Le cinéma du 3eme millénaire : tunnel sans fin ou fin du tunnel

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Le cinéma du début de ce troisième millénaire marque-t-il le début de la dégringolade jusqu’à une apocalypse annoncée pour dans pas longtemps ou faut-t-il plutôt y voir les raisons flagrantes d’un incurable optimisme ?

La grande dégringolade

par Alex

Non contente d’être fatale pour beaucoup, 2009 peut aussi être considérée comme une année fataliste, imprégnée d’une lucidité kamikaze quant à sa nature intrinsèque : consciente du fait qu’elle ne durerait pas plus de 365 jours, sentant sa substance s’amoindrir au rythme des pages tournées sur le calendrier, indignée de constater qu’on lui réservait le même sort qu’à ses soeurs plus âgées, en dépit du fait qu’elle s’était dressée comme l’ultime rempart d’une décennie déclinante, 2009 opta pour un raisonnement aussi froid que calculateur : s’il fallait qu’elle périsse, elle ne périrait pas seule.

Ainsi emporta-t-elle bon nombre de nos idoles, mais également la plupart de nos illusions, sacrifiées sur l’autel d’un renouveau hypothétique qui marquerait le début des années 2010. Car dans de nombreux domaines, et particulièrement dans celui que nous estampillons culturel, les années 2000 se présentent en effet comme un équivalent de la phase de déclin en économie, la saturation ayant été observée dans les années 90.

La fiction étant le reflet le plus proche de la réalité, et les cartes d’abonnement aux grandes chaînes de cinéma ayant besoin d’être rentabilisées, plaçons-nous face au miroir et tentons donc de voir ce qu’il veut bien nous dire :

Les années 2000 ou les dix déclinantes – pourquoi et comment ?

19057560-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090212_045015L’esprit de collectivité et la notion de communautarisme étant progressivement remplacés par des bulles d’égoïsme narcissique qui pullulent jusque sur internet, nous tendons à ne plus nous reconnaître en rien ni en personne sinon en nous-mêmes.

Le  » Be yourself, comme tout le monde  » a court-circuité notre propension à la catharsis : il n’existe plus d’ennemi commun qui, transposé dans une fiction horrifique, puisse nous faire frissonner. Les invasions d’aliens n’ont jamais été aussi oppressantes que lorsque la menace de la guerre froide planait sur les têtes, ça n’est pas 2012 qui nous fait frémir, nous qui avons survécu au bug de l’an 2000 et à la pandémie H1N1.

Les freaks nous remémoraient bien les phénomènes de foire, mais il n’est à présent nulle difformité dont un bon coup de bistouri ne puisse venir à bout.
Quant au tueur cagoulé et armé d’un long poignard, nous savons désormais très bien qu’il ne pourra plus venir se cacher sous notre lit ; nos systèmes de sécurité auraient tôt fait d’émettre une sonnerie stridente d’alarme à peine un pied posé sur notre paillasson.

Aucune Paranormal Activity ne peut être explicable par les nouvelles technologies.

C’est d’ailleurs les motifs les moins clairs, le flou chaotique et l’absence de raisons qui nous titillent le plus : des Strangers qui n’agissent que par le goût du jeu, des Funny Games orchestrés par un agent du chaos qui mettrait à mal le Dark Knight le plus valeureux.

L’héroïsme susmentionné nous surprend encore, notion vestige d’un monde révolu à laquelle nous devenons progressivement étrangers. De par leur droiture et leur dignité qui nous fascinent parce que nous ne la comprenons plus guère, les vieux pistoleros à la Clint Eastwood parviennent-ils ainsi à marquer encore quelques points, peut-être parce que nous savons qu’ils sont les derniers de leurs lignées et que les pâles copies de Wrestlers que nous sommes sont, depuis longtemps, devenues insensibles au chant des sirènes du combat.

Les romances mélodramatiques à la sauce rupture et divorce ne nous touchent plus non plus ; nous avons compris, désormais, que rien de ce qui a été fait ne peut être défait et que rien de ce qui a été dit ne peut être dédit.

Pour autant, nous nous sommes résignés.

Là où le foyer était autrefois une fatalité, il s’agit désormais d’un symbole auquel nous ne croyons plus mais auquel nous nous accrochons néanmoins de toutes nos forces, obéissant à une pulsion primaire qui nous amène à combler nos vides.

Si nous n’avons plus peur du tueur cagoulé, nous n’avons plus peur non plus de Virginia Woolf et quand bien même nous serions sensibles au discours d’un John Givings dans Les Noces Rebelles, nous savons aussi très bien que nous ne tendons à incarner que des Milly et Shep Campbell, la voix de la raison résonnant plus fort dans nos oreilles que ce que nous considérons un peu trop facilement comme des ambitions ou toquades adolescentes que nous passerons le reste de nos vies à nous efforcer d’oublier.

