Le Rock dans tous ses États 2011

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Once again, Évreux s'apprête à fêter le Rock dans tous ses États pendant deux jours de fête et de concerts. La recette est éprouvée et ce festival à taille humaine jouit d'une excellente réputation tant au niveau de l'ambiance, que de la qualité de sa programmation. Mais l'exemple récent du Furia Sound qui se voit annuler pour la deuxième année consécutive prouve que l'organisation d'un tel évènement relève plus de la profession de foi que du long fleuve tranquille.

Comme chaque année depuis 3 ans, nous retrouvons Hedi Hassouna, le programmateur du festival à quelques jours du début des hostilités…

On peut lire en exergue de votre site web « Super foutraque et total gonzo, cette nouvelle édition du Rock Dans Tous Ses États secoue déjà nos fraîches oreilles. » En quoi cette édition sera-t-elle gonzo ? Qu’est-ce d’ailleurs qu’un festival gonzo ?

Rien à voir avec le cinéma d’auteur du même nom, mais Gonzo parce qu’on revendique nos choix ultrasubjectifs dans notre programmation. C’est notre photographie très personnelle du paysage musical de l’été. C’est Gonzo de mettre sur une même affiche Atari Teenage Riot et Disasteradio, Tiken Jah Fakoly et Kylesa. Enfin Gonzo parce que Kermit se la joue vraiment trop.

On peut également y lire : « 2 jours pour retrouver à Évreux ses (ex-futurs) amis pour la 28e fois, partager des instants uniques, découvrir, s’étonner et célébrer ensemble l’impeccable sélection des artistes de l’année. Des petits nouveaux et des retours attendus, des plus teigneux aux plus pointus. 35 groupes sans écrans géants, à portée de main, qui font de ce week-end un moment singulier et inestimable ». Quel est le retour que tu attends le plus ? Atari ? Skunk Anansie ? Jello Biafra ?

Mon cœur de midinette attend les Skunk et surtout Skin. J’espère bien que Jello B. va réveiller le punk qui est en moi. Le retour des Atari Teenage Tiot, je vois ça comme un signe annonciateur du jugement dernier, les chevaliers de l’apocalypse du digital hardcore, la B.O de la fin du monde.

Les petits nouveaux à découvrir absolument ? Cloud Control, des bricolages voodoo-pop réjouissants, un disque rempli de tubes, on en entendra parler à l’avenir. Dark Dark Dark, un songwriting lumineux et rayonnant, je n’avais pas écouté quelque chose d’aussi beau depuis Beirut. Hoquets, un trio franco-belgo-américain complètement Gonzo pour le coup, trois maboules qui bricolent au propre comme au figuré leur musique pop/funk/africaine/rap. Civil Civic, deux Australiens qui écartent les murs du son, ça joue fort, mais ça groove.

« Sans écran géant… » ? Est-ce choix délibéré de ne pas avoir de grosses têtes d’affiche ? Une contrainte ? Une contrainte dont vous essayez d’en tirer le meilleur parti ?

Un peu tout ça à la fois, on n’a pas les moyens de se positionner sur les grosses pointures qui tournent l’été, à moins d’envisager une grosse augmentation de la taille du site et ce n’est pas d’actualité aujourd’hui. On tire donc notre épingle du jeu en misant sur beaucoup de jeunes talents, de découvertes et de quelques noms plus populaires. Ça nous correspond assez bien, on est content de la prog’ et de la taille humaine du festival.

Monter le prix du billet pour offrir plus de « gros » noms, vous y avez pensé ?

On y pense et on oublie.

Quel bilan tires-tu de l’édition 2010 ?

Une super édition, que des bons retours aussi bien du public que de médias ou des professionnels, nous sommes ravis. Du coup on a décidé de remettre ça ! Pete Doherty est venu et ça, c’était chouette.

Est-ce que l’édition 2011 a été difficile à mettre en place ?

Comme tous les ans c’est un petit miracle. Pas de difficultés particulières, mais l’environnement est toujours instable. Il y a beaucoup, beaucoup d’offres et les festivaliers vont devoir faire des choix

Est une édition particulièrement risquée, ou pas plus que les autres années ?

La concurrence s’est encore accrue, les 2/3 prochaines années vont être difficile à négocier, il va y avoir du dégât. Les festivals qui passeront ce cap auront fait le plus dur.

