Le phénomène Mike Gravel

par Elsa|
À l'heure où tout un chacun peut diffuser sur la toile sa propre vidéo, à l'heure où la popularité de Youtube explose, l'impact que peut avoir le net est indéniable. Et les politiciens l'ont bien compris. Mike Gravel, candidat, légèrement loufoque, à l'élection présidentielle américaine est un exemple. À suivre ou à ne pas suivre ?

gravelIl est décevant de constater le peu d’attention porté à Mike Gravel . Ce candidat démocrate à la présidentielle 2008, qui a fêté ses 77 printemps cette année est pourtant un personnage haut en couleur.

Étouffés par l’écrasante popularité des candidats principaux, que ce soit Obama, Clinton ou encore le républicain Mac Cain, les autres candidats à l’élection doivent faire preuve d’imagination.

Pour eux, la course au financement se révèle épuisante. Loin des clips policés dans lesquels se succèdent les sourires kitch et les poignées de main hâtivement distribuées, Mike Gravel s’est tourné vers un autre type de cyber-pub de campagne. Deux vidéos, passées inaperçues durant plusieurs semaines, ont été réalisées avec le septuagénaire en personnage principal.

La première, la plus connue, montre le candidat, immobile, fixant la caméra pendant une vingtaine de secondes avant de lancer une pierre dans l’eau d’un lac.

Selon lui, the throwing-rock video doit être interprétée comme une métaphore : il s’agit de s’intéresser aux ondulations sur l’eau créées par la pierre. Et celles-ci représenteraient ce qu’il espère accomplir en tant que citoyen lambda dont les actions vont avoir un effet de plus en plus large sur la société.

Il existe une deuxième vidéo du même acabit le montrant devant un feu de bois, avant que la caméra ne se fixe sur les branchages se consumant pendant 7 minutes. Sans commentaire.

Au-delà du personnage Mike Gravel, légèrement déjanté, qui se lance dans l’art conceptuel en guise de pub de campagne, au-delà de la constatation qu’une fois encore, la politique américaine est le lieu de toutes les innovations, une question se pose :

La politique, sphère raffinée par excellence, et la toile, lieu de liberté effrontée, sont-ils deux univers compatibles ?

Mike Gravel a fait le pari que oui.

Et les exemples sont légion : la vidéo Yes we can en faveur d’ Obama, le débat CNN/ Youtube ou les candidats à la présidentielle américaine devaient répondre à des questions posées par des internautes via Youtube (23 juilllet 2007) reflètent en effet un phénomène de grande ampleur.

Internet permet de nombreuses innovations que la presse écrite, ligotée par les lois de l’offre et de la demande, aurait peut-être censurées.

On pourrait donc se réjouir de l’initiative de Mike Gravel .

Mais demande-t-on vraiment à un discours politique d’être si créatif ? Ne reste-t-il pas du message du candidat qu’une vidéo étrange, au fond creux ?

Certes, politique et cyberculture semblent désormais irrémédiablement liées, mais Internet ne dispensera jamais d’un travail de fond.

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2 commentaires

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  1. 1
    PaD
    le Mercredi 2 avril 2008
    PaD a écrit :

    Il est vrai que ca fait un peu peur, car que se soit aux USA ou chez nous la forme prend largement le pas sur le fond, mais le pire c’est que l’opinion publique ne se rebèle pas et se laisse endormir. A quand des élections par SMS facon star ac’ en fonction du meilleur clip ou du plus beau costard ? D’ici peu je pense !

  2. 2
    le Jeudi 5 juin 2008
    burno a écrit :

    j’aime bien Mike

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