Les Eurockéennes 2011 – Sur le sentier du rock

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Carton plein rassurant pour l'édition 2011 de ces Eurockéennes de Belfort, qui, en trois jours de fête et de musique, effacent d'un riff rageur les ratés de l’année précédente.

La réussite de cette édition tient essentiellement à la démonstration éclatante qu’un festival ne se résume pas uniquement à un alignement bête et méchant de têtes d’affiche, mais bel et bien à son âme. Car oui, un festival c’est avant tout une âme ! Un lieu. Des odeurs. Des souvenirs. Et autant dire que lorsqu’il s’agit des Eurockéennes et de ses 23 bougies, ce sont des centaines de milliers d’anecdotes qui peuplent la mémoire collective de tous ceux qui, depuis près d’une génération, se succèdent, tel un pèlerinage, sur cette fameuse Presqu’île. Les Eurocks font à ce point partie du paysage local et national, qu’il serait impensable de les voir un jour disparaitre ou changer d’endroit.

2011 n’aura donc pas dérogé à la règle et aura apporté son lot d’aventures, histoire d’entretenir un peu le mythe. Il y aura eu la musique bien sûr, ça, on y reviendra un peu plus tard, mais il y aura surtout eu tous ces sourires et ces éclats de rire partagés. Les excès en tous genres. La fatigue qui s’accumule, cette obsession constante de suspendre le temps pour ne pas arriver trop vite au lundi matin, tout comme cette frénésie boulimique de vouloir tout faire et tout voir. De ces 3 jours, il restera ces moments improbables qui auront vu le camping ovationner comme une rock star le conducteur (Damien) d’un camion de vidange (Roger Denis) devenue la mascotte du WE, faire une procession géante derrière un joueur de cornemuse en kilt ou assister à un défilé d’une armée de biomans vêtus de rouge…

Il y a tous ces à-côtés, qui contribuent à rendre le festival unique comme cette discothèque silencieuse absolument géniale avec ses clubbers se déhanchant sur des rythmes connus d’eux seuls et le final assez réussi des Plasticiens Volants avec leurs structures gonflables hallucinées. Il y a aussi cette nouvelle scène de la Plage. Un pur chef-d’œuvre monté sur l’eau avec un fond complètement ouvert. L’effet était saisissant et a suffit à faire oublier l’échec de la nouvelle loggia, inaccessible en cas d’affluence (Cf. Wu Lyf) tout comme l’absence du chapiteau transformé en une scène ouverte assez laide et affublée d’un affreux portique Heineken.

En parlant d’échecs, il y eut bien sûr ces instants de galère, les attentes interminables pour accéder à à peu près tout (parkings, navettes, sanitaires), les caprices d’une météo qui aura certes été clémente au niveau de la pluie, mais redoutablement cruelle lorsqu’elle fera tomber le thermomètre aux alentours des 5 degrés pendant la nuit ou les tarifs absolument honteux des trois quarts des stands de catering.

Même si pour certains (voire pour beaucoup) les groupes programmés ne sont qu’un vague prétexte à faire la fête durant 3 jours, il reste que l’affiche de cette année était d’un éclectisme et d’une cohérence tout à fait réjouissante. Et c’est aussi cela qui définit ce qu’est un vrai festival : la cohérence artistique. Voir les Queens of the Stone Age le même jour que Kyuss Lives!, Drums are for Parade ou Mars Red Sky, ça a quand même plus de sens que de faire jouer Josh Homme juste avant Linkin Park.

Good Vibrations

Accompagné d’un unique percussionniste, Keziah Jones, en pleine préparation de son nouvel album, s’offre une escapade de quelques dates estivales dans une configuration ultra light. Même plus dépouillée, la musique du Nigérian garde intacte ce feeling hors-norme, mais le soleil de l’esplanade de la Green Room n’est sans doute pas le décor le mieux adapté à ce genre de set, et le public clairsemé du début de festival ne remuera vraiment sa tête que sur les « gros » tubes genre KPAFUCA et Rythme is love.

Aux abords de la scène, il est possible d’apercevoir le Staff Benda Bilili quasiment au complet, qui eux n’ont pas l’air d’en perdre une miette par contre. Deux ans après leur première prestation sous la loggia, le conte de fées se poursuit pour les Congolais auréolés de critiques dithyrambiques. À les voir ainsi, virevolter en tournant sur eux-mêmes avec un large sourire aux lèvres, il serait difficile de ne pas être contaminé par leur bonne humeur. Les voici donc de retour là où les choses avaient vraiment commencé pour eux avec ce concert de 2009 immortalisé sur le documentaire qui les emmena jusqu’à Cannes l’année passée. Une excellente manière de boucler la boucle et de peut-être prendre un peu plus de plaisir que lors de la première fois.

