Les Déboulonneurs

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Quelques jours après l’adoption du nouveau règlement local de publicité (RLP), le collectif anti-pub des Déboulonneurs s’est rendu au boulevard de Clichy (Paris) pour un barbouillage. Reportage.

« Le nouveau règlement local de publicité ( RLP ), c’est un non-évènement ! ».

Voila ce qu’on peut lire sur le site des Déboulonneurs à propos du très médiatisé RLP, signé le 18 décembre dernier. Le texte visant à limiter la réclame dans la capitale ne satisfait pas le collectif anti-pub et il l’a prouvé en descendant samedi 22 décembre dans la rue pour une nouvelle action de barbouillage.

Les Déboulonneurs ont choisi le boulevard de Clichy (Paris) pour leur 22ème rendez-vous. Avant même l’arrivée du collectif, il y a déjà six camions de police et plusieurs membres des renseignements généraux postés devant la bouche de métro voisine. A 14h05, les Déboulonneurs font leur apparition. L’un deux, déguisé en père Noël, arbore une pancarte,  » J’ai déserté la guerre économique  » tandis qu’un autre joue un air à l’accordéon. Petit à petit, un attroupement d’une vingtaine de personnes se forme. L’opération peut commencer.

La publicité, « élément de pollution et d’agression »

deboulonneur1Pendant leur discours, les Déboulonneurs évoquent à plusieurs reprises le nouveau RLP . David Sterboul reconnaît que le texte présente  » certaines avancées  » dont  » la fin des panneaux de 4m² par 3  » mais regrette qu’il  » ne nous prive pas des 8 m² déroulant « . Un autre évoque le cas de Montmartre, qui sera interdit à la réclame d’ici deux ans. Pour lui, Cette décision est  » la reconnaissance officielle que la publicité est un élément de pollution et d’agression « .

A la fin du discours, David Sterboul se tourne vers les policiers camouflés derrière un petit train de tourisme, et leur explique, en même temps qu’au public, ce qui va se passer.  » Nous allons nous diriger vers des panneaux publicitaires. Parmi les personnes présentes, une poignée va se détacher du groupe pour inscrire à la peinture des slogans anti-publicité. C’est un acte illégal, nous le savons, mais nous n’avons pas d’autres possibilités à l’heure actuelle.  » La démarche est très pédagogique et permet de  » faire baisser la pression  » pour éviter les scènes de violence lors de l’interpellation.

Barbouillage et interpellations

La petite troupe se dirige maintenant vers le lieu de barbouillage. En passant devant la bouche de métro, David prévient les policiers qui bloquent l’entrée que  » l’action a lieu à l’extérieur et non pas à l’intérieur « . L’opération ne dure que quelques minutes, le temps pour les Déboulonneurs d’inscrire leurs slogans, tels que  » camisole mentale  » ou  » mangez de la liberté  » sur les panneaux. La police laisse les manifestants accomplir leur acte jusqu’au bout avant de procéder aux interpellations. Plusieurs personnes sont menottées dont le  » père noël des Déboulonneurs  » tandis qu’un employé du Sex-shop devant lequel à lieu l’arrestation, s’empresse de baisser le grillage du magasin. Un policier se rapproche alors de David Sterboul et demande  » Vous avez terminé ? « . Une petite discussion s’en suit, sans animosité aucune. David conclue en remerciant le policier  » pour [leur] attitude « .

Une femme interpellée, personne pour la fouiller

deboulonneur2Tout aurait pu se terminer sur ses mots, mais un problème va faire traîner la dispersion de la manifestation : une femme a été interpellée et il n’y a pas de policière pour la fouiller. Les forces de l’ordre encerclent donc la foule en attendant qu’une collègue féminine soit dépêchée sur les lieux. Une longue phase d’attente débute. La femme, toujours entourée d’environ cinq policiers, se remet du rouge à lèvres pendant  » son moment de gloire « . Un couple danse sur un air d’accordéon. Les Déboulonneurs en profitent pour passer des annonces mais ils sont vite à court.

Vingt cinq minutes plus tard, une policière arrive en voiture, sous les applaudissements des manifestants. Le cordon de policier est rompu, la foule est libre. Avant de partir avec ses collègues dans un petit bar, un membre des Déboulonneurs lance dans le mégaphone aux policiers  » À l’année prochaine, messieurs !  »

Crédits photos: Louis Madre

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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