Le ministère du Travail censure le Point.fr

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Le ministère du Travail ferait la chasse aux commentaires peu élogieux à son encontre. C’est du moins ce que révèle le dernier édito de Franz-Olivier Giesberg, « La loi du bâillon ».

Selon une source interne, Le Point aurait reçu du ministère du Travail des injonctions de la police, lui ordonnant d’effacer les deux commentaires suivants qui avaient été déposés par deux internautes à la suite d’un article paru sur le site du journal et jugés désobligeants envers l’Inspection du Travail :

- « Je suis chef d’entreprise. J’ai peur. La Stasi de l’Inspection du travail peut débarquer à tout moment »
- « Quelles sont les sanctions prises à l’encontre de cette inspectrice du travail » (?) qui a fait passer ses convictions politiques/syndicalistes avant la justice ? »

La direction du Point a refusé de coopérer, invoquant la liberté d’expression, mais aussi l’irrégularité de cette procédure, hors de tout processus judiciaire. La police s’est alors adressée à la société SDV, le prestataire technique du journal, qui sous la pression a effacé les deux commentaires litigieux.

« À la première lecture, je me suis demandé si votre journal n’était pas en avance. Mais non, nous ne sommes pas le 1er avril ! », écrit ce lecteur du Point.fr dans la colonne commentaire de l’édito de FOG. Nous ne sommes pas en 1984, non plus. Pourtant, il existerait une Police de la Pensée qui se donnerait un mal de chien pour effacer deux malheureux commentaires. Ahurissant.

Au siège du Point, des discussions seraient en cours sur la possibilité d’attaquer le ministère du Travail en justice. Ils auraient d’ailleurs raison de le faire, car ces méthodes ressemblent plus aux pratiques de base des états totalitaires qu’à ceux d’une démocratie.

[EDIT 21.03.2011] Après avoir contacté la société SDV, il semblerait que les commentaires aient été effacés suite à une injonction judiciaire et non, comme cela a été écrit précédemment, hors de tout processus judiciaire.

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A propos de l'auteur

Image de : Fanny adore passer des soirées dans les salles obscures ou dans les salles de concert, mais elle préfère parler de trucs un peu moins glamours : les médias et la politique. Assister à une séance de l’assemblée nationale, une conférence sur l’opinion publique ou un débat entre deux responsables politiques ne lui fait pas peur. Elle adore ça. Elle est même devenue parisienne pour avoir l’occasion de le faire plus souvent. Mais, elle n’oublie pas d’où elle vient et soutient avec véhémence son groupe grenoblois préféré : The Melting Snow Quartet ( http://www.themeltingsnowquartet.com ).

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