Le Rock dans Tous Ses États

par |
Se déroulant à Évreux le 25 et 26 juin prochain Le Rock dans Tous ses États en est déjà à sa 27e édition. Un festival à l'ancienne, artisanal et préparé avec amour par une équipe de passionnés qui ont le souci du détail par-dessus tout.

À un mois de l’ouverture, Hedi Hassouna le programmateur du festival, a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions, et si à son grand regret Slayer n’est toujours pas de la partie, cela n’entache en rien sa détermination de faire de ce dernier week-end de juin un sommet de musique et de convivialité.

On s’était déjà parlé l’année dernière quelques semaines avant le début de l’édition 2009. Avec le recul, es-tu satisfait du RDTSE 2009 ?

Image de Le Rock Dans Tous Ses Etats 2010 Complètement ! Aussi bien artistiquement que d’un point de vue organisationnel. Pink Eyes, le chanteur de Fucked Up, s’est comme prévu roulé nu dans l’herbe et s’est essuyé avec des spectateurs. A Place to Bury Strangers a renvoyé nos oreilles à la maison et Zone Libre VS Casey nos préjugés. En plus pas de files d’attente interminables, des boissons fraiches et de l’herbe verte.

Il y a-t-il de grandes différences / nouveautés par rapport à cette année ? Des remises en question ?

Le site aura la même disposition, 2 grandes scènes qui jouent en alternance, une troisième la gonzomobile dédiée aux groupes régionaux et aux découvertes internationales.

Il y a-t-il un fil directeur entre les différents groupes programmés cette année ou est-ce plutôt une volonté de satisfaire les goûts de chacun ?

La cohérence de la programmation apparait surtout une fois finie, on ne travaille jamais en se disant : je vais prendre un groupe de rock, un de reggae, un peu de chanson… Ce serait triste, ce n’est pas une liste de course ou des cases à remplir. Ce qui est important c’est la cohérence et la continuité.

2010 est marquée par le report du Furia Sound, pour cause de lâchage de la municipalité. L’année passée vous nous disiez que l’économie du festival reposait largement sur la billetterie. Est-ce toujours le cas cette année ?

Toujours, le budget et les financements n’ont pas changé. Ça reste donc un pari et une entreprise risquée de se lancer dans un festival.

Essayer de multiplier les partenariats privés, est-ce une solution pour gagner en indépendance vis-à-vis de politiques culturelles changeantes ?

L’Eldorado du partenariat privé n’existe pas, c’est un argument qu’on trouve souvent dans la bouche de nos partenaires institutionnels. Les sociétés ont réduit ou recentré leurs budgets communication, en prétextant la plupart du temps la crise. Les investissements des privés se concentrent sur de gros événements, très visibles et avec de très grosses audiences. Pas sur un festival d’artisans et de taille moyenne comme le nôtre.

Satisfait des préventes pour l’instant ?

Oui ! À cette question la réponse est toujours oui.

Le seuil de rentabilité est à combien de billets vendus ?

Autour de 14 000 payants, ça varie tous les jours !

Avez-vous senti une répercussion sur la billetterie après le report du Furia ?

Ah non… Je l’aurais mal vécu.

Pour rester sur le sujet du Furia, vous faites tous deux partis de l’association De concert. L’association aurait-elle pu avoir un rôle plus actif en venant en aide au Furia à travers un fonds commun destiné à pallier les répercussions de telles décisions purement politiques ?

De concert n’a aucun fonds propre. Nous avons tous déjà beaucoup de mal à tenir les budgets de nos festivals. Nous avons appuyé au maximum l’équipe du Furia et fait tourner notre réseau au maximum, mais le soutien qu’ils ont perdu est indispensable.

Il y a-t-il trop de festivals en France ?

On estime qu’il y a 2000 festivals en France. Certains ne sont pas indispensables, mais il en faut pour tout le monde et pour tous les goûts. Avoir trop de festivals c’est quand même un problème de riche.
D’un point de vue économique oui, il y a trop de festivals, ça fausse le marché. Culturellement non, on ne peut pas se plaindre d’avoir trop d’événements… C’est une vraie richesse.

Pourquoi ne pas organiser une 3e journée ?

Nous n’avons pas les moyens d’augmenter le budget et de rajouter une journée, pour l’instant en tout cas ; mais c’est une question que nous nous posons régulièrement.

Ton coup de cœur musical de cette année et qui sera présent au festival ?

The Phantom Band, je suis scotché sur le disque depuis presque un an maintenant. Un sextet de Glasgow, entre Grandaddy et Joy Division. C’est rock, c’est neuf, c’est remarquable. Il y a sur ce disque un track instrumental de 8 min à faire groover la moumoute de Philippe Manœuvre.

