Les 39 marches, comédie hitchcockienne

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Acclamée par la critique après avoir remporté le Molière de la pièce comique et celui de l'adaptation en 2009, « Les 39 Marches » reprend, porté par ce succès, au théâtre de la Bruyère.

Image de Les 39 marches Londres, début du XXe siècle. Richard Hannay se rend au théâtre. Suite à un formidable concours de circonstances, ce gentleman se retrouve accusé de meurtre et empêtré dans une affaire d’espionnage international, qui le conduira au coeur des Highlands écossais.

Tirée du roman de John Buchan (1915), qui fut adapté, entre autres, par Hitchcock au cinéma en 1935, on pourrait s’attendre, avec une pièce au scénario pareil, à recevoir une bonne dose de suspens et d’angoisse. Il n’en est rien. Ici, c’est l’humour qui prime sur tout. Omniprésent, il est décliné sous toutes ses formes : absurde, répétition, anachronisme, second degré, mise en abyme, etc. Les gags fusent et les situations cocasses s’enchainent les unes après les autres, ne laissant pas un seul instant de répit au public.

Il faut remarquer la véritable performance des acteurs, qui, bien qu’ils ne soient que quatre, vont jouer plus de 150 personnages ! Pour que le spectateur s’y retrouve parmi cette foule de protagonistes, les interprètes utilisent divers attributs vestimentaires et imitent des accents allant de l’allemand à l’écossais, voire même du sud de la France ! Toutes ces astuces, permettant d’éviter le chaos et de garder un ensemble cohérent, sont autant d’éléments qui rajoutent du piment à ce joyeux thriller.

La mise en scène d’Éric Métayer (également acteur), très bien pensée, va dans le même sens, appuyant le délire général. Elle joue avec l’espace et les perspectives comme avec le décor pour renforcer le sentiment de loufoque qui sied si bien à la pièce. Ainsi verra-t-on, par exemple, un spectaculaire vol de voiture à base de chaise, la traversée d’un torrent aux flots déchaînés ou encore un combat au ralenti entre Richard Hannay et les forces de l’ordre.

En conclusion, Les 39 Marches mêle avec brio aventure, suspens et humour, au sein d’un univers hitchcockien délirant. C’est une pièce dynamique, bien rythmée et résolument comique. Les deux molières ne sont pas volés, et on dirait que le succès va continuer encore longtemps !

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Au Théâtre La Bruyère

Du mardi au samedi, 21 h.
En journée le samedi à 15 h 30

http://www.theatrelabruyere.com

A propos de l'auteur

Image de : Martin Jeanjean est né en 1988 à Fontainebleau. Après être passé par le piano et la clarinette, il tombe amoureux de sa guitare, qu'il ne lâchera plus jamais, même après la Fin des Temps. Passionné d'art et de scène, il devient chroniqueur de théâtre pour Discordance, parce-que c'est franchement super cool. Egalement poète, il publie dans les revues "Borborygmes" et "Verso", et compte gratifier cette époque des poèmes qu'elle mérite; ce qui, croyez-le, n'est pas une mince affaire!

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