Les Fatals Picards à la Fête du PC de Lézan

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La saison 2007/2008 n’a pas simplement symbolisé les déboires des Bleus, loin de là. Elle a surtout marqué la consécration d’un groupe qu’on a tous au moins entendu une fois, Eurovision oblige. Et pourtant en janvier 2008, voici que les Fatals Picards reprennent la route, l’un de leurs membres fondateurs en moins…

fatalsSur le plan national, les Fatals Picards viennent de parapher plus de 10 années d’existence, de tumultes, de changements de membres, pour au final trouver de 2005 à 2007 leur stabilité idéale. Deux albums ( Picardia Independenzia, Pamplemousse Mécanique ) sont venus propulser ces 5 lascars dans tous les festivals et salles de concert de France. Et même leur correction subie lors de l’ Eurovision 2007 n’aura pas entamé l’engouement de nos Picards qui n’ont désormais plus de Picard que le nom.

Mais en décembre dernier, coup de tonnerre lorsque Ivan Callot, l’un des deux chanteurs des Fatals, annonce qu’il quitte le groupe pour se lancer dans un projet solo, et que surtout il ne sera pas remplacé. Alors la question qu’évidemment tout le monde se pose, c’est de savoir comment les Fatals Picards vont pouvoir se débrouiller sans lui.

Pour y répondre, rien de plus simple. Les ayant déjà vu plusieurs fois à cinq, il était donc grand temps d’aller se mesurer à leur nouveau spectacle en configuration réduite. Rendez-vous sera pris à la fête du Parti Communiste de Lézan, dans le Gard. D’ailleurs les Fatals Picards ont l’air de participer à presque toutes les fêtes communistes de cette année.

Il est clair que le départ d’ Ivan va provoquer un gros changement. Il assurait tout de même une grande partie du chant et dès qu’il lâchait son micro, il faisait office de véritable chauffeur de foule. C’est à présent seul que Paul Léger se retrouve devant le public de Lézan.

Le groupe décide d’attaquer direct par du lourd, en laissant de côté les chansons plus posées de son répertoire. Dès les 4 premiers titres, déjà deux incontournables : la Française des Jeux ainsi que l’inénarrable Djembé Man . « Une révolution, ça commence toujours par un mec qui ramène son djembé .» Qui dans le public ne se reconnaît pas dans les paroles de cette chanson ?

Les efforts du chanteur pour occuper un maximum de place sont flagrants. Beaucoup de déplacements latéraux, l’utilisation de tabourets, de baffles, tandis que le guitariste et le bassiste sont situés sur les deux côtés de la scène, au premier plan. Le micro est situé au centre, tandis que le batteur est juste derrière.

fatals3Les titres s’enchaînent. Les incontournables sont là. Les bourgeois feront sourire les militants présents. « Cette année encore il pleuvra à la fête de l’Huma, ce sera de la faute des bourgeois. Le premier mai c’est un dimanche qu’il tombera, ce sera de la faute des bourgeois ! »

Autre grand moment du concert parfaitement adapté au contexte de la soirée avec Mon père était tellement de gauche (.que lorsqu’il est parti, la gauche est partie avec lui) . Désormais ce sera Jean-Marc (batteur) qui assurera le chant sur ce titre. Un joli clin d’oeil lorsqu’on sait qu’il vient justement d’Alès (à 10 minutes du lieu du concert).

Le public est ravi, et semble apprécier le second degré des chansons. Mais pour les habitués, il manque tout de même quelque chose. L’absence de la voie stridente d’ Ivan est flagrante et personne n’est habitué à autant entendre chanter Paul . Comme si un peu de la personnalité du groupe avait été arrachée.

L’autre point particulièrement intéressant à observer, c’est la façon dont le groupe aborde les phases de transition entre les morceaux. Auparavant c’était à un véritable duel de vannes auquel se livraient les deux chanteurs. Désormais Paul s’adresse directement au public. Un monologue forcément moins efficace, même s’il se fera régulièrement épauler par ses comparses.

Le groupe s’est toujours vanté d’utiliser entièrement les 80 minutes du format CD, quitte à le remplir avec de nombreuses pistes cachées. Des titres dont quelques-uns seront également joués ( Punkachien, Supporter et Lâche pas l’affaire ) et qui cassent avec bonheur la routine d’un concert.

L’esprit est inchangé, mais le départ d’ Ivan est tout même handicapant. Paul a du mal à tout gérer seul. Ce n’est pas l’envie qui lui manque, il est à fond, c’est indéniable. Le désir de varier. Voilà l’un des atouts choisis pour effacer les fissures apparentes de l’absence. D’un soir à l’autre le groupe change sa setlist, varie ses concerts et donne l’agréable impression de ne pas se contenter de réchauffer toujours le même concert.

Au cours de la soirée, nous aurons ainsi droit à Monter le pantalon (en réponse au célèbre hit de leurs amis de Zebda ), le savoureux Je viens d’ici ainsi que les Dictateurs et son humour noir qui en laissera perplexe plus d’un.  » Si on faisait une équipe de foot avec des dictateurs (…) Mao carton jaune, va te mettre au poteau, hop exécution !  » Un régal…

fatals2La fin du concert approche. Et le groupe choisit de le finir par le très attendu Bernard Lavilliers avant d’enchaîner sur l’inespéré L’amour à la Française au triste destin international. Quelques petites vannes encore avant de partir « Euh c’est au MoDem, je crois qu’ils n’aiment pas les femmes, non ? » . Trois petits tours et puis s’en vont.

Au final les Fatals auront fait un beau show d’1h45, malgré quelques oublis. Ils ont perdu un bout d’eux-mêmes, c’est certain. Et pas facile non plus de se retrouver projeté chanteur à plein temps. Une époque est révolue, personne n’est dupe. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le départ d’ Ivan coïncida avec la sortie, en début d’année, d’un CD/DVD live. Un objet à posséder pour tous les fans du groupe.

« Ce n’est plus les Fatals Picards » me disait un festivalier à la fin du set. Un jugement certainement exagéré. Aujourd’hui les Fatals Picards ne sont plus que 4, une nouvelle aventure qui commence en quelque sorte. Un état d’esprit toujours intact, des morceaux et des vannes toujours aussi explosifs. Il ne reste plus qu’à corriger quelques détails et la machine sera à nouveau pleinement opérationnelle.

De la chanson, de l’humour, du n’importe quoi à l’état pur et un grand bordel sur scène. Alors pourquoi s’en plaindre ?

Set List : Française des Jeux // La Sécurité de l’emploi // Seul et célibataire // Djembé Man // Les bourgeois // Lâche pas l’affaire // Moi je vis chez Amélie // Commandante // Mon père était tellement de gauche // Les dictateurs // Je viens d’ici // Chasse pêche et bitûre // Dors mon fils // Supporter // Punkachien // Public // Monter le pantalon // Bernard Lavilliers // L’amour à la française.

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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