Le Petit Nicolas aurait été beaucoup trop chamboulé si ses parents lui avaient dit : « Away we go ». La Route est pleine d’ornières et le chemin a l’air long ; laissons Chihiro voyager à notre place et restons à la maison. Home . Une déco d’intérieur à la Ursula Meier plutôt qu’à la Arthus-Bertrand étant d’ailleurs préférable.

tropic-thunder-posterLa comédie, quant à elle, ne nous amuse jamais autant que lorsqu’elle dissimule un arrière-goût d’amertume. Le Tonnerre sous les Tropiques ne gronde pas assez fort pour dissimuler le désespoir qui gagne ceux qui voient leur nom dégringoler progressivement du haut de l’affiche jusque dans les oubliettes de l’audience.

La comédie se fait obsolète parce que la dérision, qui présente certes l’avantage d’amoindrir en apparence l’impact des blessures, devient peu à peu notre mode d’expression fétiche. Les parodies pullulent en conséquence à la saturation accumulée lors de la décennie précédente : Not another teen movie, nous en avons eu assez.

L’originalité atteint aussi ses limites ; ce sont des choses qui arrivent lorsque tout le monde se met en tête de devenir soi-même.
Un Tim Burton atypique devient progressivement redondant jusqu’à sembler s’engluer dans l’auto-référence. Quant à David Lynch, l’expert ès brouillage de pistes, il atteint un INLAND EMPIRE inaccessible aux non-initiés à la méditation transcendantale et dont le rayonnement n’aura jamais les scintillements d’un Mulholland Drive, pierre polie et donc un poil moins brute qu’un Lost Highway dont la rareté et la préciosité appartiennent aux 90′s.

Repliés sur eux-mêmes, mais pourtant bien à l’abri dans leurs bulles égotiques, les survivants de l’an 2010, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les Révoltés de l’an 2000, attendent un renouveau qui, semble-t-il, ne viendra pas tant du fond que de la forme.

Êtres humains mécanisés, travestis en Avatars clonables à l’infini, nous attendons désormais des merveilles qui viendront de la mise en scène.
Spectateurs et acteurs d’un cabaret à la modernité contestable, nous nous acheminons progressivement vers la mutation par l’image, par l’effet, sans nous laisser désespérer par une trame manichéenne et minimaliste à laquelle nous semblons même aspirer.

Nous troquons l’introspection et l’analyse pour nous laisser griser par la technologie, n’accédant peut être pas, ainsi, au Meilleur des Mondes, mais en tout cas au plus digital, à un univers post-humain où la focalisation sur l’esthétisme tend à remplacer le soma.

Les Promesses de l’Ombre n’auguraient rien de bon, nous avons choisi la lumière, espérant être éclairés et prenant le risque qu’elle nous aveugle.

De l’incurable cas de la décade cinématographique

par Arnaud Cassam-Chenaï

arnaud1La question n’est pas de l’ordre du comment, mais du peut-on, lorsque l’on se penche sur cette décennie de cinéma qui s’achève. Peut-on résumer 10 ans de cinéma ? Le peut-on lorsque ces 10 ans représentent à peine moins la moitié de sa vie consciente et cinéphile ? Peut-on aussi enfermer l’évolution de cet art entre les parenthèses temporelles de 10 années civiles ? Surtout, peut-on simplement dire que ces 10 ans de cinéma étaient « bonnes » ou « mauvaises » ?

L’exercice est périlleux, et forcés seront les oublis, les omissions, les vides et les lacunes. Je ne retiendrai que deux dates, comme les parenthèses de cette décennie cinéphage, préférant pour ma part les bourrer de bons souvenirs, de grandes découvertes, de coups de foudre. Car au fond, je l’aime, ce monstre qu’est le cinéma.

11 Septembre 2001

Comment ne pas pouvoir voir ce monde qui trébuche ? Entérinée entre des tours qui s’écroulent et des bourses qui suivent le mouvement, c’est bel et bien la fin de l’innocence à laquelle on assiste dans les salles obscures. Le cinéma sera citoyen, ou ne sera pas. Il s’engage, pour le pire, mais aussi le meilleur. Illustration d’une désillusion, c’est la fin des happy-ends. Adulte il sera, le cinéma. Il s’affirmera et fera face à ce nouvel ennemi, comme il l’a fait à l’époque où il butait contre un Mur. Redacted, Jarhead, Vol 93, Un Coeur Invaincu . De grands films, de beaux films.

Mais face à cet opposant invisible, le réel n’a pas de prise, et c’est à grand renfort de super-héros que le cinéma finira par répliquer. Plus populaire, mais aussi plus réfléchi, on est loin du kitsch que nous avaient offert les années 90 dans ce domaine. Grâce aux Spiderman, X-Men, Watchmen, ou autres Batman – plus adultes, plus sombres, plus réels – les complexes et les faiblesses laissent la place à l’illusion d’une victoire. Pour vaincre, il faut être anormal.

Mais l’anormal est partout. Contre ses corps machos de super-héros font face de nouveaux corps. Les années 2000 sont l’éloge des gens a-normaux. Geeks, loosers, nerds. À la comédie d’être la plus belle arme contre soi-même. Loin des corps-clichés de American Pie & Scary Movie des 90′s s’appliquent ces corps-élastiques et burlesques, ces corps-crédibles des nouveaux adolescents. Gros, roux, mal-en-point. Judd Apatow et le Frat-Pack prennent la relèvent des frères Farrelly, pour notre plus grand plaisir. La comédie pose un premier pied dans la cour des Grands.

