Les Caméléons – Ya Basta !!!!!

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On ne compte plus les années pour nos compères bretons des Caméléons. Des débuts en 1991 à ce 7e album très attendu, Ya Basta !!!!! arrive à point nommé pour défier la chronique.

51oo4nz8pdl-_sl500_aa240_ Pas de Concessions (2006) est déjà loin. Trois ans de recul auront permis de dire Ya Basta !!!!! à tout ce qu’il a été dit ces dernières années. Les Caméléons ne sont pas morts, non, ils bougent encore ! Mieux, c’est avec un œil attentif qu’ils ont procédé à la composition de ce nouvel album. Le punk rock festif amorcé sur Pas de Concessions avait déplu. Indéniablement. Même si l’évolution musicale reste la clé de voûte de la longévité d’un groupe, ce n’était pas là l’identité des Caméléons, pas ce que recherchait son public.

Avec Ya Basta !!!!! les choses sont moins tranchées, mais il reste très difficile de voir où le groupe veut en venir. Comme s’il ne savait plus vraiment quoi proposer. Les premiers morceaux de l’album sonnent comme un retour aux sources digne de Hay La Frita (1995). Sur le titre d’ouverture Comme s’il en pleuvait, les cuivres sont explosifs et les paroles toujours aussi percutantes « Comme s’il en pleuvait, des euros, des dollars, des familles qui crèvent la dalle.. Comme s’il en pleuvait, des gendarmes, des flashs et des radars ». Avec le fameux chant en espagnol pour lancer le set ! Bref, un régal. On ne pouvait rêver meilleure ouverture.

La suite reste dans la même lignée : La Famine débute curieusement sur des airs d’accordéon pour se voir suppléer de saxos déroutants. On remarque la nette mise en avant d’un jeu de basse qui donne un sacré côté rock’n roll à nos Bretons skateux. Cependant, Les Caméléons aiment piocher dans leurs placards à succès : La Muneca semble être tout droit sorti de l’album révélateur Todos, où les sonorités nous donnent l’impression d’avoir été déjà entendues. Il en va de même avec La Machine, morceau réussi sur le réchauffement de la planète, mais avec un refrain ressemblant étrangement à certains passages de leurs acolytes des Marcels .

Mais les choses se gâtent au fur et à mesure que les titres défilent. Juke-Box est le premier flop. Une revendication « génération post enfant du rock, ton histoire tient dans un juke box » où une voix remixée lance le début de la compo. Reprises de célèbres refrains entrecoupés de «  J’aime regarder les filles qui marchent sur la plage ». Les trois minutes passées nous paraissent bien longues. Même constat pour Royal de Luxe : les mélodies sont banales et n’apportent rien de bien nouveau.

Les Dix Doigts rappellent Soleil d’Italie sur l’album précédent, et ils n’hésitent pas à nous submerger de riffs de guitare imposants. Écolo quant à lui va faire figure d’ovni au milieu de Y’a Basta !!!! Un portrait noir des politiques qui se prétendent écologistes est dressé sur fond de disco / rock. Si le concept est original, son rythme casse littéralement la ligne directrice, pourtant déjà bien fragile, de l’album.

cam2 America Latina et Barcelona dégagent une puissance époustouflante et risquent de faire des dégâts sur scène, mais ces deux chansons sont également le reflet de ce que veulent être Les Caméléons aujourd’hui : un groupe plus punk rock festif que ska en essayant de mixer le tout, tout en gardant ce qui plaisait au public : l’alternance du chant en français et en espagnol.

Sur la fin de la galette, on se croirait même sur un disque de Rancid . Adieu Chantal va faire très mal par sa violence, et à la manière de La Ruda, Chanson à Fab dresse le portrait d’un amateur de rock « Faudrait bouger, tous à l’unisson, le rock’n roll c’est tout à fond ! », avec riffs saccadés, guitares déchaînées et coups de buttoirs endiablés.

Mais malgré ce feu d’artifice final, ce nouvel album des Caméléons est au final assez décevant. Pas de Concessions marquait un net tournant musical dans le groupe et Y’a Basta !!!!! ne fait que le confirmer. Ce n’est pas tant ce virage en lui-même qui gène, mais plutôt se qui se cache derrière ces 13 titres : des paroles très inégales qui soufflent le chaud et le froid, certaines compositions qui manquent cruellement de souffle, et surtout des passages punk beaucoup trop semblables les uns les autres.

Espérons donc que la scène soit le moyen de transcender la galette et de lui faire prendre toute son ampleur. Mais avec leur grande expérience de la chose, cela devrait être le cas.

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Dans les bacs depuis le lundi 21 septembre 2009.

Site Officiel : www.lescameleons.fr – Myspace : www.myspace.com/lescameleons

A lire sur Discordance : [Live report->48] (Février 2005)
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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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