Le Labyrinthe de Pan

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Guillermo del Toro semble avoir un goût et un don particulier pour le fantastique pas si crétin. Après Hellboy et Blade II, il nous crée de toutes pièces un conte réalistico-horrifico-merveilleux, original et très réussi.

panOfelia ( Ivana Baquero ), jeune fille à la vie quelque peu malheureuse, préfère rêver en restant plongée le nez dans ses livres de contes de fées. Arrivée dans la maison de son beau-père, un capitaine cruel aux ordres du Franquisme ( Sergi Lopez ), elle va découvrir un étrange labyrinthe dans le parc de la propriété. Et par là même, que, finalement, ses livres ne racontent peut-être pas que des bêtises, comme voudrait lui faire croire sa mère.

Princesse rappellée à son royaume souterrain, elle rencontrera quelques créatures fantastiques, certes trop peu pour rassasier notre envie curieuse, mais cependant assez réussies pour ravir nos yeux. Oubliez toute notion de Peter Pan à la Disney . « El Laberinto del Fauno », (qu’on aurait mieux fait de traduire « Labyrinthe du Faune »), n’a rien d’un dessin animé édulcoré.

Si, effectivement, le film a tout de la fable initiatique, durant laquelle l’héroïne doit subir différentes épreuves pour trouver sa place dans le monde, le tableau est plutôt sombre. Morts, tortures ; on comprend mieux l’interdiction aux moins de 12 ans. Les images crues et les frayeurs intenses procurées par certaines scènes rappellent que non, les contes ne sont pas toujours roses.

D’autant qu’ici, on assiste à une juxtaposition entre un fantastique sombre et une réalité, encore plus sordide. Résistance, rationnement, tortures, fusillades. Tout finit par conférer une impression de film engagé. L’Espagne de Franco subit ici un véritable jugement, et prend presque plus de place que l’histoire féerique d’Ofelia. Voilà peut-être le seul reproche qu’on puisse faire à ce mélange des niveaux.

A trop vouloir, et c’est louable, ancrer son propos dans une Histoire qu’il dénonce, Guillermo del Toro gâche presque le côté surnaturel de son film. La fin possède une ambiguïté regrettable. Qu’advient-il réellement d’Ofelia ? Les rêveurs sauront préserver l’aspect légendaire de cette issue, les cartésiens n’y verront qu’une fin dramatique et larmoyante.

Malgré tout, Le Labyrinthe de Pan est un conte dont les pages, parfois agréables et parfois amères, se tournent avec plaisir. Une ambiance magique et nocturne, aux couleurs de la nature et aux images sublimes….

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

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