Êtes-vous plutôt dans une logique d’expansion ou l’essentiel est-il de continuer à pérenniser le festival sous ce format ?

Le Rock Dans Tous Ses États est par son histoire et grâce à ses choix artistiques assis sur une base très solide, cependant les temps sont durs pour les institutions et leur soutien est indispensable pour garder nos valeurs. Le format actuel nous convient, mais on s’interroge beaucoup sur sa pérennité dans le futur et notamment en prévision de l’anniversaire des 30ans qui arrive bientôt. Ce sera l’occasion de remettre les choses à plat.

Quelles sont les nouveautés au niveau du site et des à-côtés ?

Sur le site pas grand-chose, on a été conquis par celui de l’an dernier donc on va peaufiner : tout le festival passe en toilettes sèches, on va aussi fignoler la Gonzomobile, la troisième scène et en faire un espace vraiment à part. Un lieu animé par une radio, la Gonzo compagnie, dont le studio est complètement intégré dans ce lieu. Ce sera un peu notre Las Vegas à nous, tout ce qui se passe à la Gonzo reste à la Gonzo.

Quels sont selon Toi les festivals (nationaux ou internationaux) avec la programmation la plus réussie cette années ? RDTSE mis à part bien sûr…

En national les Eurocks comme tous les ans, un des seuls gros festivals qui arrive à garder une cohérence artistique et qui touche toujours juste. Les 3 éléphants qui font vraiment de chouettes trucs notamment pas mal de Canadiens : Suuns, Caribou, PS i love you… C’est bien du fun ! Les Rockomotives dont les premiers noms viennent d’être annoncés, dont le retour de Diabologum, ça promet !

En international Dour qui est devenu une référence depuis quelques années. Plus loin le SXSW, ils sont forts ces Américains.

C’était quoi et quand ton premier festival en tant que festivalier ? Quels souvenirs en gardes-tu ?

C’est le Rock Dans Tous Ses États en 94, je crois, une soirée de poésie avec Lofofora, Channel Zero et Spudmonsters… J’avais raté le rappel de Spudmonsters, ma mère était venue me chercher trop tôt, permission de minuit oblige.

Comment se porte la Fédération internationale de festivals De concerts ?

Le bébé se porte bien, nous avons mis un coup de boost sur notre opération Hot tracks for hot spots, un sélection de coups de cœur choisi par les festivals. Une vingtaine de groupes que nous avons envie de faire découvrir et de partager sur nos différents événements. Nous accueillons à Évreux Drums Are For Parades qui seront aussi sur Dour et les Eurocks et les Hoquets présents sur Dour, les 3 Eléphants et les Nuits Botaniques.

Arrives tu encore à être surpris / enthousiasmé musicalement ou artistiquement ?

Quand ça n’arrivera plus, ce sera que je serai mort… ou sourd… ou trop vieux pour ces conneries, mais en attendant ça : BANZAÏ !

Bonus Track 1 : La playlist idéale de l’Édition 2011

Cloud Control – There’s Nothing In The Water We Can’t Fight
Hoquets – Couque de Dinant
Dark Dark Dark – Daydreaming
No Surrender – Gotta get it
Concrete Knives- Brand new start
Fool’s Gold – Surprise hotel
Kylesa – Scapegoat
Drums Are For Parades – The law
Civil Civic – Run overdrive
Atmosphere – Trying to find a balance

Bonus Track 2 : Le Top / Flop 5 des éditions précédentes

Top 5
- Black Keys, point barre
- La doublette magique Suicidal Tendencies/Infectious Grooves
- Le cul nu de Monotonix
- Pete Doherty, le chanteur
- Bloody Beetroots après qui l’herbe et le bon gout ne repousse pas

Flop 5
- Mozart, l’opera rock (pas le musicien). Heureusement ils n’ont finalement pas pu venir
- La rupture de hamburger au catering
- Pete Doherty, le détenu
- Ce type qui fait tous les festivals du monde et qui brandit un drapeau breton
- Les djembés

Crédits photo : Yann Lélias

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Le Rock dans tous ses États : du 24 au 25 juin à Evreux

Site officiel : http://www.lerock.org/

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Image de : Fondateur de Discordance.

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