Difformités (attrayantes)

difformitesAux souvenirs de ma jeune mémoire, la décennie semblait éclectique. J’ai pu y voir de toutes les couleurs. Beaucoup pour le plaisir, pour la forme, pour de bon, pour le pire (aussi), mais d’autres pour toujours. Aussi, le 14 juillet 2004 sortait Spiderman 2 . Le 24 novembre de la même année, Tropical Malady . Grand écart cinématographique, le premier est la meilleure grosse production de super-héros depuis Batman Le Défi de 1991, jusqu’au Dark Knight de 2008. Le second est une perle méconnue, un bijou de cinéma. La bonne nouvelle est que le mainstream peut maintenant prétendre autant vers la quantité que la qualité. La preuve est que même les Transformers version 2000 valent (un peu) mieux que les Independance Day des années 1990. Quand la maladie l’emporte, on part au moins plus assoupi.

A l’image de leurs frères aussi bourrés de frics que d’effets spéciaux réussis et enfin crédibles, le cinéma indépendant ou intelligent se porte lui aussi bien. En long, en large, même si quelques fois de travers. La diversité est affolante, du western contemplatif L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford à la fabuleuse et adolescente Naissance des Pieuvres, en passant par le talent de filles Mahkmalbaf ou le sensuel Match Point, du crasseux No Country For Old Men au magnifique Nue Propriété . Des visions du monde, personnelles et différentes, mais bien rarement diffamantes. Et toujours, Tropical Malady, d’ Apitchatpong Weerasethakul .

Et si le monde des années 2000 tâtonne, son cinéma essaye. Il tente les expériences. Même s’il les rate, il continue. Comme si l’important n’était pas de gagner, mais de participer. S’il va peut-être souvent trop loin, au moins il avance. Si l’originalité de l’horrible Saw sera vite étouffée par ses boucheries de suites, Irréversible ou Antichrist, qu’on aime ou pas, sont marquant de la décennie et de leur époque, tout comme les expériences parfaites ou perfectibles d’un David Lynch avec respectivement Mulholland Drive et INLAND EMPIRE .

Et en parlant de culot et du fait d’oser, n’a-t-on pas vu naître – ou renaître – ses 10 dernières années celui qu’on attendait tant ici, en France ? Les années 2000 ne signent-elles pas le retour du cinéma de genre français, du moins bon – Sheitan – comme du meilleur – Un Prophète ?

Odèmes, phases terminales et cancer généralisé

00788746-photo-affiche-gerryComment mesure-t-on la qualité d’une décennie de cinéma ? En y repensant. Tout d’abord, Gus Van Sant . LE plus grand filmeur de la décennie, cinq films et cinq merveilles. Et Gerry n’est pas seulement pour moi le plus grand film de ces 10 dernières années ; c’est un des plus grands films tout court.

Certains diront que Van Sant est avant tout un cinéaste des années 90. Et pourtant. Si Clint Eastwood et Woody Allen doivent être emblématique d’une décennie, ce n’est pas de celle-ci. Et pourtant. Gran Torino, L’Echange, Mystic River, Million Dollar Baby, Lettres D’Iwo Jima . pour le premier ; Match Point, Vicky Cristina Barcelona, Melinda & Melinda, Anything Else . pour le second. Les années 2000, qu’ils disaient.

Et c’est ainsi pour beaucoup. Tarantino se décomplexe, Kitano expérimente, Jarmusch s’essaye, tandis qu’ Almodovar signe ses plus beaux films. Les frères Dardenne sont des sociologues, Lynch un alchimiste, Spielberg le plus grand magicien éclectique. Burton fait des pirouettes, Lars Von Trier pond des chefs d’oeuvres, Cronenberg retrouve une jeunesse fabuleuse et Fincher grandit. Et James Gray et Terrence Malick qui sont de retour. Les années 2000, qu’ils disaient.

N’allons pas dire ce que je n’ai pas dit. Les suivants feront dans la prochaine décennie ce que les susnommés ont fait ici. Que dire d’une décennie où sont apparus ou confirmés des désormais Grands cinéastes comme Sam Mendes, son American Beauty, son Jarhead ou ses Noces Rebelles, ou encore Paul Thomas Anderson, et son Punch-Drunk Love ou There Will Be Blood ? Et il y a encore le frenchie Michel Gondry et sa retro-mélancolie, Nicolas Winding Refn qui signe la plus grande trilogie noire depuis Le Parrain, Richard Kelly ou Alejandro González Inárritu et leurs oeuvres labyrinthiques, ou encore la baroque et talentueuse Sofia Coppola . Sans compter, de l’autre côté du globe, sur les talents d’un Park Chan-Wook, d’un Joon-Ho Bong ou d’un Aoyama Shinji . Les années 2000 qu’ils disaient.

