conseil aux fans trop arrêtés sur le style chanson française et jazz manouche du groupe : asseyez-vous avant d’écouter Le Parti des plus nombreux, car cette fois-ci ce sont les Zombie Eaters qui accompagnent les HDL . Imaginez le passage du duo accordéon/trompette à celui du beuglement vomitif/guitare ultra saturée. Le death métal est dans la place, ça change, mais ça ne fait pas forcément du bien…

On peut dire que le groupe nous a donc sorti du lourd, du très lourd pour ce retour sur la scène française après une grosse année de projets solos épars.
En espérant les retrouver vite en live, domaine validé mention très bien depuis des années, on ne devrait pas avoir à patienter longtemps pour découvrir de nouvelles chansons toutes fraiches de leur reformation.

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[Le site officiel des Hurlements d'Léo
->http://www.hurlements.com/]

http://www.myspace.com/leshurlementsdleo » href= »http://www.myspace.com/leshurlementsdleo »>Le myspace des Hurlements d’Léo

Crédit photo : Pierre Wetzel

A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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