Les doigts sur le clavier, Lyre le temps rêve de plus grand

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Ils sont trois, ils sont potes, ils vivent de la musique. Lyre le temps est un groupe né à Strasbourg en 2005, qui s'est fait connaître avec le tube About the trauma drum, au clip N&B hyper-léché. Rencontre au Festival Léz'Arts Scéniques après leur concert (la chronique de la journée est ici) et portrait plein de liens, de copains, et de rêves.

De la formation originelle, il ne reste aujourd’hui que Ludo, alias Ry’m. Formé à Berklee, le département musical de l’université d’Harvard, il partage désormais la scène avec DJ Q, qui a remplacé DJ Second depuis quatre mois et Rhum One, un des leaders de la formation Art District. Des changements synonymes de virage hip-hop.

« Ce sont les mêmes chansons, mais j’y rajoute ma touche sur les cuts et les filtres, une touche plus hip-hop que DJ Second, qui était plus porté sur l’électro. » explique DJ Q, également membre du Turntableast Crew (son portrait par Stras TV ici) et animateur de l’émission de mix Eat with us, sur Radio Bienvenue Strasbourg, chaque samedi de 12h à 14h.

Signé sur leur propre label, French Gramm et distribué par Irfan, le label des Ogres de Barback, leur premier album, Lady swing, s’est vendu à 7 500 exemplaires (en écoute gratuite sur Deezer). Lyre le temps a également décroché la palme « Découverte Printemps de Bourges » en 2009. « On a fait 250 shows en trois ans, avec 14 chansons. Aujourd’hui nous préparons un nouvel album » annonce Ludo.
Pour faire monter la sauce, deux morceaux sont déjà sortis : Lindy Hop, en featuring avec The Electric Swing Circus, un groupe anglais et Swing machine, en collaboration avec Art District, également originaires de Strasbourg. Le clip, cocktail de swing et de scratch, de Swing Machine sera diffusé lors d’une soirée de lancement le 6 septembre au Hall des Chars.

Et la suite ? Les trois gaillards voient grand, genre haut de l’affiche, scène de 10 000 personnes et contrat avec une major. « Je suis persuadé que notre système de fonctionnement DIY a ses limites, mais pour l’instant c’est rassurant parce que du coup ça reste dans des proportions qui sont gérables à l’échelle de 5 ou 6 décisionnaires. Et c’est la meilleure manière de pouvoir partir sur plein de projets et de travailler avec d’autres structures. Si demain on signe avec une major, on aura un tourneur et vachement plus de network. Plus de network égal plus de crédibilité : quand tu dis 15 000 c’est 15 000. Mais elle peut te lâcher n’importe quand alors que si tu arrives à booker tes 50 dates par an tout seul, t’es parti pour durer. Il n’y a pas un système meilleur que l’autre, il faut juste ne rien se laisser imposer. On a tellement fait longtemps tout seul qu’on n’arriverait pas à faire de concessions sur notre show » développent-ils.

Avec quelques autres groupes strasbourgeois, Lyre le Temps bénéficie d’une résidence à titre gracieux à la plateforme Laiterie et du soutien du label Deaf Rock Records pour les enregistrements en studio. « Grâce à ces aides, on est six personnes à vivre du projet. Mais on a de la chance, parce que par rapport au nombre de formations talentueuses, je trouve qu’il n’y a pas encore assez de structures pour endiguer tout ce monde, toute cette création. Strasbourg déborde de son talent ! » estime Rhum One, qui en profite pour saluer l’association Les sons d’la rue,  « très présente dans le milieu du rap ». « Il y a deux réseaux parallèles entre Paris et la province, qui ne communiquent pas. Nous avons envie de montrer qu’on peut percer nationalement en restant à Strasbourg, de nous développer ici ». Affirme-t-il.


Lyre le Temps / Folk in da House édition Lez'… par seyhar13

Pour attirer les foules, Lyre le temps a mis au point une recette originale : du jazz, de l’électro, du hip-hop, du scratch, le tout dans un show qui claque, en costard-casquette. « Nous avons très peu de limites dans notre musique. On parvient à rassembler un public éclectique, car chacun y retrouve ce qu’il aime. La culture musicale est très riche en France, les gens continuent de sortir, ce sont des spectateurs avertis » apprécie Ludo.

Même s’ils font encore plein de skateboard, vont au cinéma et continue d’aller à Europa-Park ensemble, il faudrait aux trois acolytes « 15 jours de réflexion » pour se mettre d’accord sur une collaboration. Alors chacun a eu le droit d’exposer ses rêves de gosse :

Ry’m : « Stevie Wonder, Daft Punk…et Adèle ! »

Rhum One : « Pour que ça donne la perfection, je veux faire un feat avec quelqu’un qui a l’engagement de Public Enemy, le groove de Aretha Franklin et la puissance de RATM »

DJ Q : « Si c’était un producteur : DJ premier. Un rappeur : Busta Rhymes et un DJ-scratcheur : Qbert ».

Mais s’il y a bien une chose sur laquelle ils sont d’accord c’est qu’ils n’arrêteront jamais la scène : « On ne s’en lasse pas. C’est un pur kif, que cela soit un atelier de 30 personnes ou un festival de 7000 personness » résume DJ Q.

La déconne non plus, ils ne s’en lassent pas, en témoigne une session photo des plus déjantées…

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: Journaliste free-lance presse écrite / web - Sur Discordance dans les rubriques Musique/Médias/Société - Tente de s'intégrer mais c'est pas évident. @LaureSiegel

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