16 décembre 2009

J’entends d’ici les cris et chuchotements des réfractaires. Mais, après le cinéma parlant, le cinéma en couleurs, cela faisait longtemps qu’on l’attendait, la nouvelle révolution. Alors, est-ce qu’ Avatar, de James Cameron est un grand film révolutionnaire ? Non. Mais c’est bel et bien une révolution, oui. Cameron, comme il avait clos la dernière décennie, clôt aussi celle-ci avec un film important, plein de promesses pour la prochaine. 2010 sera quoiqu’il arrive, mais sera sûrement la décennie de la 3 Dimensions.

H1N1p2p

18395051-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20041103_123028Comment parler de la décennie sans parler d’Internet ? Car ce n’est pas un film qui changea à jamais la cinéphilie, mais bel et bien la toile. Loin de moi l’idée de vouloir (re)lancer le débat sur le téléchargement, mais Internet est avant tout une base de données incroyable d’une richesse effrayante, où on y trouve tout ce qui se fait, s’est fait ou se fera. Et plus loin encore que le Cinéma à proprement parlé, c’est aussi une niche de création, notamment grâce aux sites de diffusions de vidéos – et influençant des oeuvres cinématographiques notables comme Redacted de Brian de Palma ou Tarnation de Jonathan Caouette . Enfin, Internet est aussi devenu le meilleur moyen de promotion de cet art, inventant par exemple le buzz.

Faut-il alors s’acharner sur le cinéma des années 2000 ? À mon humble avis, loin de là. Ce n’est pas la meilleure décennie, mais est loin d’être la pire : elle n’est ni « bonne », ni « mauvaise », si certains attendent encore de ces adjectifs. Pour ma part, je repars avec le sourire, des chefs-d’oeuvre sous le bras, des milliers de souvenirs et un amour toujours plus grand pour le cinéma, sous toutes ses formes.

Et s’il y a quelques choses à attendre du cinéma des années 2010, j’attendrai. De toute façon, je n’ai rien d’autre à faire. Bons films.

Le cinéma du troisième millénaire : tunnel sans fin ou fin du tunnel ?

par Loïc

« La mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne . »

botanistesCette phrase de John Donne m’est revenue en mémoire alors que je me demandais comment commencer cet article. Par analogie nous pourrions dire qu’un mauvais film contribue à renforcer la pauvreté du cinéma dans son ensemble, cinéma que nous regardons dépérir un peu plus semaine après semaine. Chaque nouveau film que l’on tente de nous vendre, chaque nouvelle bande-annonce que je regarde me semble confirmer la fin d’une ère que nombre d’entre nous chérissaient, une époque où le fond prévalait sur la forme et les moyens. Un âge où les spectateurs étaient encore capables d’utiliser ce qu’on nomme l’esprit critique. Une époque où l’on aurait moins parlé de Spiderman et davantage des Filles du botaniste .

Il semblerait que l’on n’aille plus au cinéma que pour reposer ses méninges, déjà si sollicitées par les émissions culturelles de TF1. Presque 20 500 000 Français sont allés dans les salles obscures subir Bienvenue chez les ch’tis – volontairement, pour la plupart. Il y a presque une chance sur deux pour que vous qui lisez ces lignes ayez subi cette lobotomisation. Et pourtant quel film représente mieux la pauvreté du cinéma français actuel ? Un scénario volé à une classe de CE1, des dialogues à peine mieux et un humour qui rampe à défaut de voler bas. Voilà ce que sont devenues les comédies françaises. Quid alors de ce que l’on appelle (par abus de langage) le « cinéma d’auteur » ? Il vivote, faute de reconnaissance et de moyens. Allez parler de François Truffaut ou Jean Becker à un adolescent de 15 ans, il vous répondra Luc Besson et Dany Boon . Néanmoins, des films tels que Deux jours à tuer ou A+ Pollux continuent à voir le jour et à nous émouvoir, signe que le Cinéma français n’est pas encore tout à fait mort . Mais cela ne concerne qu’une poignée de réalisateurs, qui sont autant de lucioles dans la nuit.

Nous n’avons parlé jusqu’à présent que de la France. Si le problème demeurait confiné aux frontières de l’Hexagone, cela irait encore. Malheureusement, ce n’est pas le cas : les superproductions américaines envahissent nos salles de cinéma et nous habituent progressivement à leur pauvreté intellectuelle. Constat bien pessimiste, certes, et pas tout à fait vrai : des films originaux, intelligents ou tout simplement beaux, il nous en arrive par moments. Je parle là de Gran Torino, The Wrestler ou même The Dark Knight, pour ne citer que les plus récents. Chacun de ces films a à sa manière apporté quelque chose au cinéma. Qu’a apporté Iron Man ? Qu’apportera sa suite, prévue pour cette année ?

