Le Prince Miiaou – Fill The Blank With Your Own Emptiness

par |
De passage au festival Les Femmes S'En Mêlent et en tournée dans toute la France, Le Prince Miiaou sort ce lundi un album en forme de patchwork.

Image de Certains noms d’artistes semblent rédhibitoires. C’est le cas de Le Prince Miiaou (le « Le » ainsi que le double « i » de « Miiaou » sont soulignés), qui évoque instantanément un énième champion du rap de seconde zone. Rien qu’à sa lecture on l’imagine déjà, casquette à l’envers, pendentif dollar et Une à scandale façon OrelSan (ils ont le même label), viser avec un indéfectible enthousiasme l’impossible succession, entre MC Solaar et NTM.

Et puis.

Le « Prince » s’avère être une frêle princesse, assez fraîche, aussi éloignée du rap qu’on peut l’être ; comme petits camarades de label, on la voit davantage jouer avec Applause ; et si elle vise une succession, ce serait plutôt celle de Kate Bush ou de Bat For Lashes (pour la signature vocale).

La demoiselle, femme à tout faire perfectionniste aussi bien qu’autodidacte, présente avec Fill The Blank With Your Own Emptiness son premier album « signé », après deux autoproduits qui lui valurent la reconnaissance de découvreurs de talents aguerris (Lenoir sur France Inter en tête), comme une première partie de Benjamin Biolay à la Cigale en mai dernier (rien que ça). Avouant ne pas s’y connaître plus que ça, elle intègre, digère et recrache à sa manière la musique qu’elle affectionne, celle de Radiohead (« mais surtout les Greenwood »), Mogwaï, ou encore Foals. Elle revendique par ailleurs les influences d’Animal Collective ou d’Arcade Fire, histoire de marquer définitivement son positionnement « indé brillant et classe ».

Pris séparément, cela donne des morceaux d’une belle facture, délicats, parfois inspirés. On reviendra souvent sur l’écoute de ce titre en deux parties qui offre son nom à l’album, démarre par une intro électro façon The Eraser (Thom Yorke) avant d’enchaîner sur un violoncelle et d’exploser comme un feu d’artifice. Quelques écoutes supplémentaires, et c’est le « so french » J’ai deux yeux (on croirait entendre Julia des Mansfield.Tya) que l’on distinguera. Enfin, l’apprivoisement se faisant, on sourira au charmant sifflement de I Love Nobody pour finalement élire Be Silent et son gimmick de guitare comme le meilleur moment du disque.

Pourtant. L’ensemble, bien trop proche de ses influences, manque cruellement de personnalité, empêchant de s’enthousiasmer franchement. On reste avec la curieuse impression d’une succession de copier-coller qui tiennent plus du patchwork que de l’empreinte d’un artiste original.

À suivre malgré tout, pour la rareté de ce genre de personnage en France, pour la voix, mais aussi pour un superbe violoncelle qui fera certainement la différence au bout du compte.

 

Partager !

En savoir +

Album à paraître le 28 mars 2011 (3ème bureau / Wagram Music)

Myspace : http://www.myspace.com/leprincemiiaou

Facebook : http://www.facebook.com/leprincemiiaou

A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

1 commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Jeudi 31 mars 2011
    Domino a écrit :

    En effet, je viens d’écouter, c’est bien sympa mais un peu longuet également, comme l’album précédent… C’est pas encore le top hein, va falloir bosser

Réagissez à cet article