Autre chouette moment, le show du très prisé Raphael Saadiq qui offre un cocktail vintage-chic avec sa soul matinée de blues. Look, musique, attitude. Tout est très (trop ?) étudié. C’est classe, chaud, sautillant, ça met de bonne humeur. C’est la BO idéale pour lire son dernier numéro de GQ, en rêvassant à une Amérique des sixties fantasmée version Motown. Un peu comme si Don Drapper avait croisé le chemin de Curtis Mayfield. Pas désagréable.

Et pour finir dans le registre des Good Vibrations, comment ne pas écrire quelques lignes sur les indéboulonnables Tryo, aussi efficaces en live qu’ils sont sans surprise. Le show est rôdé, mais le spectacle et les enchainements sont les mêmes depuis la sortie de leur dernier album en 2008. Pas de grande originalité, les Tryo font le job et ils le font très bien, là n’est pas le souci. Bien sûr il s’agissait là d’un festival, mais vu leur position de tête d’affiche du vendredi soir, un petit effort de créativité aurait été le bienvenue, au lieu de nous servir du Pablo Mendès et du Désolé pour Hier soir à tour de bras, jusqu’à frôler l’indigestion.

French Touch Puta Madre

Si The Dø, AaRoN et Moriarty jouissent déjà d’un joli succès populaire, leurs concerts respectifs n’auront fait que confirmer que celui-ci est loin d’être usurpé.

Bien qu’assez sceptique sur leurs albums studio, comment ne pas être fasciné par le timbre de la jolie Rosemary de Moriarty lorsqu’elle nous conte la triste histoire de cette jolie fille qui vient de s’engager dans l’armée pour payer ses études (Private Lilly) ou de ne pas reprendre en chœur le lancinant refrain de Jimmy. Peut être est-ce le fait de les avoir vu trois ans auparavant sur la même scène, et à la même heure, mais la mélancolie qui se dégage de cette drôle de troupe habille ce concert d’une étrange intemporalité dans l’air poussiéreux d’une fin de dimanche après-midi.

Même constat pour AaRoN, qui malgré la cohorte de fans hystériques accrochée à leurs basques, n’a rien perdu de la simplicité de leurs débuts. Le groupe s’est étoffé, du moins en live, et leur son est devenu réellement impressionnant. Leur deuxième album est plutôt pas mal d’ailleurs, ce qui leur permets de consolider leur setlist et d’alterner avec brio quelques fulgurances rock au milieu de ces lentes montées destinées à mettre en valeur le redoutable talent de composition de la paire Buret / Coursier.

Tous crocs dehors, The Dø, entourés de nouveaux musiciens, furent impeccables en tous points. Porté par leur étonnant second album et ses rythmes syncopés, surprenants et jubilatoires, le live leur donne une dimension supplémentaire. L’exécution est irréprochable et d’une originalité remarquable. Classe. Très classe.

I bet you look good on the dancefloor…

Commençons d’emblée par les choses qui fâchent avec la performance catastrophique de Beth Ditto. On nous avait promis de revivre l’intensité de Gossip version 2008, avec sa chanteuse finissant en sueur dans le pit pour une version d’anthologie de Standing out the way of control de presque 15 minutes. À la place on aura eu Beth se déhanchant sur de la musique d’ascenseur accompagnée de quelques danseurs pour des chorégraphies d’un ennui mortel. D’autant plus rageant qu’il parait qu’à la même heure Wu Lyf était en train de remporter la mise sous une loggia pleine à craquer.

Plus réussi, le show de Stromae à la mise en scène léchée qui arrive à faire danser le public de ses airs entêtants et ironiques. Une grande messe électro à coups d’House’llelujah et de projections en tous genres. Si l’imparable Alors on danse servira de prétexte à tenir le public en haleine, le Belge arrive à créer son univers et amener le public là où il le veut avec son air désinvolte et ses ritournelles désabusées (Te quiero, Summertime) en égrenant uns à uns les chapitres menant au climax final tant attendu.