19186143-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20091020_062405 Neill Blomkamp, qui a commis l’affligeant District 9, le dit lui-même à propos des images de synthèses et des effets spéciaux : « Si les films sont mauvais, c’est qu’aujourd’hui vous pouvez faire n’importe quoi, la substance s’est envolée, il suffit de mettre bout à bout des explosions pendant deux heures ». Dommage qu’il n’ait pas lu sa propre interview avant de passer derrière la caméra. Il en va de même de 2012 qui transforme le léthargique John Cusack en Bruce Willis de l’Apocalypse, à tel point qu’au bout de trente minutes on a hâte que sorte le jeu vidéo pour pouvoir nous aussi piloter des limousines et des avions de ligne aussi facilement que l’on fait marcher sa brosse à dents électrique. Quant à Avatar, il mise tout sur son système « révolutionnaire » de réalisation 3D ; pas étonnant : le reste n’est qu’une succession interminable de clichés d’une mièvrerie confondante. Mais l’homme de la rue ne veut pas réfléchir, il veut en avoir pour son argent ! Remarquez, c’est compréhensible : il a payé 3? de taxe 3D, il mérite d’en avoir plein les mirettes.

Qui est responsable de cet appauvrissement du cinéma ? L’offre ou la demande ? Hollywood ou les spectateurs ? Probablement les deux. « Ce que tu es en train de nous expliquer, c’est qu’en-dehors de Truffaut point de salut, alors ? » Malheureux, je n’ai pas dit ça ! Tant en Europe qu’aux États-Unis il existe encore un Cinéma, un vrai, pas un simple prétexte à peine dissimulé pour rapporter de l’argent (ou pas que.).
Seulement les scénaristes semblent être à court d’idées : on adapte les comics ( Les 4 Fantastiques, Iron Man, Spiderman, le désolant The Spirit …), on tente de tirer sur la corde des anciens succès (quand comprendront-ils que Saw 1 était déjà suffisamment calamiteux pour s’arrêter là ?) et on fait des remakes à tout va ( La dernière maison sur la gauche, l’incompréhensible Funny Games US, The ring .). Mais il y a pire : l’adaptation des jeux vidéo. Ainsi la palme du plus mauvais film de l’année 2008 va à Far Cry, jeu porté à l’écran par Uwe Boll (génie incompris ou réalisateur sans aucun talent ?). De même AVP : Alien Vs Predator fait honte à la fois au jeu éponyme qu’à la saga des Alien .
Et je ne parle même pas de ceux qui exploitent les anciens succès en remontant le temps. Après Hannibal : les origines du mal on tenta honteusement de nous expliquer pourquoi Leatherface était devenu un agité de la tronçonneuse.

lust-2Le tableau dépeint jusqu’à présent était volontairement noir (mais fidèle à une réalité qui m’effraie davantage de mois en mois). D’où viendra donc la lumière ? De l’Asie. Le cinéma asiatique est en plein boom, et même s’il n’est pas distribué comme il le devrait dans les salles françaises ou américaines, le bouche à oreille fonctionne suffisamment bien pour qu’on en parle de plus en plus. Ainsi ces dernières années ce sont des films comme Election, Thirst, Le bon, la brute et le cinglé, la « trilogie vengeance » de Chan-wook Park ou encore Lust, caution qui ont ravi les cinéphiles.

Tandis que les studios Pixar présentaient en 2008 l’amusant, mais inintéressant Wall-E, Miyazaki proposait le poétique et intelligent Ponyo sur la falaise . Le cinéma asiatique semble s’être doté de ce que le cinéma occidental a perdu, à tel point que certains grands succès américains ne sont que des copies ou des dérivés d’oeuvres asiatiques. Notons ainsi, puisque nous avons brièvement évoqué Avatar et que nous évoquons présentement Hayao Miyazaki, que le film de James Cameron semble fortement inspiré par le cinéma de ce dernier, et notamment par le culte Nausicaä de la vallée du vent . De même, l’excellent Les infiltrés de Martin Scorsese était « inspiré » du non moins bon Internal affairs d’ Andrew Lau et Alan Mak .

La richesse du cinéma asiatique ne date pourtant pas d’hier. Qu’il s’agisse de John Woo ( Le syndicat du crime 1 et 2 ), d’ Akira Kurosawa ( Kagemusha, l’ombre du guerrier, Les septs samouraïs ) ou de Koji Wakamatsu ( Quand l’embryon part braconner, Vierge violée cherche étudiant révolté ), le talent de l’Orient s’exprime depuis des dizaines d’années. Il est grand temps qu’il vienne mettre un peu d’ordre dans nos salles de cinéma.

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A propos de l'auteur

Image de : Enfermée à l’extérieur sur le balcon de la Tour Sombre, Alex trouve parfois le courage de s’arracher à l’emprise du Crimson King. Elle ajuste alors sa longue vue et observe d’un air narquois le spectacle du rock, du cinéma et de la littérature qui déclinent. Il lui arrive quelquefois d’être agréablement surprise, mais c’est rare tant elle est consubstantiellement cynique. Son premier roman, Unplugged, est paru en 2009, puis un second en 2010, intitulé Omega et les animaux mécaniques, inspiré par l'album Mechanical Animals de Marilyn Manson.

9 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 8 janvier 2010
    MOC a écrit :

    Votre vision du cinéma actuel fait vraiment peur, les gars.

