Le Jugement de Léa – Laurence Tardieu

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"Comment la vie peut-elle dans un même mouvement écraser et élever ? Retirer et offrir ?" Léa est une jeune femme de 36 ans dont nous faisons la connaissance alors qu'elle attend le verdict de la cour d'assises. En effet, elle a commis un crime impardonnable, elle a assassiné son petit garçon : est-elle un monstre pour autant ?

laurenceAu début du livre, Léa nous apparaît comme une personne impassible, comme anesthésiée, absente à elle et aux autres. Mais très vite, l’auteur s’attache à faire évoluer son personnage et durant les trois heures de cette attente éprouvante, elle va peu à peu se livrer à son gardien. Qu’il est difficile pour elle de faire surgir les mots de sa bouche !

Dès lors, nous découvrons une Léa mal-aimée par ses parents, brisée par le décès de son frère qu’elle chérissait plus que tout, déçue par les hommes incapables de lui apporter ce dont elle aurait besoin.
Incomprise, privée de repères, meurtrie par la vie, elle ne peut se construire et vit ou plutôt survit sans être vivante pour autant.
Qu’elle est donc fragile et attachante cette jeune femme dont la vie finit par se résumer à un seul mot : solitude !

Jusqu’au jour où un petit être, son fils qu’elle va élever seule, fait irruption dans sa vie pour l’illuminer et y occuper toute la place. Malheureusement, sa souffrance la rattrape et c’est la longue spirale jusqu’au fond du trou. Tous les éléments sont alors en place pour que survienne l’irréparable !

L’atmosphère de huit-clos de ce livre est particulièrement oppressante, le style de l’auteur y contribue aussi certes, et la tension ne cesse de croître jusqu’au jugement final.

Laurence Tardieu, qui a fait des études de commerce mais est également comédienne de formation, y évoque donc l’insoluble mystère de la maternité mais aussi l’ambivalence entre l’enfermement du corps (Léa enfermée dans la prison) et l’enfermement de l’esprit (Léa murée dans le silence).

Le verdict n’a finalement plus que peu d’importance.

Se pourrait-il que ce dialogue qui, timidement, s’installe soit salvateur et signe le début du retour à la vie de la jeune femme ?

Ce court roman est à appréhender lentement, page après page, avec délectation, réflexion et grande émotion surtout. Il poursuit encore longtemps après l’avoir refermé…

A vous, amis internautes, je recommande également la lecture du premier roman de Laurence Tardieu Comme un Père .

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1 commentaire

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  1. 1
    le Vendredi 24 novembre 2006
    Thierry Bonhomme a écrit :

    Je viens juste de terminer « Le jugement de Léa » et n’en suis pas encore remis. Une seule idée en tête : me procurer au plus vite les autres livres de Laurence Tardieu.
    Il est très rare d’éprouver des émotions aussi fortes en lisant un livre d’un seul trait.
    Dire que l’auteure a beaucoup de talent serait trop faible, du génie est sans doute plus aproprié, aux lecteurs de juger…

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