À l’électro de Paul Kalkbrenner qui déploie l’artillerie lourde sur la grande scène, on préféra le rock sautillant de The Shoes, mais d’après notre photographe, c’était bel et bien sur la piste de danse de la loggia qu’il fallait être pour Nasser, meilleur concert de tout le festival selon lui. On le croira sur paroles, même si avec Arcade Fire sur la grande scène au même moment, le choix s’avérait être assez difficile.

Le rock indé et ses icônes

Car oui, les Canadiens savent y faire pour filer la chair de poule à tout un festival. L’entrée sur Suburbs donne le ton. L’enchainement Neighborhood #2 / No car go est somptueux, et la troupe de Win Butler prends visiblement beaucoup de plaisir à changer de poste en permanence. C’est beau, parfois un peu trop grandiloquent, et après avoir eu les échos de leur prestation magique à Coachella, on ne peut s’empêcher d’être déçu de ne pas y retrouver la même démesure graphique. Pourtant cette urgence et cette spontanéité qui se dégage de chacune des chansons est frappante. Les nouveaux titres prennent le pas sur ceux de Neon Bible, mais tout cela passe étonnement bien et Ready to Start et Sprawl 2 seront peut-être même les meilleurs moments du set.

Beaucoup moins magique, le retour aux affaires de l’un des frères Gallagher, accompagné de ses ex-acolytes d’Oasis et renommé en Beady Eye. Typographie 70′s, voix nasillarde limite horripilante et un show lourd, psyché et pas si dégueulasse que cela au final. Avec toujours la même tête du gars qui a l’air de se faire royalement chier en toutes circonstances, ce que Liam ne possède pas en talent de composition, il le compense en énergie brute. Different gear, still speeding.. Le nom de l’album résume parfaitement la chose.

Les Arctic Monkeys ont quant à eux l’air de manoeuvrer avec infiniment plus d’intelligence que leurs illustres ainés. Il se trouve qu’Alex Turner n’est pas la moitié d’un imbécile et continue à tracer sa route, inexorable. Le show est percutant. Précis. Vif. I bet you look good… est toujours aussi redoutable, mais le reste du set n’a pas à souffrir de la comparaison. Brick by brick, les morceaux s’imbriquent entre eux pour former une jolie construction rock (This house is a circus, on vous dit).

Digital Noise

On nous avait promis une célébration orgiaque au son de Crystal Castles et de sa jolie chanteuse Alice. Il n’y eut ni célébration, ni orgie. Peut-être la faute à une technique défaillante ou à une scène trop grande pour eux. Allez savoir, mais on s’ennuie ferme, alors qu’on nous avait promis l’enfer sur scène.

Tout le contraire de la déflagration Atari Teenage Riot qui signe un retour magistral. Nouvel album (le très bon Hyperreal) en poche, le trio remonte sur les planches prêt à en découdre sur fond de gros son hardcore et de refrains screamés. Une heure d’adrénaline pure à scander le poing levé, ATR est une arme de destruction sonore massive, Alec Empire est une pile électrique infatigable. Un virus dans le système, prêt à tout faire exploser. Heureusement que le groupe clôturait la journée du samedi. Après eux, tout aurait paru affreusement fade.

Plus subtil, mais tout aussi jouissif, le set de Battles fut la découverte de ces 3 jours. Leur post-rock next gen est comme une énorme pieuvre qui absorbe l’esprit à coups de boucles qui rebouclent, qui se construisent et se déconstruisent en permanence. Les rythmes sont hypnotiques. Les machines se mêlent aux instruments pour se confondre en une seule et même entité. Un maelström sonore porté par des musiciens de génie.

And just Go with the Flow

Et qu’en est-il du rock’n roll me direz vous ? Parce que dans Eurockéennes il y a quand même « rock » à la base. À ce niveau-là, on pourra parler d’année faste, avec du très très lourd au programme.

Exportant ses rendez-vous bimensuels au Gibus hors de Paris, la franchise Ullmann et son Karaoké rock’ roll aura trouvé son public. Qu’il soit déguisé en Lemmy ou en Axl Rose, Nicolas Ullmann n’aura pas ménagé ses efforts en Monsieur Loyal d’un karaoké géant et assez réussi. C’est drôle, un peu potache, mais cela colle parfaitement à l’esprit du week-end.