    C’est beaucoup de figures de style pour résumer ça à ce que l’on sait déjà et qui n’a fait que se confirmer durant ces 10 dernières années:

    la machine hollywoodienne s’est renforcée, accouchant de mutants encore plus mutés,

    les petites productions indépendantes US sont toujours aussi agréables et inventives,

    le cinéma français survit tant bien que mal grace aux nouvelles comédies populaires,ou à un cinéma choc (je pense à 36, quai des orfèvres par ex…)

    et l’univers nippon fait rêver tous les cinéphiles, quitte à lui vouer un culte souvent justifié, …mais pas toujours (quid du rythme inadéquat (mais c’est culturel, donc sujet à appréciation) et de la sur-théatralisation du jeu des acteurs?

    Arrêtons de cracher dans la soupe, n’oublions pas une chose essentielle: le cinéma n’est pas un art d’élite, c’est un spectacle populaire avant tout.
    C’était un rassemblement sous un chapiteau, au mm titre que le cirque, et c’est à présent ce qui fait vivre, financièrement, le cinéma en général: les grosses productions, où on laisse parfois son cerveau à l’entrée de la salle, certes, mais avec une joie toute enfantine.

    Si pour qu’un seul Eternal Sunshine… voit le jour, il faut une ribambelle de Saw ou de Twilight machin pour compenser, pourquoi pas?

    Ce sera déjà une bonne année!

    A force de faire des récapitulatifs annuels, à vouloir comparer des origami délicats avec des bombardiers en acier, …forcément, c’est facile de crier au naufrage.

    Mais non, moi je ne trouve pas que le ciné se porte si mal.

    Je pense que le jour où il se portera très mal, ce sera celui où il n’y aura plus d’argent qui circule dans le milieu.
    Parce que les gens n’auront plus envie de se déplacer pour aller dans les salles, les grosses productions, et parce qu’il n’y aura plus de producteurs , d’investisseurs, et surtout… plus de films populaires.

    Alors, désolé, mais perso, je pense que Bienvenue Chez les Chtits et un signe de bonne santé pour le cinéma populaire, et que le sublime District 9 est la preuve que de gros producteurs/réalisateurs peuvent encore croire et investir dans de nouveaux réalisateurs qui viennent avec leurs propres idées.

    Ps: Alex, Arnaud, … c’est juste moi ou on a énormément de mal à suivre vos raisonnements, tellement la forme est ampoulée?
    Mais bonne année à tous :)

  2. 2
    le Vendredi 8 janvier 2010
    Eymeric a écrit :

    Je réagis à l’article de Loïc, je suis en partie d’accord pour ce qui est du cinéma français… maintenant, pour voir un bon film français il faut aller dans un cinéma d’Art et essai. Des films comme les ont réalisés la Nouvelle Vague n’auraient pas le haut de l’affiche de nos jours, aujourd’hui les français préfèrent des films comme les Chtis ou encore cette profusion de films passéistes de la bonne vieille France. Le gros problème du cinéma français, c’est qu’il n’y a pas comme aux Etats-Unis des films à la fois bien produits et bien réalisés, mis à part peut-être ceux de Jeunet… Mais bon, ça n’empêche que quelques perles se font parfois remarquer, comme « Naissance des pieuvres » que citait Arnaud et que d’autres films Ovnis prennent pour un temps le devant de la scène comme « Baise-moi » de Despentes et Trinh Thi.

  3. 3
    Pascal
    le Samedi 9 janvier 2010
    Pascal a écrit :

    « Ps : Alex, Arnaud, … c’est juste moi ou on a énormément de mal à suivre vos raisonnements, tellement la forme est ampoulée ? »

    Perso je trouve que la forme de cet article est assez rafraichissante et très agréable à lire. Et surtout que plein de choses assez intelligente y sont dites à travers ces 3 visions.

    Mais je suis assez d’accord avec Toi M/O/C quand tu rapproches le cinéma du cirque. Cela m’avait donné un peu cette impression avec Avatar qui à partir d’une trame assez simple est arrivé à m’enthousiasmer comme peu d’autre films l’ont fait ces dernières années. Avec une salle qui a applaudit debout la fin du film à la manière d’un public de théâtre ou de concert….

  4. 4
    Loïc
    le Samedi 9 janvier 2010
    Loïc a écrit :

    @M/O/C : « Si pour qu’un seul Eternal Sunshine… voit le jour, il faut une ribambelle de Saw ou de Twilight machin pour compenser, pourquoi pas ? »

    C’est ça, le problème. Si on accepte qu’il faille 40 films au ras des pâquerettes pour un seul qui vaille le coup on est prêt à accepter n’importe quoi. A l’époque on a quasiment fait d’un film comme « Bienvenue chez les Ch’tis » l’évènement cinématographique de l’année; à l’époque je vivais en Angleterre : quand je parlais ciné avec des Anglais ils n’avaient que ce film à la bouche, rien d’autre. Moi ça me fait mal.

