Les Guerilla Poubelle s’amusent avec la Secret Place | Montpellier (04.05.2013)

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La dernière fois que nous avions croisé la route des Guerilla Poubelle, Discordance n'avait même pas 2 ans ! C'était en octobre 2006, à la salle communale de Saint-Géniès-de-Malgoirès près de Nîmes (30), dans le cadre d'un évènement punk organisé par les regrettés Skalopards Anonymes. Surfant à l'époque en plein sur la vague de leur premier album tapageur ("Il Faut Repeindre le Monde... en Noir"), 7 ans se sont écoulés et depuis, l'eau a coulé sous les ponts. Cette fois, c'est dans la poudrière du Secret Place que les Guerilla Poubelle viennent poser leurs guitares.

Guerilla Poubelle (13)

Tandis que les portes s’ouvrent dès 20h, il commence déjà à y avoir un peu de monde à Secret Place, salle de concert de la TAF située à Saint-Jean-de-Védas (Z.I. de Montpellier). Placée sous le signe punk, les premières notes retentissent sur le groupe local En Un Seul Maux. Jamais à l’heure, nous ratons cette première performance pour débarquer sur la seconde, celle des aixois de Lunch. Groupe punk musicalement très simpliste, nous retiendrons malheureusement en premier lieu le son, cruellement fort, qui gâcha le concert. Un constat qui ne sera plus de mise dès Brutal Chérie, groupe punk qui nous vient du Québec, à l’humour bien pendu, qui s’est éclaté à travers un set bien pensé et terriblement efficace. A noter que les Brutal Chérie accompagnent Guerilla Poubelle tout au long de leur nouvelle tournée. Au fur et à mesure des morceaux, la salle s’est laissée embarquer par le punk rock très second degré de Brutal Chérie. Même sur un coup de Cafard, on a sincèrement envie de rire… et de partager leur délire. Avec trois premières parties qui ont fait monter la température à point nommé juste avant d’attaquer le plat de résistance, les quelques 150 personnes en ont eu pour leur argent (7€ la soirée).

Lunch

En tous cas, pour ceux qui auraient laissé les Guerilla au tout début de leur existence, vous risqueriez d’être surpris… Le line up est désormais à trois, il ne reste que Till, au chant, comme rescapé de la première heure, et adieu surtout l’excellentissime Jokoko qui s’agitait du marqueur durant les concerts. Et même si le groupe s’est fait clairement plus discret (seul deux véritables albums version longue,  »Il faut repeindre le monde en noir », 2005 et « Punk=Existentialisme », 2007), c’est du côté des maxis et des EP’s que le groupe a étoffé son panel musical. Pour ne citer que les expériences avec le groupe jap’ Coquettish (2006), Sons of Buddha (2007), Justin(e) et Dolores Riposte (2007), Charly Fiasco (2009), les GxP ont également enregistré deux EP’s en 2009 (« Pas de Bonnes Raisons ») et en 2013 (« C’est pas comme si c’était la fin du monde »).

Et ce soir, il ne fallait pas s’attendre à un skeud ciblé en particulier : les Guerilla Poubelle ont ratissé large, de tous bords et n’ont pas oublié leurs bonnes habitudes : à la fois proche de son public et toujours aussi vanneur, Till s’est lancé dans sa traditionnelle traque de la personne qui s’est faite remarquer pour rien (la palme est décernée à celui qui portait un t-shirt Fuck… en faisant des Fuck !).

Guerilla Poubelle (6)

Musicalement, les Guerilla ont choisi de conserver quelques classiques de leurs débuts : que ce soit l’hurlant Si Jamais ou la vague de pogos Sur Le Trottoir, les GxP continuent de beugler « c’est la révolution… la révolution pour les lâches ! ». Même en déséquilibre sur un Tapis RoulantTill a su garder cette patate qu’il avait déjà quelques années auparavant : sur la petite scène d’angle de Secret Place, il s’est une nouvelle fois jeté dans la foule à la mi-concert… en gardant sa guitare au cou !

Mais la grande nouveauté de ces Guerilla Poubelle version 2013 est véritablement le coup de polish de leur setlist : une grosse séquence a été consacrée aux nouveaux morceaux, ceux des EP’s ou maxis sortis après « Punk=Existentialisme ». D’abord, nous avons eu droit à « Pas de Bonne Raison » sorti en 2009 (Pas de Bonne Raison, Mort et Invisible) où, en écoutant les sonorités, la place des chœurs pendant les refrains est davantage présente. Les Guerilla nous la joueraient-ils à l’ancienne ? Avec un EP 3 titres qui a déboulé dans les bacs en janvier 2013 (« Ce n’est pas comme si c’était la fin du monde… »), les parisiens s’en sont donnés à cœur joie : ou comment, Sans Dieu Ni Maire, ils ont lâché une immense bombe dans Secret Place.

Enfin, les splits avec leurs potes n’ont pas été oubliés : notamment l’excellent Vivement la Guerre (avec Charly Fiasco) ou le très US Le bénéfice du Doute… Avec des guitares affûtées pour groupe surexcité, Till s’est lancé dans un improbable pierre/papier/ciseaux avec un spectateur… La mise ? Une bière, bien entendu, mais aussi le droit de prendre quelques secondes pour ré-accorder sa guitare. D’abord battu, la seconde sentence a été sans appel : c’est Till qui rafle la mise !

Guerilla Poubelle (10)

Si le set n’a pas été finalement très long, les Guerilla Poubelle s’en sont bien sorties à Secret Place. Le seul reproche que l’on peut leur faire, c’est d’avoir réorienté leur tournée un peu trop sur des nouveautés, frustrant les fans que nous sommes de la première heure. A de nombreuses reprises, de vieux morceaux ont été quémandés par des agités du bocal dans la salle, Till leur a lancé un amical « hey les gars, si vous voulez choisir les morceaux de la setlist, montez un groupe ! ». Nul doute que Montpellier se soit lâché sur le concert, mais le rappel a été tout simplement démoniaque, une puissance x100 qui ne demandait qu’à s’exprimer depuis le début : le fameux Être une Femme pour commencer (« tous les hommes sont des cons ! ») avant un tant attendu Demain Il Pleut, c’est bon, nous pouvons partir tranquilles…

Crédits photos : PhotoLive30

Concert des Guerilla Poubelle, Brutal Chérie, Lunch, En Un Seul Maux à Secret Place (Saint Jean de Védas, 34), le samedi 4 mai 2013. 

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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