Tout comme la performance hallucinée de Les Savy Fav et surtout de son frontman, Tim Harrington, qui offre un spectacle permanent sur un fond de punk bruitiste. En slip, dans l’eau, dans le public, Harrington c’est un peu Où est Charlie en version noise. « Oh ben il est où le chanteur ? Là regarde, il est en train de ramper par terre dans les premiers rangs ». Du coup la musique passe quand même beaucoup au second plan, d’où également cette impression de schizophrénie entre le manque total de rapport entre le son des musiciens et le comportement erratique du chanteur.

Légende vivante, la venue de Lemmy Killmister à Belfort aura été entourée d’une espèce de hype assez drôle à observer. Hype créée et entretenue par des gens n’ayant sans doute jamais entendu une seule note de Motörhead de toute leur vie et ne devant connaitre du groupe que son emblème entré dans l’imagerie populaire depuis quelque temps déjà. Ce qui donnait des réactions post-concert assez drôle à entendre, avec comme point d’orgue une espèce de torchon parue le lendemain dans le canard local (l’Est républicain) et qui dénotait toute l’incompétence de son auteur (genre Lemmy il est vieux, et chante faux). Égaux à eux-mêmes, Motörhead aura joué une heure de rock’n roll, brut, rugueux, porté par la batterie sans faille de Mikkey Dee et les riffs de menuisier de Phil Campbell, mais laissant de marbre beaucoup de ceux les découvrant pour la première fois. Et, ô surprise, ils ont joué Ace of Spades et Overkill à la fin. Et c’était bien.

Grosse affiche également pour les fans de stoner puisqu’outre les excellents Drums are for Parade et leur son lourd et massif, il y avait également les petits frenchies de Mars Red Sky, mais aussi, et surtout la reformation de Kyuss sans Josh Homme, et bien sûr plus tard dans la soirée le concert des Queens of the Stage, avec Josh Homme ce coup-ci. On ne sait pas s’il y a eu une photo de famille backstage, mais sur le papier avoir le même soir Kyuss et QOTSA relève un peu du Saint Graal. Le truc improbable qui n’arrive jamais.

De la lourdeur, du groove. De la puissance. De la finesse. Porté par la basse imparable de Nick Olivieri, Kyuss Lives! est un joli kiff. Pas étonnant que ce groupe reste l’une des références du genre. Comment résister aux premières notes de Gardenia, à la force de 100° ou au final étourdissant de Green Machine ? Peu prolixe, Garcia et sa voix très bluesy font merveille et offrent une excellente mise en jambe avant la tuerie Queens of the Stone Age.

Josh Homme est fascinant à observer, que ce soit en club, comme il y a quelques semaines alors qu’il venait rejouer le premier album des QOTSA dans son intégralité ou, comme ici, devant une foule de 20 000 personnes. C’est un roc. Un bloc monolithique de flegme et de décontraction, enchainant les brulots rock à la volée. La setlist est taillée pour les grandes foules. Feel Good Hit of the Summer en entrée de jeu. The Lost art of keeping a secret qui pousse juste derrière. Le groove est implacable. Le son vrombit dans toute la Presqu’île et l’euphorie gagne la foule lorsque le groupe attaque Better living through Chemistry. Une chanson pour les filles (Make it wich chu) suivie d’un Little Sister infernal. Les guitares n’en finissent plus de rugir. Castillo derrière sa batterie martèle ses fûts comme si sa vie en dépendait et le final 100% Songs for the deaf inside restera pour longtemps gravé dans les mémoires. L’enchainement est surréaliste : First it giveth pour placer les choses. Go with the flow pour enfoncer le clou. No One knows pour contenter la foule. Et un Songs for the dead à réveiller les morts. Les Queens sont définitivement l’un des meilleurs groupes de rock au monde. Et Josh Homme est un géant.

Crédits photo : Nicolas Brunet

Et en Bonus Track quelques instants volés de ces 3 jours….

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: Fondateur de Discordance.

3 commentaires

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  1. 1
    Pascal
    le Mardi 5 juillet 2011
    Pascal a écrit :

    QOTSA en route pour assister au concert de Kyuss Lives! : http://www.flickr.com/photos/evillorelei/5901715572/in/set-72157626990315241

  2. 2
    Isatagada
    le Vendredi 8 juillet 2011
    Isatagada a écrit :

    Bravo pour ce bel article fleuve ! Belle performance !
    Nico la 32 (Arctic Monkeys) mais Wahhhhhhhh ! Et les Savy Fav ! Excellents (le paragraphe les concernant aussi d’ailleurs).
    I’m proud.

  3. 3
    le Dimanche 10 juillet 2011
    margounnette a écrit :

    Très belles photos !!

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