    Évidemment il faut que de l’argent circule, évidemment sans les grosses productions les plus petites trouveraient plus difficilement leur financement. Ce n’est pas notre vision du cinéma qui fait peur, c’est la façon dont le cinéma est perçu par la plupart des gens : tu as l’air heureux de laisser ton cerveau à l’entrée des salles; je ne vois pas l’intérêt. Je ne dis pas que ce n’est pas rafraichissant de temps à autres, je trouve simplement que si on pouvait le faire moins souvent on pourrait accorder notre attention à des réalisateurs et à des films qui sortent des sentiers battus et qui « sauvent » le cinéma.

    Enfin je parlais du cinéma asiatique, pas forcément nippon. Je ne suis pas d’accord sur un point : le jeu d’acteur n’est pas forcément l’objet d’une sur-théâtralisation. Mais lorsque ça arrive cela ne dessert pas toujours le film…

    @ Eymeric : On est d’accord pour « La naissance des pieuvres ». En revanche « Baise-moi » a autant d’intérêt que le livre, ce qui ne le place pas bien haut. Mais c’est Despentes, alors forcément… Il n’empêche que tu as tout à fait raison : par moments, des films OVNI parviennent à se glisser sur le devant de la scène. Je regrette simplement que cela n’arrive pas plus souvent, mais c’est peut-être aussi ça qui fait qu’ils restent de qualité : ils ne subissent pas les obligations d’un matraquage promotionnel acharné.

    Pour conclure j’ajouterai que je ne comprends pas du tout l’enthousiasme des spectateurs devant Avatar (lorsque je l’ai vu point d’applaudissements ou de standing ovation, mais un silence incroyable pendant toute la durée du film; jamais vu (entendu) ça). Un scénario qui emprunte un peu partout, 2h40 de niaiseries et de péripéties prévisibles…

  5. 5
    le Samedi 9 janvier 2010
    Alex a écrit :

    @M/O/C « Ps : Alex, Arnaud, … c’est juste moi ou on a énormément de mal à suivre vos raisonnements, tellement la forme est ampoulée ? »

    Mmhh… C’est toi ! :-D
    En ce qui me concerne, c’est assez simple à suivre : je pourrais écrire moins ampoulé (à partir du moment où je n’emploie pas des mots comme « consubstantiel », « exégèse » ou « ontologie », je trouve que j’écris très simplement d’ailleurs) auquel cas mon raisonnement se limiterait à « C’est nul, c’est nul, c’est nul, c’est nul ».
    Rien n’a grâce à mes yeux et d’ailleurs je trouve qu’Eternal Sunshine, c’est niais.

    Ce qui précède était encore une illustration du fait que je ne peux jamais m’empêcher de verser dans la provocation sarcastique.
    D’aucuns trouveront ça pénible et même emmerdant, mais c’est ma façon de faire ; je plaide coupable.
    Il y a beaucoup de choses que j’apprécie, mais c’est tellement plus amusant de critiquer que je m’attarde souvent plus sur le négatif.

    En fait, ça m’a toujours énervée de constater que beaucoup de personnes effectivement élitistes ont énormément de mal à admettre que le cinéma puisse être un divertissement et parfaitement s’assumer comme tel.
    C’est une vision des choses que je partage – j’ai l’intégralité des films de Ben Stiller sur mon étagère à films, autant dire que je suis la dernière personne à m’auto proclamer élitiste – dans une certaine mesure, parce que se prendre une énorme claque devant un Lynch, un Kubrick ou un Lars Von Trier, ça n’a pas de prix.
    Quand je vois la France se taper le cul par terre devant Brice de Nice ou Camping, sachant que, comme dit Loïc, ce sont ces films là qui ont le plus de rayonnement à l’étranger, ça m’énerve – et je ne pense pas non plus que le nivellement par le bas soit une bonne manière de considérer les choses.

    Pour ce qui est des classements annuels, ça n’est pas vraiment le propos de l’article… C’est juste qu’en ce qui me concerne, je constate que ces 10 dernières années ont été beaucoup moins riches que la décennie précédente.

    Pour dériver un peu, je me méfie énormément de l’utilisation de la 3D, parce que je vois venir la mise sur les effets spéciaux au détriment du scénario et ça va m’énerver.
    Bien sûr, on sursautera énormément quand on verra le tueur en série nous bondir dessus à travers l’écran, mais pour ça, il lui suffira de sortir de sous le lit de l’héroïne blonde et court-vêtue.
    On avait réussi à faire beaucoup mieux que ça et à créer des atmosphères très intéressantes (et pour le coup le cinéma asiatique n’est pas en reste, cf Takashi Miike et son Audition), je crains qu’on ne se heurte à nouveau à l’écueil de la facilité et du gore à gogo.

    C’était mieux avant – en gros, c’est un peu la quintessence de mon raisonnement, en 4 mots sans ampoules ! ;-)

  6. 6
    Pascal
    le Samedi 9 janvier 2010
    Pascal a écrit :

    @Loic : rapidement sur Avatar. Alors que j’étais plutôt parti dans une optique un peu blasée à la « here I am now entertain me », le film m’a littéralement scotché.

    Les effets spéciaux, la 3D, la débauche de FX, tout se marie à la perfection alors que le risque d’en faire trop ou de faire toc’ était bien réel.