Peux-tu nous en dire un peu plus au sujet du terme « eco-festival » ?

Nous travaillons main dans la main avec le WWF depuis 3 ans et cette année nous poussons encore plus notre partenariat qui s’est concrétisé avec la création du label « eco-event » : une charte et des objectifs que nous nous fixons à moyen et long terme en matière de réduction de notre empreinte environnementale. Après avoir été parmi les premiers à proposer des gobelets recyclables, nous mettons cette année en place des toilettes sèches. Nous insistons aussi pour favoriser le travail avec les producteurs locaux sur toute la restauration proposée sur le RDTSE. Le terme “eco-event“ englobe ce travail sur l’environnement, mais aussi la diversité artistique et culturelle que nous défendons. Un festival associatif et militant, un festival de programmateurs et pas de producteur.

T’a-t-on déjà fait des reproches à la fin d’une édition, sur certains de tes choix ?

Tous les ans ! Ça fait partie du jeu. Une programmation c’est comme l’équipe de France, il y a 60 millions de programmateurs. J’ai beaucoup de détachement par rapport à ça, j’ai peu de certitudes, mais des convictions très fortes, je m’interroge sur chaque groupe que je fais venir, chaque spot est un petit pari.

Je ne suis pas du tout fermé aux critiques, une programmation c’est risqué sinon ce n’est pas marrant, alors quelques fois effectivement je me plante… Le groupe est mauvais sur scène, le son est mauvais, 2 groupes intéressants jouent en même temps… Ça ne reste que de la musique ! je n’ai pas encore trouvé de hibou cloué à ma porte.

Ton meilleur concert du RDTSE des années passées ?

Mes derniers bons souvenirs datent de l’époque où j’étais festivalier… Peut-être Noir Desir sous l’orage. Ça m’a marqué. Apocalyptique. L’une des premières dates de Bob Log III en France aussi. Un bruit courrait dans le festival, Bob Log aurait une main de singe greffé au bout de son bras droit, pour jouer du blues plus vite.

Toujours pas de Slayer cette année… Avez-vous essayé de les avoir ?

Eh oui, un nouvel échec. Je suis le Poulidor du Trash-Metal. Ils seront la semaine d’avant au Hellfest. Allez-y ça me fera plaisir.

Quel est le meilleur moment du festival pour toi ? À quelques heures du début ? Pendant ? Le jour d’après ?

Le lever du soleil le dimanche matin. Tout a roulé, tous les groupes sont venus et sont repartis contents, les festivaliers sont heureux. Quelques minutes de plénitude… Après on range !

Comment devient-on programmateur du RDTSE ?

Aucune idée ! Il faut faire l’école des programmateurs, une version rock’n’roll de Poudlard. Avec des guitares SG à la place des baguettes magiques et Ozzy qui joue Dumbledore

Et pour finir, quel est le truc en plus du RDTSE. Ce que les autres festivals n’ont pas ?

Le bar “Chez Francis“, le bénévole le plus cool de la Terre.

Partager !

En savoir +

Le Rock dans Tous Ses États à l’Hippodrome d’Évreux. Du 25 au 26 juin.
Avec :
Babyshambles, Pony Pony Run Run, The Black Box Revelation, Infectious Grooves, Les Tambours du Bronx, Dark Horses, Bang Bang Eche, Brother Ali feat. Bk-one, Dan le sac vs Scroobius pip, Monotonix, Jeff Lang, Danger, Triggerfinger, Jamaica, Quadricolor, No Records. Bloody Beetroots Death Crew 77, The Black Keys, Renan Luce, Chokebore, Suicidal Tendencies, The Jim Jones Revue, The Phantom Band, Curry and Coco, FM Belfast, Shining, Invasion, Tv Glory, The Patriotic Sunday, Les Boeufs Troquistes, Oxp, Orchester.

Site officiel : http://www.lerock.org/

A propos de l'auteur

Image de : Fondateur de Discordance.

3 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Mercredi 9 juin 2010
    clémence a écrit :

    the phantom band!!!

  2. 2
    le Jeudi 10 juin 2010
    Pierre-Emmanuel a écrit :

    Le groupe qu’Hedi rêve de voir jouer : Slayer !!

  3. 3
    admin
    le Jeudi 10 juin 2010
    admin a écrit :

    Well done Pierre-Emmanuel. Comme tu n’as pas rentré d’adresse mail valide, merci de m’envoyer tes coordonnées complètes à concours AT Discordance.fr

Réagissez à cet article