Le rock dans tous ses états

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Vénérable festival normand, le Rock dans tous ses États, reste une oasis dans la course au gigantisme observé ces dernières années. Entretien avec Hedi Hassouna, aux manettes de la programmation, à quelques jours du début de la fête.

Pouvez-vous en quelques mots nous retracer l’histoire du festival ?

rock-326e édition d’un des festivals les plus vieux de France. Un festival qui s’est construit sur la rage alternative du début des années 80. Aujourd’hui la grande majorité des festivaliers n’étaient même pas nés lors de la première édition.

Sous quel angle s’est faite la programmation de l’édition 2009 ? Quel en est le fil conducteur ?

La programmation se construit un peu de la même façon tous les ans. Un mix des groupes qui ont fait l’actualité cette année, de nos envies et de celles du public. On tente comme toujours le mariage de la musique populaire et des esthétiques plus pointues, réussir à enchainer Tryo et  A Place To Bury Strangers c’est ça le challenge.

Parlez-nous de l’équipe et des personnes qui se cachent derrière le festival.

Nous sommes la Ligue des Justiciers : Batman, Superman, Flash, Wonder Woman, Green Lantern . Nous préférons garder nos identités secrètes. pour la sécurité de tous.

L’équipe a-t-elle beaucoup changé / évolué au cours des années ?

Depuis 26 ans pas mal oui ! Il y a un turn over assez important dans ce « milieu ».

Auriez-vous quelques chiffres à nous donner ?

1 hippodrome, 3 scènes, 20 000 copains, 35 groupes, 30 millions d’amis.

Comment gérez-vous le financement d’un tel évènement ? Est-t-il massivement subventionné ?

Subventionné oui, massivement non. L’économie du festival repose essentiellement sur sa billetterie.

Avez-vous eu du mal à boucler cette programmation ? Il y a t-il eu des coups bas de la part d’autres festivals pour vous « piquer » des artistes ?

On vit toujours de grands moments d’angoisse, on se dit qu’on ne va jamais y arriver, mais ça finit toujours par passer. L’entente est plutôt cordiale, voire amicale avec nos collègues de France et de Navarre, pas de coup bas, nous ne sommes pas des sauvages.

De quoi êtes-vous le plus fier pour 2009 ?

D’être toujours là.

Votre coup de coeur artistique du festival ?

Nomo, un big band nord-américain instrumental et dansant, très inspiré par Fela Kuti . Une musique de transe bricolée avec des pianos à pouce et des cuivres qui font POUET

Qui rêvez-vous de voir un jour sur la scène du RDTSE ?

SLAYER ! Après j’arrête.

Pouvez-vous expliquer le concept de la « Papamobile » ? Comment choisissez-vous les groupes ?

C’est la 3e scène du rock dans tous ses états, la fine fleur de la scène régionale et une sélection de découvertes comme Yoyoyo Acapulco, le tout les pieds dans l’herbe au milieu des vaches.

Vous faites parti de la Fédération Internationale de Festivals crée l’année dernière en réponse à l’offensive de Live Nation et de son assez décrié Main Square Festival . Concrètement comment cela s’est-t-il traduit dans la préparation de cette édition ?
Notre petit groupe existait bien avant l’arrivée de Live Nation . La création de la fédération  » De Concert !  » date de 2008, mais on se pratique depuis 2002 et on est avant tout une bande de copains.

On échange librement sur plein de sujets de la gestion des déchets jusqu’au dernier groupe qu’on a vu dans un obscur festival moldave.

Nous ne nous sentons rien en commun avec Live Nation et les dernières péripéties sur leur billetterie qui varie comme le prix des céréales nous le confirme.

Justement, cette récente polémique autour de Live Nation qui brade les prix du Main Square, ainsi que ceux des concerts de Madonna, marque-t-elle le l’arrêt à l’escalade dans l’inflation des prix du live ?

rockimageOn a pu observer depuis un an, un tassement voire une baisse de la fréquentation des concerts en Angleterre (qui est le laboratoire du music bisness), les groupes jouent trop, les billets sont trop chers et toutes les salles se ressemblent. Quand on prend trop les gens pour des cons, ils finissent par s’en rendre compte. Le business model du Live est en mutation depuis 5/10 ans, le marché est instable et n’a pas encore trouvé son équilibre suite à l’effondrement du disque. L’Angleterre donnant le LA au reste du monde. on verra ce qui arrivera. Nous n’avons aucune prise sur le marché mondial, on le subit. Nous continuons de notre côté notre travail d’artisan

Dans votre communiqué de presse, on trouve l’expression festival «  solidaire ». En quoi le RDTSE est-il solidaire ?

Parce qu’on garde une taille humaine, qu’on se sent responsable auprès du public, des artistes et de tous les gens qui travaillent sur le Rock Dans Tous Ses États . On apporte le plus grand soin au confort des 15 ou 20000 personnes qui seront sous notre responsabilité pendant 2 jours. Être solidaire c’est penser que tous ces gens sur un hippodrome pendant 2 jours ont ce petit quelque chose en commun qui font d’eux une communauté.

En début d’année Jean-Claude Barens, patron du Festi’Val de Marne publiait un coup de gueule retentissant dans Telerama envers toute la filière live (http://www.telerama.fr/musique/le-coup-de-gueule-d-un-organisateur-de-festival,37285.php). Vous retrouvez-vous dans ces propos ?

Un joli pot pourri, une sacrée année pour le Festi’val de marne ! Ça me fait sourire, j’ajouterai que quelques fois on a l’impression de tenir un énorme bar plus qu’un festival de musique.

Quels sont vos espoirs et vos craintes pour l’édition 2009 ?

Nos espoirs : Fucked Up, les filles en jupe et les garçons en short, Yoyoyo Acapulco, des histoires à raconter pour nos petits enfants.

Nos craintes : la grippe porcine, la pluie, les zombies nazis, la pluie de crapauds et armagedon, les djembés au camping.

Pourquoi venir au RDTSE plutôt qu’à un autre festival ?

C’est chic et pas cher.

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Le Rock dans tous ses états du 26 au 27 juin à l’Hippodrome d’Evreux (27)
Site officiel : http://www.abordage.net/rock2009/

A propos de l'auteur

Image de : J'aime le Rock, le vrai, pas le trop bruyant ni le trop mou, des Brian Jonestown Massacre aux Yeah Yeah Yeah's en passant par Marilyn Manson ou NIN. Je passe une grande partie de mon temps dans la pénombre des salles de concert pour essayer inconsciemment de découvrir The Next Big Hit !

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