    Au delà de tout ce qu’on a pu écrire sur le film ou de son budget démesuré, ça a été pour moi un film qui m’a tout fait oublier pendant 2h45 et Cameron m’a projeté dans son monde et dans son histoire. Un peu ma définition perso du « bon cinéma »…

    Que Cameron soit un monomaniaque perfectionniste de la pire espèce (un peu à la manière d’un Reznor dans un autre registre) y est d’ailleurs pour beaucoup dans la qualité du résultat…

  7. 7
    le Lundi 11 janvier 2010
    Ouaicestpasfaux a écrit :

    Ne polémiquons pas sur tel ou tel film, le seul fait que vos 3 visions soient différentes entre elles prouvent qu’il en faut pour tous les goûts.

    Finalement, que peut-on reprocher au cinéma des années 2000 ? La même chose que ce qu’on pourrait reprocher à la musique, au jeu vidéo, à la bande dessinée, au théâtre : ce millénaire est né sous le signe du divertissement, le cinéma est consommé en masse comme tout produit culturel qu’il est.

    Et on voit donc débarquer des myriades de petits profiteurs non talentueux prêts à profiter de la crédulité et de l’envie de prémâché de millions de « clients » potentiels.
    A partir de là, on aura effectivement 40 films à éviter pour 2 perles et 5 films moins forts mais sympas.
    Mais pas de quoi être surpris puisqu’on sait que les grands studios US ne vendent leurs films aux exploitants (salles de ciné du monde entier) qu’en lot ! Pour acquérir un block-buster, il faudra acheter les 10 bouses du fils du producteur ou du copain du réal… UGC, Gaumont, MK2, Pathé nous les proposerons sur grand écran, évidemment, puisqu’ils les ont achetés !
    Voilà, c’est ça l’économie du cinéma.

    Alors oui, il y a plus de déchets qu’avant, oui il y a des publics moins exigeants qui ne vont au ciné que pour se détendre, mais ça n’empêche pas les amoureux de ciné de trouver leurs comptes dans des films plus pointus (cinéma asiatique en général (Corée plus particulièrement), indépendants ou gros producteurs avec une éthique et du talent).

    Bonnes séances à tous :D

  8. 8
    le Jeudi 21 janvier 2010
    pierre a écrit :

    Un peu sceptique avant d’aller voir ce film. Je dois admettre qu’Avatar est tout simplement Sublime. Le scenario est certes peu développé est ressemble à la version moderne de Pocahontas. Mais ce film nous emmène derrière est fresque magique et poétique à travers toutes ces images. Avatar inaugure un nouveau genre de science-fiction comme l’odyssée de l’espace l’a fait. Les amoureux de voyages et de beautés visuelles ne pourront qu’être enchanté tant avatar est éblouissant. Vivement la suite !

    Pierre de Cadomax ( Jeux en ligne )

  9. 9
    le Vendredi 22 janvier 2010
    M/O/C a écrit :

    Merci pour vos re-réactions à ma réaction un peu vive… et ce, en restant courtois (décidément, c’est bien à ça entre autre qu’on reconnait un bon webzine je trouve (frottfrott))… :)

    En gros, ce qui m’interpelle dans tout ce mini débat, c’est que…vous prenez en compte un élément que peu de gens prennent en compte, enfin pas le commun des mortels, quand il va voir un film français (ici on parle des grosses prod’ bien bourrines) :
    Quelle image cela va-t-il encore faire véhiculer sur la France, sur l’incapacité du cinéma français à créer des bijoux (mis à part les films dures et tranchants comme Un Prophète, Mesrine… toujours plus ou moins dans cette atroce tradition du cinéma policier/banditisme/hyperréalistes…)

    L’imaginaire, le surréalisme, la folie finalement, on la trouve plus en France, pays culturellement frileux sur ce point.
    Et pour ça, oui, si on regarde la France… les 10 dernières années ont été bien tristes, cinématographiquement parlant.

    Mais au niveau mondial… roooh, arrêtez, entre les bouses, il y a les meilleurs films de ces 30 dernières années qui sont sortis dans cette première décennie du siècle nouveau je trouve.

    Et puis, finalement, l’autre point qui fait toute la différence, et qui rejoint le coté « spectaculaire », face auquel certaines personnes ont un peu encore le plaisir coupable, et d’autres l’assument mieux: c’est l’implication totale.

    Avatar, quel que soit son scénario, ses faiblesses, ses limites… possède une chose qui fait qu’il bat bien des films « rivaux », pourtant plus imaginatifs, plus intelligents… et cette arme redoutable, c’est l’identification et l’implication totale du spectateur dans un univers.

    Et ça, on y arrive pas encore vraiment ici en France (ou en Europe meme plus généralement), parce que justement, on aime regarder les choses un peu par la lorgnette, sans s’y immirger totalement.

    Seul Jeunet y est arrivé un peu, avec Caro, puis avec Amélie… et puis, plus rien.

    Mais l’immersion, ce n’est pas un avilissement… c’est juste accepter le retour en enfance.

    Et ça c pas pareil, et je comprends fort bien que pour certaines personnes, un peu aigries, ou trop pointues… ça soit plus difficile, voire impossible à faire.

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